jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2403672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MORA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 avril et le 20 août 2024, M. D B, représenté par Me Mora, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 7 février 2024 portant refus d'admission au séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jours de retard, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, à titre infiniment subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative et dans l'attente, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
Sur la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans l'appréciation de sa menace à l'ordre public ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne lui a pas été délivré d'autorisation provisoire de séjour en méconnaissance de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination :
- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale par voie d'exception dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;
- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles violent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 8 mars 2024, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brossier,
- les observations de Me Mora pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, de nationalité camerounaise, a bénéficié d'une carte de résident valable du 1er février 2011 au 31 janvier 2021. Le 11 janvier 2021, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté en date du 7 février 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande, assorti ce refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'absence de menace grave pour l'ordre public, de l'établissement de la résidence habituelle de l'étranger en France et des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Aux termes de l'article L. 423-3 de ce code : " () Le renouvellement de la carte de résident peut être refusé à tout étranger lorsque : / 1° Sa présence constitue une menace grave pour l'ordre public ; () ". Aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'absence de menace grave pour l'ordre public, de l'établissement de la résidence habituelle de l'étranger en France et des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Il résulte de ce qui précède que le refus de renouvellement de la carte de résident, comme la délivrance d'une première carte de résident, peut être fondé sur la menace pour l'ordre public que constitue la présence en France de l'étranger.
3. Pour refuser à M. B le renouvellement de sa carte de résident, le préfet des Bouches-du-Rhône s'est fondé sur le fait que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public et a fait application des dispositions du 1° de l'article L. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B, titulaire d'une carte de résident valable du 1er février 2011 au 31 janvier 2021, a fait l'objet le 9 mai 2019 d'une condamnation à un an d'emprisonnement pour " détention non autorisée de stupéfiants ", " offre ou cession non autorisée de stupéfiants ", " transport non autorisé de stupéfiants " et " acquisition non autorisée de stupéfiants ", ainsi que le 17 septembre 2021 à six mois d'emprisonnement pour " exhibition sexuelle (récidive) " portés à un an en cas d'inobservation du suivi socio-judiciaire, ainsi que le 16 juin 2023 à huit mois d'emprisonnement pour recel de bien provenant d'un vol. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Bouches-du-Rhône a commis une erreur dans l'appréciation de la menace grave à l'ordre public qu'il constitue au sens de l'article L. 433-2 précité, nonobstant les circonstances qu'il souffre d'une pathologie psychiatrique chronique (schizophrénie) et qu'il est en conséquence placé depuis 2019 sous curatelle.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B, né en février 1993 donc âgé de 31 ans à la date de la décision attaquée, est entré en France en septembre 2010 à l'âge de 17 ans dans le cadre du regroupement familial et a bénéficié d'une carte de résident valable du 1er février 2011 au 31 janvier 2021. Il est célibataire sans enfant. Le requérant indique que son père est décédé et qu'il vit chez sa mère française qui est sa curatrice et qui assure son suivi médical, étant régulièrement hospitalisé en raison de sa pathologie. Toutefois, eu égard à la gravité des faits susmentionnés pour lesquels il a été pénalement condamné, l'autorité judiciaire ne lui ayant pas reconnu d'irresponsabilité pénale du fait de sa pathologie psychiatrique, et quand bien même il fait également état de la présence en France d'une sœur de nationalité française, le requérant n'est fondé à soutenir, ni que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
7. En troisième lieu, le requérant soutient qu'au regard de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une autorisation provisoire de séjour aurait dû lui être délivrée. Toutefois, les dispositions de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérantes à l'encontre du refus de séjour, alors qu'elles le sont, comme il va être vu, à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.
8. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de séjour.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination de la mesure d'éloignement :
9. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 432-12 du même code : " L'article L. 611-1 n'est pas applicable lorsque l'étranger titulaire d'une carte de résident se voit : 1° Refuser le renouvellement de sa carte de résident en application du 1° de l'article L. 432-3 ; 2° Retirer sa carte de résident en application de l'article L. 432-4. Lorsque l'étranger qui fait l'objet d'une mesure mentionnée aux 1° ou 2° du présent article ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application des articles L. 631-2 ou L. 631-3, une autorisation provisoire de séjour lui est délivrée de droit ".
10. Il résulte de ces dispositions combinées que lorsque l'autorité préfectorale entend éloigner un étranger à la suite d'un refus de renouvellement d'une carte de résident, il ne peut, dans le cas où le refus est motivé par la menace à l'ordre public du 1° de l'article L. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'éloigner par une simple obligation de quitter le territoire français, mais doit passer par la procédure de l'expulsion. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que c'est en commettant une erreur de droit au regard de l'article L. 432-12 précité que le préfet a édicté à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
11. Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, et par voie de conséquence la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé () ".
13. Le présent jugement, qui accueille les conclusions aux fins d'annulation des décisions attaquées portant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, et eu égard au motif de cette annulation, implique nécessairement le réexamen de la situation de l'intéressé et, dans l'attente, la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte financière.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
14. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " L'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l'article 75, la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à une somme au titre des frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre le recouvrement à son profit de la somme allouée par le juge ".
15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, le versement à Me Mora de la somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions attaquées du 7 février 2024 portant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer la situation de M. B et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Mora, avocate, la somme de 1 200 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Mme C A, au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Mora.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
C. Charpy
Le président,
Signé
J.B. Brossier
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026