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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2404797

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2404797

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2404797
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP CGCB & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de M. C, agent communal victime d'un accident de service reconnu imputable le 16 juin 2017. La mesure vise à évaluer l'ensemble des préjudices corporels et patrimoniaux en lien direct avec cet accident, en vue d'un éventuel litige indemnitaire ultérieur. La commune de Marignane et la caisse de sécurité sociale sont mises en cause, et l'expert devra déposer son rapport sous six mois. La demande de M. C tendant à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de la commune a été rejetée, le juge des référés n'ayant pas compétence pour statuer sur les dépens.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 mai 2024 et le 29 mai 2024, M. A C, représenté par Me Cielle-Raphanel, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices résultant de l'accident de service survenu le 16 juin 2017 ;

2°) de mettre les frais d'expertise à la charge de la commune de Marignane ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, la commune de Marignane prise en la personne du maire en exercice, représentée par la SCP CGCB, demande au juge des référés de rejeter la requête.

La procédure a régulièrement été communiquée à la caisse commune de sécurité sociale (CCSS) des Hautes-Alpes, qui n'a pas produit de mémoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Argoud, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. M. C, a été victime le 16 juin 2017 d'un accident reconnu imputable au service par une décision de la commune de Marignane. L'expertise sollicitée permettra précisément d'apprécier les préjudices du requérant en lien avec l'accident. Dès lors, la présente demande d'expertise est susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, tendant à l'indemnisation les préjudices qui n'ont pas encore été réparés en conséquence de la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident par la commune. Dès lors la demande d'expertise entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Par suite, il y a lieu d'y faire droit, d'ordonner une expertise au contradictoire de la commune de Marignane et de la CCSS des Hautes-Alpes et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les frais d'expertise :

4. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par la requérante, relatives aux dépens, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La commune de Marignane et la CPCAM des Bouches du Rhône sont mis en cause.

Article 2 : Le docteur D B, exerçant Clinique St Michel, Avenue d'Orient, 83100 Toulon, est désigné pour procéder, en présence des parties mentionnées à l'article 1er, à une expertise médicale avec la mission suivante :

1°) examiner M. C et se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) décrire l'état de santé de M. C, les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ; réunir tous éléments devant permettre de déterminer si la pathologie dont il souffre est en lien avec l'accident du 16 juin 2017, et peut se rattacher à une maladie professionnelle ou si celle-ci est la conséquence d'un état antérieur ou a été provoquée par d'autres causes ;

3°) évaluer les préjudices corporels de M. C qui sont directement imputables à l'accident en cause en précisant le déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, la date de consolidation de son état physique, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de l'intéressé, l'importance des souffrances physiques et psychiques endurées, les préjudices esthétique et sexuels et le préjudice d'agrément ;

4°) donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par M. C, en particulier les dépenses de santé actuelles, les frais divers, les dépenses de santé futures, évaluer le besoin de véhicule adapté ou d'assistance à tierce personne, décrire l'incidence professionnelle et le préjudice de formation ;

5°) dire si l'état de santé de M. C est susceptible de modification en aggravation ou amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

6°) d'une façon générale de donner tous les éléments d'appréciation sur les préjudices subis et leur évolution probable.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du Tribunal administratif de Marseille en 1 exemplaire numérique dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C, à la commune de Marignane, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes et au docteur B, expert.

Fait à Marseille, 11 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

JM. ARGOUD

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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