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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2404610

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2404610

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2404610
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL ABEILLE & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 mai 2024, M. B A, représenté par la SELARL Lexvox, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices résultant de sa maladie ;

2°) de mettre la somme de 1 000 euros à la charge du centre hospitalier intercommunal d'Aix-Pertuis au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'expertise est utile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2024, le centre hospitalier intercommunal d'Aix-Pertuis, agissant par le directeur en exercice, représenté par la Selarl Abeille avocats, déclare ne pas s'opposer à l'expertise et demande au juge des référés de rejeter la demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, la caisse commue de sécurité sociale des Hautes-Alpes déclare ne pas s'opposer à l'expertise.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Argoud, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. Par un jugement du 15 juin 2020, confirmé par la cour administrative d'appel, le tribunal administratif de Marseille a condamné le centre hospitalier intercommunal d'Aix-Pertuis à verser à M. A la somme de 13 428,80 euros en réparation des préjudices subis du fait de la prise en charge médicale le 14 septembre 2016. Le requérant soutient que l'état de santé qui a été déclaré consolidé à l'âge de 23 ans par le tribunal administratif s'est aggravé. Dès lors, la présente demande d'expertise, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, en vue de l'indemnisation des préjudices résultant de l'aggravation des dommages résultant de la prise en charge du 14 septembre 2016, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Par suite, il y a lieu d'y faire droit en ordonnant une expertise au contradictoire du centre hospitalier intercommunal d'Aix-Pertuis et de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les frais d'instance :

4. L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du centre hospitalier intercommunal d'Aix-Pertuis, qui n'est pas la partie perdante, la charge des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dès lors, les conclusions, présentées sur ce fondement, ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Le docteur D C, exerçant 119 boulevard Nostradamus à Salon de Provence (13300), est désigné pour procéder, en présence du centre hospitalier intercommunal d'Aix-Pertuis et de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à une expertise médicale avec la mission suivante :

1°) examiner M. A et se faire communiquer l'entier dossier médical et plus généralement tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) procéder à l'examen de M. A, décrire son état de santé actuel et son état de santé à la date de consolidation, retenu par jugement du tribunal administratif de Marseille du 15 juin 2020 pour les conséquences du 14 septembre 2016, et dire si les séquelles existant à la date de consolidation en lien avec la prise en charge du 14 septembre 2016 se sont aggravés ;

3°) déterminer l'ensemble des préjudices patrimoniaux subis par M. A, qu'ils soient temporaires, incluant notamment les dépenses de santé actuelles, les pertes de gains professionnels actuels et les frais divers, ou permanents, les dépenses de santé futures, les pertes de gains professionnels futurs, l'incidence professionnelle, les frais d'adaptation du logement et/ ou du véhicule, l'assistance éventuelle par un tiers et les frais divers futurs, en distinguant la part imputable aux conséquences de l'aggravation des séquelles de la prise en charge hospitalière ;

4°) déterminer l'ensemble des préjudices extra patrimoniaux subis par M. A, qu'ils soient temporaires, incluant notamment le déficit fonctionnel temporaire, les souffrances endurées et le préjudice esthétique temporaire, ou permanents suite à la fixation de la date de consolidation, incluant notamment le déficit fonctionnel permanent, le préjudice esthétique permanent, le préjudice d'agrément, le préjudice sexuel et les autres préjudices éventuels, en distinguant la part imputable aux conséquences de l'aggravation des séquelles de la prise en charge hospitalière ;

5°) dire si l'état de M. A est encore susceptible de modifications en aggravation ou en amélioration, et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution ;

6°) d'indiquer, dans sa conclusion, de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l'étendue des préjudices subis par M. A liés à l'aggravation des séquelles de la prise en charge hospitalière a prise en charge hospitalière.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille par voie numérique dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au centre hospitalier intercommunal d'Aix-Pertuis, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, et au docteur C, expert.

Fait à Marseille, le 29 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

JM. ARGOUD

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2404610

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