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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2405196

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2405196

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2405196
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 mai et les 17 et 18 juin 2024, la société d'exploitation des Zones Aéronautiques et Mécaniques d'Eyguières (SEZAME) et la commune d'Eyguières, représentées par le Cabinet Nemesis, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à l'association Aéro-Club Rossi Levallois ainsi qu'à tous occupants de son chef, de libérer, immédiatement et sans délai ou suivant un délai à définir par le juge, l'emplacement qu'elle occupe et exploite sans droit ni titre sur l'aérodrome de Salon-Eyguières et correspondant aux hangars 101 et 102, au local intermédiaire entre ces deux hangars et à la station d'avitaillement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, passé le délai fixé par le juge ;

2°) d'autoriser la société SEZAME et la commune d'Eyguières à faire appel au concours de la force publique, à un commissaire de justice, à un serrurier ou à toute personne dont l'assistance sera utile pour procéder à l'expulsion forcée des occupants sans droit ni titre des hangars 101 et 102, du local intermédiaire entre ces deux hangars et de la station d'avitaillement ;

3°) mettre à la charge de l'association Aéro-Club Rossi Levallois le paiement de l'ensemble des coûts engendrés par l'expulsion des hangars 101 et 102, du local intermédiaire entre ces deux hangars et de la station d'avitaillement, ainsi que le cas échéant, la remise en état de lieux, l'enlèvement et la garde des aéronefs et de tous biens mobiliers situés dans ces lieux ;

4°) de mettre à la charge de l'association Aéro-Club Rossi Levallois une somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la requête est recevable ;

- l'association Aéro-Club Rossi Levallois occupe sans droit ni titre les hangars 101 et 102, le local intermédiaire entre ces deux hangars et la station d'avitaillement ;

- l'urgence est constituée par les risques graves et immédiat pour la sécurité publique et la salubrité publique relevé par l'expert judiciaire, le 9 mai 2024, outre le montant des sommes payées, et les personnes physiques et morales en attente d'un emplacement dans les hangars pour y garer leurs appareils ;

- les demandes de l'association défenderesse tendant à la consignation, à la désignation d'un expert et à la suspension de l'exploitation de la cuve en attendant le rapport d'expertise sont irrecevables ;

- les documents produits en anglais doivent être écartés ;

- l'association ne justifie être propriétaire ni du hangar 101, ni de la station d'avitaillement ;

- l'association ne s'acquitte pas des redevances qui lui sont réclamées ;

- la circonstance que le juge de Tarascon ait rétracté son ordonnance ne suffit pas à faire disparaitre la matérialité des faits constatés ;

- huit personnes physiques et morales ont sollicité un emplacement sur le site ;

- il n'existe pas de risque d'interruption du service public ;

- l'association n'apporte aucun élément probant quant à l'absence de dangerosité de la cuve Jet A1.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, l'association Aero-Club Rossi Levallois, représentée par Me de La Grange, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise soit ordonnée en vue de réaliser un audit de l'installation au regard des risques encourus pour la sécurité des personnes et des biens et dire qu'il appartiendra aux requérantes de consigner les sommes qu'il plaira au Tribunal de fixer ;

- à titre encore plus subsidiaire, dans l'attente du rapport, ordonner que l'exploitation de la cuve litigieuse soit suspendue ;

- en toute hypothèse, mettre à la charge des sociétés requérantes la somme de 3 600 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, car la précédente demande des requérantes a été rejetée par une ordonnance du juge des référés du 4 avril 2024 et en outre, il n'est justifié d'aucuns éléments nouveaux ;

- l'urgence n'est pas démontrée ;

- la mesure sollicitée se heurte à une contestation sérieuse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code générale de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue, le 17 juin 2024, à 14 heures en présence de Mme Ahamada-Hassani, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :

