mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2403522 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LEONARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles s'est fondée l'autorité préfectorale ;
3°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet de la Haute-Corse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et prononcé à son encontre une interdiction de retour en France pour une durée de trois ans ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au bénéfice de son avocat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé s'agissant de chacune des décisions qu'il comprend, et il a été pris sans examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision relative au délai de départ volontaire est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour en France est entachée d'erreur de droit, de disproportion et d'erreurs d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Corse qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boidé pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 avril 2024, à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de M. Boidé ;
- les observations de Me Léonard, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de M. A, entendu en langue française.
Le préfet de la Haute-Corse n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 6 juin 1994 à Annaba, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet de la Haute-Corse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et prononcé à son encontre une interdiction de retour en France pour une durée de trois ans.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. La requête n'est ni manifestement irrecevable, ni manifestement dénuée de fondement. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle
Sur les conclusions tendant à la production, par le préfet de la Haute-Corse, du dossier sur lequel il s'est fondé pour prendre l'arrêté contesté :
3. L'affaire étant en état d'être jugée et, le principe du contradictoire ayant été respecté, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier détenu par l'administration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué expose les considérations de fait et de droit sur lesquelles se fondent chacune des décisions qu'il contient, permettant à son destinataire d'en comprendre le sens et la portée à sa seule lecture et, partant, de les contester utilement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions contenues dans cet arrêté manque en fait. En outre, il ne ressort pas de ses mentions qu'il aurait été pris sans examen réel et sérieux de la situation de M. A, au regard des informations s'y rapportant dont l'autorité préfectorale était en possession à la date de son édiction, et le moyen invoqué à cet égard doit être également écarté. Au surplus, si les écritures présentées pour le requérant font état à cet égard de problèmes médicaux, de la présence d'une sœur en France et de craintes en cas de retour en Algérie, M. A a expressément abandonné ces arguments durant l'audience devant le tribunal.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
6. Il est constant que M. A, qui a été interpellé en possession d'un faux document administratif, n'a pas justifié être en possession d'un document d'identité ou de voyage en cours de validité, et il n'est pas davantage contesté que l'intéressé ne justifie pas non plus d'une résidence effective. Par suite, et alors au demeurant qu'il n'allègue pas être entré régulièrement en France et expose n'avoir jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui faire bénéficier d'un délai de départ volontaire par application des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Haute-Corse aurait entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation. Ce moyen doit donc être écarté.
7. En dernier lieu, il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
8. En l'espèce, la décision en litige portant interdiction de retour en France pour une durée de trois ans mentionne qu'en l'absence de circonstance humanitaire, M. A ne justifie pas avoir établi des liens anciens et stables avec la France dans la mesure où sa famille réside en Algérie, qu'il ne produit aucun élément matériel de nature à justifier l'ancienneté de séjour en France dont il se prévaut, qu'au regard de son placement en garde à vue et de ses antécédents judiciaires, son comportement présente un risque de trouble à l'ordre public et, enfin, qu'il s'est soustrait à l'exécution de deux précédentes mesures d'éloignement. Cette motivation, qui est suffisante, n'est empreinte ni d'erreur d'appréciation, ni d'erreur de droit. A cet égard, s'il fait état d'une demande d'asile qu'il aurait présentée en Allemagne au moment de son arrivée en Europe dans le courant des années 2010, M. A, qui ne produit aucun document à l'appui de sa requête, qui serait notamment susceptible d'attester de l'antériorité de séjour en France qu'il allègue, n'établit pas la réalité d'une telle demande de protection en Allemagne, dont il reconnaît au demeurant à l'audience qu'elle n'a eu pour objet que de lui conférer un droit au séjour temporaire sur le territoire Schengen. En tout état de cause, il n'allègue pas être légalement admissible en Allemagne ni craindre pour sa sécurité en Algérie, contrairement à ce que fait valoir sa requête, et de tels développements restent en tout hypothèse sans incidence sur la légalité de la mesure critiquée d'interdiction de retour sur le territoire. Enfin, pour les mêmes raisons et en l'absence de tout élément susceptible de justifier du bien-fondé de ses assertions à cet égard, M. A n'établit pas la disproportion qu'il allègue de la mesure d'interdiction de retour en France qu'il conteste. Il suit de là que les moyens invoqués à l'encontre de cette décision doivent être écartés.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais d'instance doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Haute-Corse.
Délibéré le 16 avril 2024, et lu en audience publique le même jour.
Le magistrat désigné,
Signé
M. Boidé
La greffière,
Signé
H. Ben Hammouda
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour une expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026