jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2405739 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PAPAPOLYCHRONIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juin 2024 auprès du tribunal administratif de Nîmes qui l'a renvoyée au présent tribunal par ordonnance du 10 juin 2024, et un mémoire enregistré le 12 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Papapolychroniou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le préfet du Gard lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer, à compter de la notification de la décision à intervenir, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours et de procéder à un réexamen de sa situation dans un délai d'un mois ;
4°) de mettre à la charge du préfet du Gard, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 300 euros à verser à son conseil qui renonce dans cette hypothèse à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;
s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- le préfet a commis une erreur de droit en la fondant sur l'article L. 611-1 1°, alors qu'en tant que Colombien muni d'un passeport en cours de validité, il est exempté de visa d'entrée sur le territoire français ;
-elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que son travail lui permet de subvenir aux besoins de sa femme enceinte et de lui-même ;
-elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, qui va se trouver privé de la présence de son père dès sa naissance ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
s'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
-elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
-aucun risque de soustraire à la mesure d'éloignement ne peut être caractérisé, notamment au regard de la circonstance particulière tenant à l'imminence de la naissance de son enfant ;
s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
-cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de lui accorder un délai de départ volontaire ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des critères à prendre en compte pour fixer la durée de l'interdiction de retour ;
s'agissant de la décision fixant le pays de destination :
-elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
-compte tenu de la violence de groupes armés criminels dans sa région d'origine, la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2024, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Busidan pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juillet 2024 à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de Mme Busidan, magistrate désignée, qui a informé les parties que le tribunal était susceptible de substituer d'office, à la base légale du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de l'arrêté en litige, celle du 2° de ce même article, dès lors que M. C justifie être entré en France le 15 mars 2022 avec un passeport valide ;
- les observations de Me Papapolychroniou, représentant M. C ; elle reprend les moyens et arguments articulés dans les écritures ;
- les observations de M. C, présent à l'audience et assisté de Mme B, interprète en langue espagnole ; en réponse aux questions du tribunal, il confirme que sa femme est comme lui en situation irrégulière, qu'elle n'a pas fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, et que le terme de la grossesse est prévu pour le 20 juillet, mais que la naissance devrait intervenir incessamment.
Le préfet du Gard n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant colombien né le 18 septembre 2001, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le préfet du Gard lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président.
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :
4. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
5. Outre l'identité de l'intéressé, ses date, lieu de naissance et nationalité, l'arrêté indique les conditions de son contrôle à la suite d'un accident de la route, que l'intéressé est muni de son passeport colombien, qu'il se maintient de manière irrégulière depuis son arrivée sur le sol français le 15 mars 2022, qu'il est marié et sans charge de famille, son épouse étant également en situation irrégulière, que n'ayant pas sollicité de titre de séjour et ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français. Reprenant une partie des motifs déjà énoncés, en relevant notamment sa situation irrégulière, la durée de ses liens avec la France, le fait qu'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement et ne constitue pas une menace pour l'ordre public, l'arrêté présente également une motivation spécifique concernant l'interdiction de retour sur le territoire et sa durée évoquées par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté précise également que M. C ne démontre pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, et que les circonstances particulières attachées à sa situation personnelle attestent l'absence d'atteinte disproportionnée portée au droit de l'intéressé à sa vie privée et familiale. Ces énoncés le mettent en mesure de discuter utilement les décisions attaquées et permettent au juge d'en contrôler les motifs. Par suite, alors que l'arrêté en litige comporte les considérations de droit qui le fondent, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré () ".
7. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté par le préfet du Gard dans son mémoire en défense, que M. C n'est pas soumis, en raison de sa nationalité colombienne, à l'obligation d'un visa et qu'il est entré en France le 15 mars 2022 sous couvert d'un passeport en cours de validité. Par suite, la décision d'obligation de quitter le territoire français ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
9. En l'espèce, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui peuvent être substituées à celles du 1°, dès lors, en premier lieu, que M. C se trouve dans la situation où, entré sur le territoire français sans être soumis à l'obligation d'un visa, il s'y est maintenu plus de trois mois après y être arrivé sans demander la délivrance d'un titre de séjour. En deuxième lieu, cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et, en troisième lieu, l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être accueilli.
11. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait la convention internationale des droits de l'enfant est inopérant dès lors qu'à la date de la décision en litige, l'enfant de l'intéressé était à naître.
12. En troisième lieu, pour l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui protègent d'une atteinte disproportionnée le droit au respect de la vie privée et familiale, l'étranger qui invoque la protection due à ce droit doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
13. M. C, qui s'est maintenu sur le territoire français plus de trois mois après y être arrivé le 15 mars 2022 sans demander la délivrance d'un titre de séjour, fait valoir qu'il y vit et travaille depuis deux ans avec sa femme, également de nationalité colombienne. Cependant, compte tenu notamment du caractère irrégulier du séjour de son épouse, des conditions et de la brève durée de son propre séjour et de ce que l'intéressé n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales et personnelles dans son pays d'origine, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à établir que le préfet du Gard, en prenant la décision en litige, aurait porté, au regard des buts en vue desquels il l'a prise, une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. C. Si l'intéressé fait également valoir qu'à la date de la décision attaquée son épouse était proche du terme de sa grossesse, cette circonstance relève de l'exécution de la décision en litige et reste sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressé doit également être écarté, ainsi que celui, à le supposer soulevé, tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".
15. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, le terme de la grossesse de la femme du requérant était proche et que, de ce fait, la naissance prochaine de l'enfant ne pourrait que se dérouler en France. Dans ces conditions, il ne pouvait qu'être manifeste que M. C veuille être aux côtés de sa femme pour le temps restant à courir jusqu'à l'accouchement et présent à la naissance de son enfant. Alors qu'il ressort également des pièces du dossier que le couple dispose d'une adresse à Tarascon, que M. C est titulaire d'un passeport en cours de validité et que l'intéressé n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, cette circonstance particulière ne permettait pas de considérer comme établi le risque de fuite de l'intéressé. Par suite, le préfet du Gard n'a pu, sans méconnaître les dispositions combinées précitées des articles L. 612-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refuser à M. C un délai de départ volontaire pour quitter le territoire le territoire français, et cette décision doit être annulée pour ce motif, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à son encontre.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour en France pour une durée d'un an :
16. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () "
17. Par voie de conséquence de l'annulation de la décision refusant au requérant un délai de départ volontaire prononcée au point 15 du présent jugement, doit être annulée la décision portant interdiction de retour en France pour une durée d'un an.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
18. En premier lieu, faute pour le requérant d'avoir établi l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Ces stipulations font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'une mesure d'éloignement prise à l'encontre d'un étranger un État pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne, soit du fait des autorités de cet État, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités du pays de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.
20. M. C soutient craindre d'être exposé, en raison des violences exercées par des groupes armés dans sa région d'origine, à des persécutions et des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, et soulève ainsi un moyen opérant seulement à l'égard de la décision fixant le pays de destination en tant qu'elle fixe la Colombie comme pays de renvoi. Toutefois, alors que M. C verse au dossier des articles de journaux peu identifiables sur la situation dans sa région d'origine dont, en tout état de cause, il n'indique pas pour quelle raison il devrait s'y établir en cas de retour en Colombie, ces éléments ne sont pas de nature à établir qu'il serait personnellement exposé dans son pays d'origine à un risque réel, direct et sérieux pour sa vie ou sa liberté. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 juin 2024 seulement en tant qu'il porte refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour en France pendant une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Eu égard aux annulations prononcées par le présent jugement et à leurs motifs, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 000 euros au profit du conseil de M. C, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet du Gard en date du 4 juin 2024 est annulé en tant qu'il porte refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour en France pendant une durée d'un an.
Article 3 : L'Etat versera, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, une somme de 1 000 (mille) euros à Me Sophia Papapolychroniou, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Sophia Papapolychroniou et au préfet du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
H. Busidan
Le greffier,
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026