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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2405932

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2405932

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2405932
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantPAPAPOLYCHRONIOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024 devant le tribunal administratif de Nîmes qui l'a renvoyée au présent tribunal par ordonnance du 14 juin 2024, et un mémoire enregistré le 12 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Papapolychroniou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel le préfet de Vaucluse lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français en fixant le pays de destination et lui a fait interdiction de retour pour une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer, à compter de la notification de la décision à intervenir, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours et de procéder à un réexamen de sa situation dans un délai d'un mois ;

4°) de mettre à la charge du préfet de Vaucluse, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 300 euros à verser à son conseil qui renonce dans cette hypothèse à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;

s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

-le préfet a commis une erreur de droit en la fondant sur l'article L. 611-1 1°, alors qu'en tant que Colombien muni d'un passeport en cours de validité, il est exempté de visa d'entrée sur le territoire français ;

-elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que, travaillant en France pour subvenir aux besoins de sa famille, il a fixé en France le centre de ses liens ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

s'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

-elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

-aucun risque de soustraire à la mesure d'éloignement ne peut être caractérisé ;

s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

-cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de lui accorder un délai de départ volontaire ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des critères à prendre en compte pour fixer la durée de l'interdiction de retour ;

s'agissant de la décision fixant le pays de destination :

-elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

-compte tenu de la violence de groupes armés criminels dans son pays d'origine, la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de Vaucluse n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code du travail ;

-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

-le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Busidan pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juillet 2024 à l'issue de laquelle l'instruction a été close :

- le rapport de Mme Busidan, magistrate désignée ;

- les observations de Me Papapolychroniou, représentant M. B ; elle reprend les moyens et arguments articulés dans les écritures, et insiste sur le fait que le risque de soustraction à l'obligation de quitter le territoire français ne peut être présumé alors qu'il dispose d'une adresse stable ; elle ajoute le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant ;

- les observations de M. B, présent à l'audience et assisté de Mme C, interprète en langue espagnole ; en réponse aux questions du tribunal, il présente son passeport et indique que sa femme et sa sœur ont été assassinées, qu'il a confié sa fille aux parents de sa femme pour venir travailler en France et subvenir à ses besoins.

Le préfet de Vaucluse n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant colombien né le 27 octobre 1980, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel le préfet de Vaucluse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président.

3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :

4. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

5. Outre l'identité de l'intéressé, ses date, lieu de naissance et nationalité, l'arrêté indique les conditions de son contrôle dans le cadre d'une réquisition de la procureure de la République à Tarascon visant à poursuivre les infractions de travail illégal, que l'intéressé, après avoir déclaré être de nationalité espagnole, a reconnu que la pièce d'identité espagnole était un faux document, qu'il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dès lors qu'entre autres, l'intéressé n'a pas sollicité de titre de séjour pour régulariser sa situation. Reprenant une partie des motifs déjà énoncés, en relevant notamment l'absence de tout lien familial en France et le fait qu'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, l'arrêté présente également une motivation spécifique concernant l'interdiction de retour sur le territoire et sa durée évoquées par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté précise également que M. B ne démontre pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, et que les circonstances particulières attachées à sa situation personnelle attestent l'absence d'atteinte disproportionnée portée au droit de l'intéressé à sa vie privée et familiale. Ces énoncés le mettent en mesure de discuter utilement les décisions attaquées et permettent au juge d'en contrôler les motifs. Par suite, alors que l'arrêté en litige comporte les considérations de droit qui le fondent, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail ". L'article L. 5221-5 du code du travail dispose : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2 ".

7. Comme l'indique le préfet de Vaucluse dans l'arrêté en litige, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que M. B se trouve sur le territoire français depuis plus de trois mois et y travaille comme ouvrier agricole salarié sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail exigée par les dispositions précitées de l'article L. 5221-5 du code du travail. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En deuxième lieu, pour l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui protègent d'une atteinte disproportionnée le droit au respect de la vie privée et familiale, l'étranger qui invoque la protection due à ce droit doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. Compte tenu des conditions et de la brève durée du séjour en France de l'intéressé, qui s'y trouvait depuis trois mois et trois jours à la date de la décision en litige, et de ce que ses attaches familiales et personnelles demeurent dans son pays d'origine, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Vaucluse, en prenant la décision en litige, aurait porté, au regard des buts en vue desquels il l'a prise, une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressé doit également être écarté, ainsi que celui tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, faute pour le requérant d'avoir établi l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

12. Les dires de M. B à l'audience selon lesquels il disposerait d'une adresse stable à Tarascon ne sont pas corroborés par les pièces du dossier, notamment par le procès-verbal d'audition établi le 11 juin 2024 par les services de police de la direction zonale de la police aux frontières Sud, lequel indique que l'intéressé n'a pas signé de bail, ne dispose pas de quittances de loyer et ne paie aucune assurance habitation. Il ressort par ailleurs de ce même procès-verbal que M. B y a déclaré souhaiter rester en France. Dans ces conditions, et alors qu'il ressort des pièces du dossier que M. B s'est maintenu sur le territoire français plus de trois mois après y être entré sans solliciter de titre de séjour, le préfet a pu à bon droit, au regard des articles précités L. 612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, décider de lui refuser un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour en France pour une durée de trois ans :

13. En premier lieu, faute pour le requérant d'avoir établi l'illégalité du refus de lui accorder un délai de départ volontaire, il n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

14. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. //Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

15. D'une part, il ressort de l'arrêté en litige que, contrairement à ce que soutient l'intéressé, le préfet, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, a fait état des critères énumérés par l'article L. 612-10 précité, tenant à la durée de la présence de l'intéressé sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et à l'absence, en l'espèce, de précédente mesure d'éloignement. Alors que le préfet n'avait pas à préciser expressément que M. B ne représentait pas une menace pour l'ordre public, le moyen tiré de l'erreur de droit dans l'application de l'article L. 612-10 doit être écarté.

16. D'autre part, même si M. B ne constitue pas une menace pour l'ordre public et ne s'est soustrait à aucune précédente mesure d'éloignement, le préfet de Vaucluse a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois années, compte tenu notamment que l'intéressé ne justifie pas d'attaches, familiales ou autres, qui lui donneraient vocation à y revenir, que son entrée sur le territoire français est très récente et qu'il ressort du procès-verbal sus-évoqué qu'il a sciemment fait usage d'une fausse carte d'identité espagnole afin de pouvoir rapidement travailler en tant qu'ouvrier agricole.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

17. En premier lieu, faute pour le requérant d'avoir établi l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

18. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Ces stipulations font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'une mesure d'éloignement prise à l'encontre d'un étranger un État pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne, soit du fait des autorités de cet État, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités du pays de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.

19. M. B soutient craindre d'être exposé, en raison des violences exercées par des groupes armés dans son pays d'origine, à des persécutions et des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, et soulève ainsi un moyen opérant seulement à l'égard de la décision fixant le pays de destination en tant qu'elle fixe la Colombie comme pays de renvoi. Toutefois, ses dires à l'audience, selon lesquels sa femme et sa sœur auraient été assassinées mais qui ne sont corroborés par aucune pièce versée au dossier, ne suffisent pas à établir qu'il serait personnellement exposé dans son pays d'origine à un risque réel, direct et sérieux pour sa vie ou sa liberté. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de M. B dirigées contre l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

H. Busidan

Le greffier,

Signé

T. Marcon

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier

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