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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2405955

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2405955

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2405955
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantQUINSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2024, M. B A, représenté par Me Quinson, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente et dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, un récépissé valant autorisation de séjour et de travail, dans les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne le rejet de sa demande de titre de séjour :

- le préfet n'a pas transmis sa demande d'autorisation de travail à la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère en méconnaissance des articles L. 5221-2, R. 5221-3, R. 5221-11 et R. 5221-15 du code du travail ;

- la décision est insuffisamment motivée et méconnaît les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa demande et a commis des erreurs de fait ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation professionnelle en France en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a commis une erreur de fait dès lors qu'il vivait en concubinage avec une compatriote qui avait présenté une demande d'asile en cours d'examen ;

- il a également commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que la décision emporte sur sa situation familiale ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

- l'auteur de l'acte ne justifie pas de sa compétence en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée ;

- la décision est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant rejet de sa demande de titre de séjour ;

- le préfet porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a également commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que la décision emporte sur sa situation familiale ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- la décision est illégale en raison de l'inconventionnalité des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée en fixant un délai de départ volontaire de trente jours ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle en ne lui accordant pas un délai de départ supérieur à trente jours ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa demande ;

- la décision est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- la durée de l'interdiction est disproportionnée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que la décision emporte sur sa vie familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, relatives aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gonneau a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour par le travail le 30 octobre 2023. Par un arrêté du 2 mai 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le rejet de sa demande de titre de séjour :

2. La demande présentée par un étranger dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour n'a pas à être instruite dans les règles fixées par le code du travail relativement à la délivrance de l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2. Il s'ensuit que le préfet n'est pas tenu de saisir la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère afin que cette dernière accorde ou refuse, préalablement à ce qu'il soit statué sur la délivrance de la carte de séjour temporaire, l'autorisation de travail visée à l'article L. 5221-5 du code du travail. La demande d'autorisation de travail pourra, en tout état de cause, être présentée auprès de l'administration compétente lorsque l'étranger disposera d'un récépissé de demande de titre de séjour ou même de la carte sollicitée. L'arrêté n'est donc pas entaché d'un vice de procédure à ce titre.

3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. La décision comporte, de manière suffisamment précise, circonstanciée et non stéréotypée, les considérations de droit et de fait se rapportant à la situation personnelle de l'intéressé et détaille les motifs retenus pour rejeter sa demande d'admission au séjour, conformément aux dispositions de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations avec le public et l'administration. Le préfet mentionne notamment ses conditions d'entrée et de séjour sur le territoire, indique que l'intéressé présente une contrat de travail à durée déterminée à temps plein en qualité d'" aide-atelier " conclu le 4 octobre 2022, des bulletins de salaire correspondant à cet emploi et une demande d'autorisation de travail pour le même poste déposée le 11 octobre 2023. Il indique également qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".

6. M. A se prévaut de la durée de sa présence sur le territoire français, de ce qu'il travaille régulièrement depuis plus d'un an pour une entreprise au sein de laquelle il a effectué un stage, de ses compétences professionnelles, acquises lors de ses études en France, et de ce qu'il prend des cours de français. S'il est établi qu'il a travaillé du mois d'octobre 2022 au mois d'octobre 2023 à temps complet en qualité d'aide atelier au sein d'une entreprise qui l'a par ailleurs embauché en contrat à durée déterminée à compter du mois d'avril 2024 et qui lui reconnait un comportement exemplaire, il ne justifie toutefois pas d'une ancienneté de travail suffisante pour permettre son admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Par ailleurs, s'il fait valoir qu'il a résidé en France dès le mois de décembre 2018, cette seule circonstance n'est pas de nature à constituer un motif exceptionnel d'admission au séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation professionnelle doit être écarté. Il ne ressort pas davantage des termes de l'arrêté ni des pièces du dossier que l'administration n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa demande et aurait commis des erreurs de fait.

7. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il ressort des pièces du dossier que M. A réside en France depuis le mois de décembre 2018. Cependant, et contrairement à ce qu'il soutient, il ne dispose pas d'attaches suffisamment anciennes sur le territoire français dès lors que la compatriote avec laquelle il soutient vivre n'est entrée en France que le 1er octobre 2023 et a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités espagnoles en date du 4 janvier 2024 afin que celles-ci examinent sa demande d'asile. Il ne justifie pas davantage de l'ancienneté de sa vie commune avec cette dernière en ne produisant que deux attestations de demande d'asile la concernant et un acte de reconnaissance anticipée de leur enfant que le requérant n'a reconnu que postérieurement à l'arrêté contesté. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il soit dépourvu d'attaches en Guinée, pays où résident ses parents et son frère et où il a vécu jusqu'à l'âge de dix-huit ans. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions et stipulations précitées. Le requérant n'est également pas fondé à se prévaloir d'une erreur de fait en ce que la demande d'asile de sa concubine serait toujours en cours d'examen. Le préfet des Bouches-du-Rhône n'a également pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la vie personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

9. L'arrêté attaqué a été signé par Mme C, cheffe du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile qui, par arrêté du 22 mars 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, a reçu délégation de signature à l'effet de signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.

11. En l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dont serait entachée la mesure d'éloignement doivent être écartés pour les motifs énoncés au point 8 s'agissant du refus d'admission au séjour.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

12. Lorsque l'administration accorde à un étranger un délai de trente jours pour quitter le territoire, elle n'est pas tenue de motiver sa décision sur ce point si l'étranger, comme en l'espèce, n'a présenté aucune demande de délai supérieur. Au surplus, l'arrêté attaqué vise l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise, en son article 2, que la situation personnelle de M. A ne justifie pas qu'à titre exceptionnel un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit, en tout état de cause, être écarté.

13. Aux termes de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 susvisée : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4. Les Etats membres peuvent prévoir dans leur législation nationale que ce délai n'est accordé qu'à la suite d'une demande du ressortissant concerné d'un pays tiers. Dans ce cas, les Etats membres informent les ressortissants concernés de pays tiers de la possibilité de présenter une telle demande. / Le délai prévu au premier alinéa n'exclut pas la possibilité, pour les ressortissants concernés de pays tiers, de partir plus tôt. / 2. Si nécessaire, les Etats membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux. / () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".

14. En réservant l'hypothèse de circonstances particulières, l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a entendu garantir un examen de chaque situation individuelle au cas par cas et ne peut dès lors être regardé comme méconnaissant les dispositions de l'article 7 de la directive, qu'il a eu pour objet de transposer. Ces dernières dispositions législatives laissent, de façon générale, un délai de trente jours pour le départ volontaire de l'étranger qui fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Un tel délai s'entend comme une période minimale de trente jours telle que prévue par l'article 7 de la directive à titre de limite supérieure du délai devant être laissé pour un départ volontaire. Les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient expressément que l'autorité administrative prolonge, le cas échéant, le délai de départ volontaire d'une durée appropriée pour faire bénéficier les étrangers, dont la situation particulière le nécessiterait, de la prolongation prévue par le paragraphe 2 de l'article 7 de la directive. Dans ces conditions, les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas incompatibles avec les objectifs de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 en ce qu'elles ne prévoiraient pas les circonstances exceptionnelles justifiant qu'un délai de départ volontaire soit prolongé en raison de la durée du séjour et d'autres liens familiaux et sociaux.

15. Il ne ressort pas des termes de la décision en litige que le préfet des Bouches-du-Rhône, en accordant au requérant un délai de départ volontaire de trente jours, se serait estimé lié et aurait ainsi méconnu l'étendue de sa compétence. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur de droit doit être écarté.

16. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en n'accordant pas au requérant un délai de départ volontaire supérieur à trente jours.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :

17. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté ni des pièces du dossier que l'administration n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation.

18. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire doivent être écartés.

19. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./ Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

20. Pour édicter à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans, le préfet s'est fondé sur la circonstance qu'il ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle suffisante depuis son entrée déclarée le 2 décembre 2018, que célibataire et sans enfant, il ne dispose pas d'attaches familiales en France aussi fortes que celles qu'il possède dans son pays d'origine où réside sa sœur et qu'il a fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire le 26 janvier 2021 et le 27 janvier 2023. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, et alors qu'il ne conteste pas ne pas avoir exécuté les précédentes obligations de quitter le territoire dont il a fait l'objet et qu'il n'est pas contesté qu'il ne représente pas de menace à l'ordre public, le moyen tiré de ce que le préfet des Bouches-du-Rhône aurait commis une erreur d'appréciation doit être écarté. Il en est de même du moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celui de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

21. Il résulte de ce tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Devictor, première conseillère,

Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

É. DevictorLe président-rapporteur,

Signé

P-Y. Gonneau

La greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef ;

La greffière,

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