jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2407977 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BARLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 et 28 août 2024, M. A B, représenté par Me C, demande, dans le dernier état de ses écritures, au juge des référés :
1°) d'enjoindre à l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille de communiquer les copies des épreuves d'histoire de la ville XXème siècle de la 1ère et seconde session, de celle d'analyse urbaine de la 2ème session, le procès-verbal de suspicion de fraude, de la délibération du jury validant les notes aux épreuves d'histoire de la ville XXème siècle et d'analyse urbaine et l'absence de notation à l'épreuve d'histoire de la ville XXème siècle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle la directrice de l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille a prononcé son exclusion des études d'architecture pour une durée de trois ans, de la délibération du 5 juillet 2024 par laquelle le jury l'a exclu de la 2ème année de la licence et la délibération du jury évaluant les unités d'enseignement : histoire de la ville XXe, première session à 08/20, l'analyse urbaine, deuxième session, à 00/20 et n'ayant pas évalué l'unité : histoire de la ville XXe, deuxième session jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre à l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille de procéder à son inscription en 3ème année du 1er cycle d'études au titre de l'année universitaire 2024-2025, à titre subsidiaire, son inscription en 2ème année du 1er cycle d'études ;
3°) de mettre à la charge de l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- cette condition est remplie eu égard à l'objet même et des effets de la mesure en cause qui le prive de poursuivre des études et d'obtenir son diplôme ainsi que de l'imminence de la rentrée universitaire ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité des décisions :
En ce qui concerne la décision du 8 juillet 2024 :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation et d'un vice de procédure en méconnaissance du point 1.02 du règlement des études dès lors que le jury n'a pas pris en compte la note qu'il a obtenue à l'épreuve de rattrapage Histoire de la ville XXème siècle et établi une moyenne à l'UE 4 Histoire, Société et langues, ni ne s'est prononcé sur la compensation de l'UE 4 du troisième semestre avec l'UE 4 du quatrième semestre ;
- aucune disposition ne permet de suspendre une notation à raison d'une procédure disciplinaire en cours ;
- aucun procès-verbal sur les faits de fraude n'a été signé conformément aux dispositions de l'article 1.02 du règlement des études ;
- la même décision est entachée d'une erreur de fait dès lors que la directrice était tenue de retenir la meilleure des notes entre celle de la 1ère session et celle de la 2ème session, en l'absence de communication de la note obtenue à l'épreuve Histoire de la ville XXème ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation, l'épreuve de rattrapage n'ayant pas été notée et méconnait l'article 11 de l'arrêté du ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche et du ministre de la culture et de la communication du 20 juillet 2005 ;
- la mesure d'exclusion de la formation constitue une sanction déguisée ;
- faute de démontrer que les examens ont été prévus de manière précise par les modalités de contrôle de connaissances, son ajournement est illégal ;
- il a été porté atteinte à l'égalité de traitement des candidats ;
- la notation de l'épreuve Histoire de la ville XXème de la 1ère session est illégale au motif qu'il n'a pu présenter l'épreuve dans des conditions normales et il est de même de l'absence de notation à cette même épreuve de rattrapage compte tenu de la procédure disciplinaire en cours ;
- il n'a commis aucune fraude lors des épreuves de la 1ère session ;
- la notation à l'épreuve Eléments d'analyse urbaine au motif de plagiat avéré est illégale, faute d'avoir répondu à la demande d'explication et de communication de sa copie et d'en justifier;
- l'exclusion pour une durée de trois ans ne vise pas de disposition textuelle la prévoyant, est disproportionnée et porte atteinte au droit à l'éducation, liberté garantie par l'article 14 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
En ce qui concerne la délibération du jury lui attribuant les notes de 08/20 et 00/20 ainsi que celle n'évaluant pas l'épreuve de rattrapage Histoire de la ville :
- la délibération du jury de l'UE 4 communiquée ne mentionne pas les notes de la 2ème session et n'est pas signée par ses membres ;