- Me Abbou, représentant la Société d'Exploitation des Zones Aéronautiques et Mécaniques d'Eyguières (SEZAME) et la commune d'Eyguières, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- Me de la Grange, représentant l'association Aéroclub Rossi-Levallois, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures en défense par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été différée au 18 juin 2024 à 12 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Par une convention du 2 avril 2018, la commune d'Eyguières a autorisé l'association Aéro-Club Rossi Levallois (ACRL) à occuper et exploiter la station de carburant (avitaillement) de l'aérodrome de Salon-Eyguières, puis par deux conventions du 1er janvier 2019, à occuper l'emplacement correspondant aux hangars n° 101 et 102. Ces deux dernières conventions ont pris fin le 30 juin 2019, sans être renouvelées. Par délibération du 30 novembre 2020, le conseil municipal de la commune d'Eyguières a approuvé la création de la SEMOP en charge de la gestion et de l'exploitation de l'aérodrome et le contrat de concession entre la commune et la société d'exploitation des Zones Aéronautiques et Mécaniques d'Eyguières (SEZAME)à cet effet, a été conclu le 19 avril 2023. Malgré les demandes adressées à l'ACRL par la société SEZAME ou son mandataire, la société STEM Aero, celle-ci n'a pas régularisé sa situation d'occupante sans droit ni titre de l'aérodrome et s'est opposée aux contrôles de sécurité du hangar n° 101 et de la station d'avitaillement. La Société d'Exploitation des Zones Aéronautiques et Mécaniques d'Eyguières (SEZAME) et la commune d'Eyguières demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'association ACRL ainsi qu'à tous occupants de son chef de libérer les emplacements qu'ils occupent et exploitent, sans droit ni titre, sur l'aérodrome de Salon-Eyguières, correspondant aux hangars n° 101 et 103, au local intermédiaire entre ces deux hangars e et à la station d'avitaillement, de les autoriser à requérir à la force publique, à un commissaire de justice, à un serrurier et à toute personne dont l'assistance serait utile pour procéder à l'expulsion forcée de cette association ainsi qu'à tous occupants de son chef et de mettre à la charge de cette association le paiement de l'ensemble des coûts engendrés par l'expulsion du domaine public ainsi que ceux de la remise en état des lieux, l'enlèvement des aéronefs et de tous les biens mobiliers situés dans ces lieux.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Si l'ACRL fait valoir que la commune d'Eyguières et la société SEZAME sont irrecevables à présenter une demande sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, il est constant que cette demande est fondée sur les dispositions de l'article L. 521-3 de ce même code. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête doit être écartée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ;

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. " Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.

4. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par courrier du 27 novembre 2023, la commune a indiqué à l'association ACRL, comme à l'ensemble des occupants des hangars, que les conventions étaient arrivées à terme, le 30 juin 2019, et que la commune n'accordera aucune nouvelle autorisation mais que cela ne signifiait pas qu'ils ne pouvaient pas occuper leur emplacement jusqu'à l'émission d'une nouvelle autorisation par le gestionnaire et qu'ils restaient redevables d'une indemnité d'occupation due à la commune et à la taxe dite d'aérodrome. La commune précisait également dans ce même courrier que lorsque la Semop prendra le relais de la commune, chacun des occupants devra prendre attache avec le gestionnaire pour obtenir une nouvelle autorisation d'occupation et, qu'en cas de défaut d'obtention d'une nouvelle autorisation, les emplacements devront être libérés. La SEZAME qui est chargée de la gestion et de l'exploitation de l'aérodrome, depuis le contrat de concession signé le 19 avril 2023, a adressé plusieurs courriers aux occupants, dont l'ACRL, et en dernier lieu, le 28 septembre 2023, conjointement avec la commune, aux fins qu'ils se rapprochent du concessionnaire, pour obtenir une autorisation d'occuper les lieux, en indiquant qu'à compter du 11 octobre 2023, à défaut d'avoir régularisé leur situation vis-à-vis du concessionnaire, les occupants, dont l'association ACRL, seront occupants sans droit ni titre avec les conséquences y afférentes, dont celle de quitter les lieux. Il est constant que l'association ACRL n'a pas régularisé sa situation dans les délais impartis. Si l'association ACRL fait valoir que les augmentations de redevances demandées par le concessionnaire sont manifestement excessives et que le contrat de concession est contesté devant le Tribunal, ces circonstances ne peuvent être regardées comme des contestations sérieuses, dès lors que l'association ACRL ne dispose d'aucun titre l'autorisant à occuper le domaine public. Par suite, la demande de la SEZAME et de la commune d'Eyguieres ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

6. En second lieu, d'une part, il est constant que, par convention du 19 avril 2023, la commune d'Eyguières a confié à la SEZAME, la gestion et l'exploitation de l'ensemble du site de l'aérodrome avec mission, notamment, d'aménager l'ensemble du site de l'aérodrome et la zone de sports mécaniques (karting), et la réalisation de travaux sur les installations de l'ensemble du site, la gestion des services, notamment l'entretien, la maintenance, la surveillance du site. Il résulte de l'instruction que l'association ACRL, qui ne s'acquitte pas de ses redevances, depuis octobre 2023, refuse de régulariser sa situation auprès de la SEMOP ou de son mandataire et de permettre à ceux-ci de pénétrer dans les lieux qu'elle occupe pour y réaliser un inventaire, faisant ainsi obstacle aux missions confiées par la commune à son concessionnaire.

