mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2406398 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | LLINARES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juin 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 4 septembre 2024, M. B D, représenté par Me Llinares, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 27 juin 2024 par laquelle le jury d'admissibilité du concours externe d'accès au grade de gardien-brigadier de police municipale - session 2024 a refusé de l'inscrire sur la liste d'admissibilité ;
2°) d'enjoindre au centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui adresser une convocation afin qu'il reprenne l'épreuve de rédaction d'un rapport dans un délai de trois mois à compter du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de lui adresser une convocation afin qu'il reprenne les épreuves écrites d'admissibilité au concours externe d'accès au grade de gardien-brigadier de police municipale dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône la somme de 1 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de forme en ce qu'elle ne mentionne pas la qualité de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision litigieuse est entachée d'un vice de procédure qui a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise et l'a privé d'une garantie ; en effet, alors que la convocation qui lui a été notifiée le 25 avril 2024 indique clairement que " un seul déplacement pour se rendre aux toilettes sera autorisé ", notamment pendant les épreuves, l'accès aux toilettes, sollicité après 45 minutes de l'épreuve de rédaction d'un rapport d'une durée de 1h30, lui a été refusé ; ce refus d'accès a donc méconnu le règlement général du concours fixé dans la convocation et a entaché d'irrégularité le déroulement de l'épreuve d'admissibilité de rédaction d'un rapport ; compte tenu de ces circonstances, ce refus d'accès a causé une perte de chance sérieuse de réussir cette épreuve ;
- ce refus caractérise un manquement au principe de dignité en raison des conséquences qu'il a entraînées sur l'état du candidat en train de composer ; il a ainsi été porté atteinte au droit à la dignité humaine, principe fondamental de la République, protégé par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme ;
- l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ;
- dès lors qu'il n'a pas été placé dans les mêmes conditions de composition que les autres candidats en raison de ses douleurs abdominales augmentées par ce refus d'accès aux toilettes illégal, celui-ci a porté atteinte au principe d'égalité de traitement des candidats et révèle une méconnaissance du principe d'égal accès aux emplois publics.
Par une ordonnance du 21 novembre 2024, la présidente de la formation de jugement a dispensé d'instruction la requête sur le fondement de l'article R. 611-8 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Me Llinares, conseil de M. D, a été régulièrement avertie du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda-Lecroq, présidente-rapporteure,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Llinares, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. D demande au tribunal d'annuler la décision du 27 juin 2024 par laquelle le jury d'admissibilité du concours externe d'accès au grade de gardien-brigadier de police municipale a refusé de l'inscrire sur la liste d'admissibilité, au motif que sa moyenne de 9/20 (5,50/20 à l'épreuve coefficient 3 de rédaction d'un rapport et 14,25/20 à l'épreuve coefficient 2 d'explication de texte) est inférieure au seuil d'admissibilité fixé à 11,50/20.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
3. Le courrier du 28 juin 2024 par lequel le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône s'est borné à notifier les résultats obtenus par M. D ne saurait être regardé comme constitutif de la décision du jury litigieuse. En tout état de cause, il ressort de la lecture même de ce courrier qu'il comporte la signature ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom et du nom de son auteur, Mme C A, et, en son en-tête, la qualité de directrice de celle-ci. Par suite, le moyen tiré du vice de forme allégué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
5. La convocation du 25 avril 2024 adressée à M. D précise notamment que : " Pour des raisons organisationnelles et de sécurité, les candidats ne pourront pas quitter la salle ni pendant ni entre les deux épreuves. Seul un déplacement pour se rendre aux toilettes sera autorisé. Après la remise des copies de la première épreuve, les candidats devront regagner leur place et attendre la distribution des sujets et le début de la seconde épreuve ". Le requérant soutient que la décision en litige est entachée d'un vice de procédure qui a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise et l'a privé d'une garantie. Il expose qu'alors que la convocation qui lui a été notifiée le 25 avril 2024 indique clairement que " un seul déplacement pour se rendre aux toilettes sera autorisé ", notamment pendant les épreuves, l'accès aux toilettes, sollicité après 45 minutes de l'épreuve de rédaction d'un rapport d'une durée de 1h30, lui a été refusé, de sorte que ce refus d'accès a méconnu le règlement général du concours fixé dans la convocation et a entaché d'irrégularité le déroulement de l'épreuve d'admissibilité de rédaction d'un rapport. Il ajoute que ce refus d'accès a causé une perte de chance sérieuse de réussir cette épreuve.
6. Toutefois, l'allégation de refus d'accès aux toilettes ne repose que sur les déclarations de M. D, un témoignage en date du 3 juillet 2024 d'une amie de celui-ci ayant participé au concours en cause, lequel se borne pour l'essentiel à reprendre les déclarations de l'intéressé en précisant que ce dernier se serait plaint de douleurs abdominales non pas au cours de l'épreuve mais 10 minutes avant le début de celle-ci, et sur les messages (SMS) qu'ils ont échangés durant le concours, au demeurant en méconnaissance de l'interdiction d'usage des téléphones portables énoncée dans la convocation. En tout état de cause, en admettant même que le requérant se soit effectivement vu refuser l'accès aux toilettes durant la première épreuve de rédaction d'un rapport, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, en particulier au regard de la teneur et du ton humoristique des échanges de messages précités dans lesquels l'intéressé a notamment répondu à son interlocutrice qui l'interrogeait sur la première épreuve, qu'un tel refus aurait eu les conséquences alléguées sur la capacité à composer de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure allégué doit être écarté.
7. En troisième lieu, alors qu'au demeurant M. D ne fait état d'aucun problème de santé ni d'aucune circonstance particulière qui l'aurait empêché de prendre les plus élémentaires précautions en se rendant aux toilettes avant le début de l'épreuve, au surplus d'une durée limitée à 1h30, les pièces du dossier ne permettent pas d'établir la réalité des faits allégués, qui, en tout état de cause, ne sauraient constituer, ni une atteinte à la dignité humaine, ni un traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni une atteinte aux principes d'égalité de traitement entre candidats et d'égal accès aux emplois publics. Par suite, ces moyens doivent également être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. Enfin, il y a également lieu, eu égard notamment à la teneur des écritures de M. D et bien qu'il ait été décidé de ne pas en faire application dans la présente instance, de rappeler au requérant qu'en vertu de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D.
Copie en sera adressée au centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône et à Me Llinares.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente-rapporteure,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
F. Gaspard-TrucLa présidente-rapporteure,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026