jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2407579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SARL NEMESIS |
Vu la procédure contentieuse antérieure :
Par une ordonnance n°2405196 du tribunal administratif de Céans du 2 juillet 2024, l'association Aéro-Club de Rossi-Levallois (ci-après ACRL) a été enjointe de libérer les hangars 101 et 102, le local intermédiaire attenant auxdits hangars et la station d'avitaillement de l'aérodrome situé sur le territoire de la commune d'Eyguières, dans le délai d'un mois à compter de la notification de ladite ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, le cas échéant avec le concours de la force publique.
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2024, l'ACRL, représentée par Me de La Grange, demande au juge des référés :
1°) à titre principal, de mettre fin à l'injonction de quitter les locaux des hangars 101 et 102, le local intermédiaire attenant auxdits hangars et la station d'avitaillement de l'aérodrome situé sur le territoire de la commune d'Eyguières, prononcée sous astreinte par l'ordonnance du 2 juillet 2024 ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une nouvelle expertise contradictoire portant sur la sécurité et la conformité de l'installation électrique des hangars 101 et 102, du local attenant et sur la neutralisation de la cuve de la station d'avitaillement ;
3°) de mettre à la charge de la société d'économie mixte à opération unique (SEMOP) SEZAME et de la commune d'Eyguières à lui verser une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a fait procéder à une expertise de l'installation électrique des hangars 101 et 102 et du local attenant et a réalisé des modifications et mises aux normes constatées par huissier et permettant de confirmer que l'installation électrique ne présente aucun danger grave et imminent pour la sécurité publique et celles des occupants du hangar ;
- à défaut d'avoir pu faire intervenir le bureau Véritas sur la cuve de la station d'avitaillement, elle a fait le choix de ne plus utiliser cette cuve, de la vider et de la neutraliser de sorte qu'elle ne présente plus aucun danger lié au caractère inflammable du carburant qu'elle contenait ;
- elle a adressé à la commune d'Eyguières, par voie de sommation interpellative, le règlement de ses redevances d'occupation du domaine public des mois de septembre 2023 à juillet 2024, sur la base des avis émis en septembre 2023, tout en saisissant en parallèle le tribunal de la légalité de l'augmentation injustifiée du montant de sa redevance, décidée sans concertation, ni contrepartie ;
- ces éléments nouveaux justifient que le juge des référés soit saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative et mette fin à la mesure d'injonction du 2 juillet 2024 ;
- enfin, la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME ne démontrent pas, dès lors qu'elle s'est acquittée de ses loyers et que la sécurité de l'installation électrique des hangars 101 et 102 et du local attenant, ainsi que la neutralisation de la station d'avitaillement ont été démontrées, l'urgence qui justifierait l'expulsion alors même qu'a contrario, elle pourrait engendrer sa disparition en tant qu'association, compte-tenu de l'impossibilité de retrouver des hangars adaptés sur un terrain proche.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, la commune d'Eyguières et la SMEOP SEZAME représentées par son maire et par le cabinet d'avocats Némésis, concluent au rejet de la requête et à la confirmation de l'ordonnance du 2 juillet 2024 et à ce qu'il soit mis à la charge de l'ACRL une somme de 3 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- les mesures correctives et mises aux normes réalisées par l'ACRL, de même que la prétendue neutralisation de la station d'avitaillement, sont insuffisantes et ne permettent pas de lever totalement le risque de danger grave et imminent s'agissant de l'installation électrique des hangars et locaux occupés et du caractère inflammable du carburant contenu dans la cuve de la station d'avitaillement utilisée ;
- l'ACRL est toujours occupant sans droit ni titre sur le site de l'aérodrome, dès lors qu'il reste redevable d'une créance de 20 376 euros, la commune n'ayant encaissé aucun des chèques déposés par l'association qui ne correspondent pas à la redevance due, et qu'elle ne dispose d'aucune autorisation d'occupation temporaire du domaine public en cours de validité.
