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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2407854

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2407854

lundi 26 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2407854
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPONSOT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête en référé suspension de Mme C, qui contestait le refus d’Aix-Marseille Université d’admettre sa candidature en master « psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé ». La juge des référés a estimé qu’aucun des moyens soulevés, notamment le défaut de publication des critères de sélection et l’absence de délibération du conseil d’administration, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. La condition d’urgence n’a pas été examinée. La décision est fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 21 août 2024, Mme B C, représentée par Me Ponsot, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 4 juin 2024 par laquelle le président d'Aix-Marseille Université a rejeté sa candidature en première année de la formation conduisant au diplôme national de master " psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre AMU à saisir le jury d'admission en vue de déclarer son admission en master " psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et à titre subsidiaire, de statuer de nouveau sur son admission au sein de ce master, selon les mêmes modalités de prononcé d'une astreinte ;

3°) de mettre à la charge d'Aix-Marseille Université une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en cause a pour conséquence de la priver de la possibilité de poursuivre ses études en débuts d'année universitaire, laquelle est imminente et de réaliser son projet professionnel ;

Sur le doute quant à la légalité de la décision attaquée :

- il n'est pas établi que son dossier de candidature aurait été examiné conformément aux modalités fixées par le conseil d'administration de l'université, par un jury d'admission régulièrement institué et composé par un arrêté publié, ce qui entache la décision en litige d'un vice de procédure ;

- les critères de sélection des candidats en première année du Master en cause au titre de l'année universitaire 2024-2025 ne sont pas disponibles sur le site internet de l'université ni sur un autre support librement accessible ;

- à titre principal, l'absence de délibération du conseil d'administration de l'université fixant les capacités d'accueil en première année du Master en cause et approuvant les critères de sélection des candidatures prive de base légale la décision sont la suspension est demandée ;

- à titre subsidiaire, à supposer l'existence d'une telle délibération avérée, elle n'a pas fait l'objet d'un contrôle de légalité de la part du recteur d'académie, ni d'une publicité adéquate et suffisante en l'absence d'affichage dans les locaux de l'université et de diffusion en temps utile et de façon accessible sur le site internet de l'université.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2024, Aix-Marseille Université, représentée par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;

- le moyen invoqué n'est pas fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 5 août 2024 sous le numéro 2407861 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 21 août 2024 à 11 heures en présence de M. Gonzales, greffier d'audience, Mme Lopa Dufrénot a lu son rapport et entendu les observations de Mme A, représentante d'AMU qui conclut aux mêmes fins que son mémoire, par les mêmes moyens.

Mme C n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Titulaire d'une licence mention psychologie délivrée par l'université Lumière Lyon 2, Mme C a présenté sa candidature en 1ère année de formation conduisant au diplôme national de Master mention psychologie, au titre de l'année 2024-2025. Elle demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 5 juin 2024 par laquelle le président d'Aix-Marseille Université a refusé sa candidature.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme C qui a déposé une demande d'aide juridictionnelle en cours d'instruction, à son bénéfice.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

4. En l'état de l'instruction, compte tenu des observations orales présentées au cours de l'audience et des pièces du dossier, aucun des moyens analysés dans les visas n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée.

5. Il résulte de ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, Mme C n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision du 4 juin 2024, par laquelle le président d'AMU a rejeté sa demande d'inscription en première année de Master " psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé ". Ses conclusions aux fins d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées par voie de conséquence.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme C est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à Aix-Marseille Université et à Me Ponsot.

Fait à Marseille, le 26 août 2024.

La juge des référés,

Signé

M. LOPA DUFRÉNOT

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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