7. D'autre part, par une ordonnance n° 2402334 du 4 avril 2024, le juge des référés du Tribunal a rejeté la demande de la commune et de la société SEZAME tendant à ordonner l'expulsion de ACRL, ainsi qu'à tous occupants de son chef, de libérer les emplacements qu'ils occupent et exploitent, sans droit ni titre, sur l'aérodrome de Salon-Eyguières, correspondant aux hangars 101 et 102, au local intermédiaire entre ces deux hangars et à la station d'avitaillement, pour défaut d'urgence, les motifs invoqués de sécurité n'étaient pas établis, dès lors notamment que l'absence d'agrément de la cuve de Jet A1 de 1500 l, prévu par l'article 29 de l'arrêté préfectoral du 29 septembre 2023, relevé par rapport d'audit de la Direction Civile de l'Aviation Civile (DSAC) du 16 février 2024, était en cours de règlement. Toutefois, en indiquant que selon elle, la cuve dont s'agit n'avait pas être agréée et en bornant à produire deux demandes adressées respectivement à la DGAC et à la DREAL Paca, les 14 et 27 avril 2024 pour connaître si la cuve devait l'être et dans cette hypothèse de transmettre la procédure d'agrément à mettre en place, l'ACRL ne peut être regardée comme justifiant de la mise en œuvre d'une procédure d'agrément. De plus deux commissaires de justice, désignés par une ordonnance du juge judiciaire de Tarascon, ont réalisé, le 15 mars 2024, un constat dont les énonciations peuvent être retenues alors même que le tribunal s'est rétracté de cette ordonnance, pour incompétence de la juridiction judiciaire. A la suite de ce constat, les requérantes ont sollicité M. B, chimiste expert judiciaire assermenté, qui s'est adjoint l'avis d'un expert électricien, afin de donner un avis technique sur la sécurité des hangars 101 et 102 et du local situé entre ces deux bâtiments. Il résulte de cet avis du 9 mai 2024, postérieur à l'ordonnance du 4 avril 2024, que le Jet A1 stocké dans la cuve de 1500 l est un carburant et présente des risques d'inflammabilité et d'explosion élevés, réels et sérieux susceptibles d'intervenir à tout moment, du fait de défaillances répertoriées dans les installations électriques et alors que les emplacements dangereux définis dans une étude ATEX qui relève zones dangereuses n'ont pas été présentés. Cet avis n'est pas sérieusement remis en cause par l'avis le 16 mai 2024, émis par le Bureau Prévention et Sécurité (BPS), structure interne à l'aéroclub qui se borne à qualifier ces risques de modérés. En outre, si l'ACRL soutient que si elle devait quitter les lieux cela nuirait à assurer la continuité du service public au profit des utilisateurs de l'aérodrome, notamment en ce que cela les priverait de tout avitaillement, elle ne l'établit pas, les requérantes faisant état de solution de remplacement pour l'assurer. Dans ces conditions, les sociétés requérantes justifient de l'urgence et de l'utilité à enjoindre à l'association ACRL d'évacuer les hangars 101 et 102, le local intermédiaire entre ces deux hangars, ainsi que la station d'avitaillement alimentée par la cuve contenant du Jet A1.

8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à l'ACRL et à tous occupants de son chef de libérer les emplacements qu'ils occupent, sans droit ni titre, sur l'aérodrome d'Eyguières, et correspondant aux hangars 101 et 102, au local intermédiaire entre ces deux hangars et à la station d'avitaillement, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard. La libération des lieux implique leur remise en état, et l'enlèvement des aéronefs et de tout matériel. A défaut de déférer à cette injonction dans le délai imparti, les requérantes sont autorisées à y faire procéder d'office, aux frais, risques et périls de l'ACRL, en recourant à l'intervention d'un huissier et de toute personne dont l'assistance serait utile, au besoin avec le concours de la force publique.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par l'ACRL tendant à ce que soit ordonnée une expertise judiciaire :

9. Les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles différentes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article R. 532-1 du même code tendant au prononcé d'une mesure d'expertise. Il n'appartient pas, dès lors, au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 d'ordonner, comme le demandent l'ACRL, une expertise judiciaire portant sur l'installation de Jet A1 aux fins d'obtenir un avis sur la dangerosité pour les personnes et les biens de cette installation et il y a donc lieu de rejeter leurs conclusions reconventionnelles présentées à cette fin.

10. Il n'appartient pas, en tout état de cause, au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice, d'ordonner la consignation des sommes dues par l'ACRL en contrepartie de son occupation des lieux.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l 'espèce, de mettre à la charge de l'ACRL une somme globale de 1 000 euros à verser solidairement à la commune d'Eyguieres et à la SEZAME en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Eyguières et de la SEZAME, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que l'ACRL demande au titre de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à l'ACRL, et à tous occupants de son chef, de libérer les emplacements qu'ils occupent, sans droit ni titre, sur l'aérodrome de Salon-Eyguieres, et correspondant aux hangars 101 et 102, au local intermédiaire entre ces deux hangars et à station d'avitaillement, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard. La libération des lieux implique leur remise en état et l'enlèvement des aéronefs et de tout matériel. A défaut de déférer à cette injonction dans le délai imparti, la commune d'Eyguières et la SEZAME sont autorisées à y faire procéder d'office, aux frais, risques et périls de l'ACRL en recourant à l'intervention d'un huissier et de toute personne dont l'assistance serait utile, au besoin avec le concours de la force publique.

Article 2 : L'ACRL versera solidairement à la commune d'Eyguières et à la SEZAME une somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions reconventionnelles de l'ACRL et celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d'Eyguières, à la Semop Société d'Exploitation des Zones Aéronautiques et Mécaniques d'Eyguières (SEZAME) et à l'association Aéro-Club Rossi Levallois.

Fait à Marseille, le 2 juillet 2024

La juge des référés,

Signé

Muriel A

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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