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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2403919

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2403919

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2403919
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBRUGGIAMOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 avril 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 24 mai 2024, M. B D, représenté par Me Bruggiamosca, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet des Hautes-Alpes l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet des Hautes-Alpes l'a assigné à résidence ;

4°) d'ordonner la communication l'ensemble des documents sur lesquels le préfet a fondé sa décision ;

5°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement de son signalement dans le fichier SIS ;

6°) d'enjoindre la restitution de tous les documents qui ont été retirés au requérant ainsi que son téléphone portable ;

7°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros hors taxes en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée de l'incompétence de son signataire dès lors qu'il n'est pas justifié d'une délégation de pouvoir ;

- cette décision est dépourvue de motivation ;

- elle est entachée d'erreurs de fait et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors il justifie avoir transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux en France ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle est entachée de l'incompétence de son signataire ;

- elle est dépourvue de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle est entachée du vice d'incompétence de son signataire ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'octroi d'un délai de départ volontaire faisait obstacle à une mesure d'assignation à résidence au regard des dispositions de l'article L. 731-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, le préfet des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par M. D ne sont pas fondés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre l'administration et le public ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sarac-Deleigne pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience :

- le rapport de Mme Sarac-Deleigne, magistrate désignée,

- les observations de Me Bruggiamosca, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que ceux exposés dans la requête et demande également qu'il soit ordonné la restitution du passeport de M. D en cas d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Le préfet des Hautes-Alpes n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré présentée par Me Bruggiamosca pour M. D a été enregistrée le 24 mai 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant marocain, né le 2 juillet 1981, est entré en France le 9 octobre 2008 en qualité de saisonnier et a bénéficié d'un titre de séjour temporaire valable du 11 octobre 2008 au 10 octobre 2011. Par deux arrêtés des 11 avril 2012 et 20 avril 2016, le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français. A la suite d'un contrôle par l'Office national de la biodiversité et de la gendarmerie, par un arrêté du 12 avril 2024, le préfet des Hautes-Alpes lui a de nouveau fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un arrêté du même jour, le préfet des Hautes-Alpes l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. D demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. D, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.

Sur la demande de communication des pièces du dossier :

3. Aux termes de l'article L. 614-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise ".

4. L'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier de M. D détenu par l'administration. Les conclusions tendant à cette communication doivent par conséquent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'assignation à résidence :

5. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé. /2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français prise en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ; / (). ". Aux termes de l'article L. 732-8 du même code : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne. Le délai de quarante-huit heures prévu au premier alinéa est également applicable à la contestation de la décision d'assignation à résidence notifiée postérieurement à la décision d'éloignement, alors même que la légalité de cette dernière a été confirmée par le juge administratif ou ne peut plus être contestée. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Il résulte de ces dispositions que, pour être recevables, la requête tendant à l'annulation de cette décision doit être présentée au greffe du tribunal administratif, pour y être enregistrée, dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'arrêté comportant cette décision et que ce délai spécial de 48 heures, qui n'est pas un délai franc, se décompte d'heure à heure et ne saurait recevoir aucune prorogation.

6. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que la décision assignant M. D pour une durée de quarante-cinq jours a été notifiée à l'intéressé le 12 avril 2024 à 18 heures 50 et comportait la mention des voies et délais de recours ouverts à son encontre dont il est réputé avoir compris le sens en apposant sa signature sans réserve au bas de l'exemplaire de notification. Cette notification régulière a fait courir à son encontre les délais de recours contentieux à l'égard de cette décision. La requête susvisée de M. D, qui ne fait état d'aucune difficulté pour faire enregistrer sa requête dans les délais, tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet l'a assigné à résidence, n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 19 avril 2024, soit après l'expiration du délai de quarante-huit heures qui lui était imparti à cette fin. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de sa requête étaient tardives et, par suite, irrecevables.

Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

7. En premier lieu, Mme A C, signataire des arrêtés attaqués, bénéficiait, en sa qualité de sous-préfète de l'arrondissement de Briançon, par un arrêté n°05-2023-05-23-00006 du 23 mai 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n°05-2023-100 du 1er juin 2023, d'une délégation à l'effet de signer pendant les permanences, pour l'ensemble du département, les obligations de quitter le territoire français assortie ou non d'une interdiction de retour sur le territoire français (article 6). Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " la décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. / () ".

9. L'arrêté attaqué vise les textes applicables à la situation de M. D, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels le préfet des Hautes-Alpes s'est fondé pour prononcer une mesure d'éloignement. Il indique également de manière non stéréotypée, les motifs de fait qui en constituent le fondement, tenant en particulier à l'absence d'un titre de séjour en cours de validité et son maintien irrégulier sur le territoire national en ne déférant pas à deux précédentes mesures d'éloignements prononcées à son encontre les 11 avril 2012 et 20 avril 2024. Par ailleurs, la décision mentionne qu'il est célibataire et sans charge de famille. Ainsi, alors même que ces motifs ne reprennent pas l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, la décision attaquée comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit par suite être écarté.

10. En troisième lieu, il ne ressort ni de cette motivation ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. D.

11. En quatrième lieu, si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée.

12. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été entendu sur les conditions de son entrée et de son séjour en France et sur la possibilité de son retour dans son pays d'origine à l'occasion de son audition, le 12 avril 2024, par les services de la gendarmerie nationale. Il ressort par ailleurs du procès-verbal de son audition qu'il comprend le français, comme en témoignent les réponses qu'il a apportées. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été empêché de porter des éléments à la connaissance de l'administration. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de son droit à être entendu doit être écarté.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. M. D se prévaut de la durée de sa présence en France et de sa bonne insertion professionnelle et sociale. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que M. D est entré en France en 2008 et a bénéficié d'un titre de séjour temporaire du 11 octobre 2008 au 10 octobre 2011 en qualité de travailleur saisonnier, il n'établit pas, par les autres pièces qu'il produit, avoir résidé en France de manière habituelle jusqu'à la date de la décision attaquée, les pièces versées au titre des années 2014, 2017, 2018 et 2019 étant insuffisantes à cet égard. En outre, il est constant que l'intéressé a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement les 11 avril 2012 et 20 avril 2016 auxquelles il n'a pas déféré, se maintenant irrégulièrement sur le territoire national. S'il justifie de la présence de son frère sur le territoire français et d'une activité professionnelle intermittente en qualité d'aide à domicile notamment auprès de personnes âgées qui témoignent de sa bonne moralité, ces éléments ne sauraient suffire pour permettre d'estimer qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Par ailleurs, le requérant célibataire et sans charge de famille n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où réside encore sa mère. Dans ces conditions, le requérant n'est fondé à soutenir ni que l'arrêté attaqué aurait porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au regard des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'il serait entaché d'erreurs de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

15. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour serait illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. En deuxième lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée par les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du présent jugement.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () " . Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

19. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'énumèrent ces dispositions, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

20. La décision attaquée, qui vise les dispositions du code de l'entrée et séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde et fait référence à la situation personnelle et administrative de M. D et notamment à la circonstance qu'il s'est soustrait à deux précédentes obligations de quitter le territoire français, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée et a été précédée d'un examen particulier de la situation de l'intéressée. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

21. En quatrième lieu, pour fixer le principe et la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. D, le préfet des Hautes-Alpes a tenu compte des conditions de séjour de l'intéressé sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, des circonstances tenant à sa vie privée et familiale et du fait qu'il n'a pas exécuté spontanément les précédentes obligations de quitter le territoire français en date des 11 avril 2012 et 20 avril 2016. Ainsi, et eu égard à ce qui a été dit au point 14, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D aux fins d'annulation des arrêtés du 12 avril 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E:

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, et au préfet des Hautes-Alpes.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

B. Sarac-Deleigne

La greffière,

Signé

S. Boislard

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

N° 243919

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