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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2407701

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2407701

mardi 13 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2407701
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantIBRAHIM

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A, qui contestait un arrêté préfectoral du 19 mars 2023 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai. La requête, enregistrée le 31 juillet 2024, a été jugée tardive car présentée bien au-delà du délai de recours de quarante-huit heures prévu par les articles L. 614-1 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a estimé que M. A, présent en France depuis 2009 et ayant déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement, pouvait raisonnablement comprendre la langue française, rendant la notification régulière. En application de l'article R. 922-17 du même code, la requête a été rejetée pour irrecevabilité manifeste.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 juillet 2024, M. B A demande au Tribunal d'annuler l'arrêté du 19 mars 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un trois ans.

Vu les autres pièces produites et jointes au dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

1. Aux termes de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. Il peut, par ordonnance : () 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ".

2. D'une part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant ". L'article L. 614-6 du même code prévoit que : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une décision portant obligation de quitter le territoire français est informé, par cette notification écrite, des conditions, prévues aux articles L. 722-3 et L. 722-7, dans lesquelles cette décision peut être exécutée d'office. / Lorsque le délai de départ volontaire n'a pas été accordé, l'étranger est mis en mesure, dans les meilleurs délais, d'avertir un conseil, son consulat ou une personne de son choix. " et aux termes de l'article L. 613-4 du même code : " L'étranger auquel est notifiée une décision portant obligation de quitter le territoire français est également informé qu'il peut recevoir communication des principaux éléments, traduits dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de supposer qu'il la comprend, des décisions qui lui sont notifiées en application des chapitres I et II. ".

4. Il résulte de ces dispositions que, pour être recevables, ces requêtes doivent être présentées au greffe du tribunal, pour y être enregistrées, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de l'arrêté comportant ces décisions. Ce délai de quarante-huit heures ne saurait recevoir aucune prorogation.

5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été notifié à M. A le 19 mars 2023 à 18h50, qu'il portait la mention des voies et délais de recours et que la requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Marseille que le 31 juillet 2024. S'il est constant qu'aucun interprète en langue arabe était présent, il ressort toutefois des pièces qu'il a déjà fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français en 2021 et qu'il déclare être entré en France en 2009, soit 15 ans avant la décision attaquée. Dans ces conditions, alors qu'il est raisonnable de supposer qu'il comprend la langue française, la présente requête, enregistrée au greffe du tribunal après l'expiration du délai de recours qui ne peut être prorogé, est tardive, et donc manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions, citées plus haut, de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de rejeter la requête.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 13 août 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A. FAYARD

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

N°2407701

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