Vu :
- l'ordonnance n°2405196 du 2 juillet 2024 par laquelle le juge des référés du tribunal de céans a enjoint à l'association ACRL de libérer les hangars 101 et 102, le local attenant et la station d'avitaillement, dans le délai d'un mois, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Journoud pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience qui s'est tenue le 8 août 2024 à 10 heures 30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Journoud,
- les observations de Me de la Grange pour la CVVC qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens,
- et les observations de Me Abbou pour la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été présentée le 8 août 2024 pour la SEMOP SEZAME et la commune d'Eyguières par le cabinet Nemesis.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention du 2 avril 2018, la commune d'Eyguières a autorisé l'association Aéro-Club Rossi Levallois (ACRL) à occuper et exploiter la station de carburant (avitaillement) de l'aérodrome de Salon-Eyguières, puis par deux conventions du 1er janvier 2019, à occuper l'emplacement correspondant aux hangars n° 101 et 102. Ces deux dernières conventions ont pris fin le 30 juin 2019, sans être renouvelées. Par délibération du 30 novembre 2020, le conseil municipal de la commune d'Eyguières a approuvé la création de la SEMOP en charge de la gestion et de l'exploitation de l'aérodrome et le contrat de concession entre la commune et la société d'exploitation des Zones Aéronautiques et Mécaniques d'Eyguières (SEZAME) à cet effet, a été conclu le 19 avril 2023. Malgré les demandes adressées à l'ACRL par la société SEZAME ou son mandataire, la société STEM Aero, celle-ci n'a pas régularisé sa situation d'occupante sans droit ni titre de l'aérodrome et s'est opposée aux contrôles de sécurité des hangars 101 et 102, du local intermédiaire attenant et de la station d'avitaillement.
2. Par une ordonnance n°2405196 du 2 juillet 2024, le juge des référés du tribunal de céans a enjoint à l'ACRL et à tous occupants de son chef de libérer les emplacements qu'ils occupent, sans droit ni titre, sur l'aérodrome d'Eyguières, correspondant aux hangars 101 et 102, au local intermédiaire entre ces deux hangars et à la station d'avitaillement, dans le délai d'un mois à compter de la notification de ladite ordonnance et sous astreinte de 500 euros par jour de retard. Le juge des référés a précisé que la libération des lieux impliquait leur remise en état, et l'enlèvement des aéronefs et de tout matériel, et qu'à défaut de déférer à cette injonction dans le délai imparti, la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME étaient autorisées à y faire procéder d'office, aux frais, risques et périls de l'ACRL, en recourant à l'intervention d'un huissier et de toute personne dont l'assistance serait utile, au besoin avec le concours de la force publique. Par la présence requête l'ACRL demande qu'il soit mis fin à cette injonction sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
4. Il résulte de l'instruction que, si à la suite de l'ordonnance du 2 juillet 2024, l'ACRL établit qu'elle a pris les mesures correctives qui s'imposaient pour faire cesser le danger grave et imminent concernant l'installation électrique des locaux (hangars 101 et 102 et local attenant) qu'elle occupe et neutraliser la station d'avitaillement qu'elle utilisait, et qu'elle établit qu'elle s'est acquittée, par voie de sommation interpellative du 11 juillet 2024, du règlement d'une partie de ses redevances d'occupation du domaine public pour la période courant du mois de septembre 2023 au mois de juillet 2024, il n'en demeure pas moins que d'une part, l'ACRL reste redevable d'une partie de créance d'un montant total de 20 376 euros, et d'autre part, qu'elle a refusé de signer une nouvelle convention d'occupation du domaine public avec la SEMOP SEZAME, désormais gestionnaire de l'aérodrome. Par suite, et alors même qu'elle fait valoir que l'augmentation du montant des redevances d'occupation qui lui sont réclamées est manifestement excessive et que le contrat de concession est contesté devant le tribunal de Céans, elle ne dispose donc toujours d'aucun droit ni titre l'autorisant à occuper les locaux qu'elle utilise sur le site de l'aérodrome de la commune d'Eyguières, relevant du domaine public et dont la commune entend récupérer la jouissance.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les éléments avancés par l'ACRL à l'appui de sa requête, ne sont pas de nature à justifier qu'il soit mis fin à l'injonction prononcée par l'ordonnance du 2 juillet 2024.
Sur les conclusions à fin d'expertise complémentaire :
6. Les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement des articles L.521-3 et L.521-4 du code de justice administrative sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles différentes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article R. 532-1 du même code tendant au prononcé d'une mesure d'expertise. Il n'appartient pas, dès lors, au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 d'ordonner, comme le demande la CVVC, une expertise judiciaire complémentaire afin de confirmer la mise aux normes de l'installation électrique du hangar qu'elle occupe, et il y a donc lieu de rejeter ses conclusions présentées à cette fin.
Sur les conclusions au titre des frais irrépétibles :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de l'association ACRL, ainsi que les conclusions présentées par la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME en défense, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de l'ACRL est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Eyguières et de la SEMOP SEZAME au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Aéro-Club Rossi-Levallois, à la commune d'Eyguières et à la société d'exploitation des Zones Aéronautiques et mécaniques d'Eyguières.
Fait à Marseille, le 8 août 2024.
La juge des référés,
Ludivine Journoud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026