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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2404316

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2404316

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2404316
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCOLAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 avril 2024, M. B A, représenté par Me Colas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Sénégal comme pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer ue carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans les mêmes conditions de délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros à Me Colas au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :

- la décision n'est pas suffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a également commis une erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il a entaché la décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il a également commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences que la décision emporte sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

- la décision est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant délai de départ volontaire :

- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'un défaut de motivation et est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en compétence liée pour fixer le délai de trente jours ;

- la décision est également entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet était tenu de lui faire connaître les informations qui sont nécessaires à l'instruction de sa demande en application de l'article 16 de la loi du 12 avril 2000 et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle au regard des articles 5 et 7 de la directive 2008/115/CE.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gonneau a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité sénégalaise, a sollicité le 10 novembre 2023 le renouvellement de son titre de séjour " conjoint de français " et son changement de statut afin d'obtenir un titre de séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 1er février 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. La décision comporte, de manière suffisamment précise, circonstanciée et non stéréotypée, les considérations de droit et de fait se rapportant à la situation personnelle de l'intéressé et détaille les motifs retenus pour rejeter sa demande d'admission au séjour, conformément aux dispositions de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations avec le public et l'administration. Le préfet mentionne notamment ses conditions d'entrée et de séjour sur le territoire, indique qu'il est séparé de son épouse de nationalité française et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté. Le moyen tiré de l'erreur de fait, qui n'est pas assorti de précisions, doit également être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales. En cas de rupture de la vie commune imputable à des violences familiales ou conjugales subies après l'arrivée en France du conjoint étranger, mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint étranger se voit délivrer la carte de séjour prévue à l'article L. 423-1 sous réserve que les autres conditions de cet article soient remplies ".

5. M. A soutient que le préfet a commis une erreur de droit en omettant d'examiner sa demande sur le fondement de l'article précité alors même qu'il justifiait avoir subi des violences de la part de son épouse. Cependant le préfet conteste en défense ces allégations et fait valoir que le requérant n'a pas fait état de violences conjugales lors du dépôt de sa demande de renouvellement. Il produit à l'instance le courrier du 13 octobre 2023 que le requérant lui a présenté, lequel ne mentionne pas de violences conjugales mais une dégradation de la relation conjugale ainsi qu'" une mésentente qui a conduit à [leur] séparation ". La main courante que M. A a déposée le 22 mai 2023 ne fait également pas mention de violences conjugales et indique que le requérant ne souhaite pas déposer plainte mais seulement quitter le domicile conjugal. La production d'une attestation de l'association " Solidarité Femmes 13 " qui indique que le requérant est suivi par ses services depuis le 20 février 2024, neuf mois après son départ du domicile conjugal ainsi que celle de l'association ALOTRA, et celle de son beau-frère qui indique que le requérant aurait été victime d'une gifle entre les mois de janvier et avril 2022 ne permettent pas d'établir la réalité des violences conjugales alléguées. Par suite, le moyen doit être écarté.

6. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation.

7. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Si M. A peut être regardé comme résidant de manière continue en France depuis le mois de décembre 2022, sa présence sur le territoire est dès lors relativement récente. Par ailleurs, s'il est constant que M. A est entré sur le territoire sous couvert d'un visa de long séjour en qualité de conjoint de français le 12 décembre 2021, le requérant, âgé de cinquante et un ans, est actuellement séparé de son épouse, en instance de divorce et sans enfant. Par ailleurs, il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales au Sénégal, pays où il a vécu jusqu'à l'âge de quarante-neuf ans et où résident ses deux enfants mineurs pour lesquels il dispose d'un droit de visite et d'hébergement. Enfin, la seule circonstance que l'intéressé a travaillé en France en qualité de salarié polyvalent à temps partiel de juillet 2023 à janvier 2024 ne suffit pas à justifier d'une insertion socio-professionnelle significative en France à la date de la décision contestée du 1er février 2024. Ainsi, au vu de la durée du séjour en France de l'intéressé et de l'ensemble des circonstances précédemment rappelées, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a donc pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

10. M. A se prévaut de violences conjugales pour justifier de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels d'admission au séjour. Toutefois, comme il a été précédemment dit, il n'établit pas la réalité de ces violences. En outre, et comme il a été dit précédemment, la circonstance qu'il travaille en France dans le cadre d'un contrat à durée déterminée d'insertion depuis quelques mois ne suffit pas en elle-même à démontrer que son admission au séjour répondrait à des considérations humanitaires ou serait justifiée au regard de motifs exceptionnels au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en dépit de sa volonté d'insertion dans la société française. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône a pu, sans entacher son appréciation d'une erreur manifeste ni méconnaître ces dispositions, rejeter la demande d'admission exceptionnelle au séjour du requérant.

11. Pour les mêmes motifs qu'évoqués au point précédent, M. A n'est pas fondé à se prévaloir d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences que l'arrêté emporte sur sa situation personnelle.

En ce qu'il concerne l'obligation de quitter le territoire :

12. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents qu'aucun des moyens soulevés par M. A à l'encontre de la décision du préfet des Bouches-du-Rhône rejetant sa demande de délivrance de titre de séjour n'est fondé. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, doit dès lors, être écarté.

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 et 10, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne la décision portant délai de départ volontaire :

14. Aux termes de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier du 16 décembre 2008 : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4 () 2. Si nécessaire, les Etats membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants et d'autres liens familiaux et sociaux () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".

15. Il résulte de ces dispositions que le délai de trente jours accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français correspond au délai de droit commun le plus long susceptible d'être accordé. Par suite, la fixation à trente jours du délai de départ volontaire accordé à M. A n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, distincte de celle du principe même de cette obligation, dès lors notamment qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait expressément demandé au préfet à bénéficier d'une prolongation de ce délai. En tout état de cause, l'intéressé n'établit pas, en se prévalant de sa situation professionnelle, que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant pas un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision du préfet des Bouches-du-Rhône lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours serait insuffisamment motivée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

16. En vertu des dispositions précitées de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger dispose, pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de trente jours à compter de sa notification pour rejoindre le pays dont il possède la nationalité ou tout autre pays où il est légalement admissible. Si les dispositions de cet article prévoient que l'autorité administrative " peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ", il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait, dans les circonstances de l'espèce, méconnu l'étendue de sa compétence en n'accordant pas à M. A, à titre exceptionnel, un délai de départ supérieur à trente jours.

17. Aux termes de l'article L. 114-8 du code des relations entre le public et l'administration : " () Une administration chargée de traiter une demande ou une déclaration mentionnée à l'alinéa précédent fait connaître à la personne concernée les informations ou données qui sont nécessaires à cette fin et celles qu'elle se procure directement auprès d'autres administrations françaises, qui en sont à l'origine ou qui les détiennent en vertu de leur mission ".

18. La décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours n'a pas été prise par le préfet des Bouches-du-Rhône sur demande ou déclaration de M. A. Dès lors, l'intéressé ne saurait utilement se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 114-8 du code des relations entre le public et l'administration issues de l'article 16 A de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000.

19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris en ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président rapporteur,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

C. Simeray

Le président rapporteur,

Signé

P-Y. GonneauLa greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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