- cette décision méconnaît le principe du contradictoire et les droits de la défense ;
- la délibération est irrégulière alors qu'il n'est pas justifié de la désignation des membres du jury, leur convocation et sa composition ;
- le jury a méconnu le principe d'égalité dès lors qu'il n'a pas accompli l'épreuve d'Histoire de la ville XXème, en mai 2024 dans les mêmes conditions que ses collègues en raison de la suspicion de fraude reprochée ;
- la note de 00/20 est illégale en l'absence de plagiat ;
- l'absence d'évaluation de l'épreuve Histoire de la ville XXème à raison de la saisine de la commission de discipline est illégale ;
En ce qui concerne la délibération du jury de cycle l'excluant :
- la mesure en cause a été adoptée par une autorité incompétente pour ce faire, le règlement des études étant lacunaire sur ce point ;
- il appartient au défendeur de justifier le respect de l'article 1.2-d-jury de cycles du règlement des études, de la composition régulière du jury et de la convocation de ses membres ;
- l'article 7 de l'arrêté du 20 juillet 2005 a été méconnu ;
- l'article 1.01 k du règlement des études n'a pas été respecté ;
- le jury de l'UE et celui ayant prononcé son exclusion n'ont été en possession de l'intégralité des pièces de son dossier ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille, représentée par Me Barlet conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens invoqués sont infondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 août 2024 sous le numéro 2407978 par laquelle M. B demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche et du ministre de la culture et de la communication du 20 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 28 août 2024, à 14 heures, en présence de M. Gonzales, greffier d'audience, Mme Lopa Dufrénot a lu son rapport et entendu les observations de :
- Mme C, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures et développe l'ensemble des moyens invoqués et ajoute que la durée de son exclusion est disproportionnée, au regard à son droit à l'éducation garanti par l'article 14 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne, que le procès-verbal du jury de fin d'année ne justifie pas des notes attribuées à M. B aux 1ère et 2ème session ;
- et Me Barlet, représentant l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille qui réitère ses conclusions, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été différée au 2 septembre 2024.
Par mémoires enregistrés les 30 août et 2 septembre 2024, M. A B, représenté par Me C conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures, par les mêmes moyens.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 serptembre2024, l'École nationale supérieure d'architecture de Marseille, représentée par Me Barlet conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, étudiant inscrit, au titre de l'année 2023-2024, auprès de l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille (ENSAM), en 2ème année de 1er cycle de licence a validé les unités d'enseignement (UE) hormis au sein de l'UE 4 " Histoire, société et langues ", les matières Eléments d'analyse urbaine et Histoire de la ville XXème siècle auxquelles il a obtenu des notes en dessous de la note minimale de 10/20. Ainsi, il a composé ses épreuves au cours de rattrapages. Or, il s'est vu attribuer la note 00/20 à l'épreuve Eléments d'analyse urbaine au motif de " plagiat avéré ". Par ailleurs, en dépit de la correction de sa copie portant sur Histoire de la ville XXème siècle et de sa notation, la note n'a néanmoins pas été communiquée dans l'attente de la décision de la commission de discipline devant se réunir le 8 juillet 2024 sur la suspicion de fraude lors de l'épreuve reprochée à M. B. Par délibération du 4 juillet 2024, le jury de fin d'année du 1er cycle pour l'année universitaire 2023-2024 a exclu pour une durée de trois ans quatre étudiants de 1ère année de licence ainsi que deux de la 2ème année de licence au nombre desquels figure M. B, en raison du cursus non réalisé. Puis, par décision du 8 juillet 2024, la directrice de l'école l'a exclu pour une durée de trois ans au motif qu'il n'a pas obtenu les 120 crédites ECTS permettant une inscription en 3ème année du 1er cycle des études d'architecture conduisant à l'obtention du diplôme d'études en architecture (DEEA). M. B demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération du jury évaluant les unités d'enseignement : histoire de la ville XXe, 1ère session à 08/20, l'analyse urbaine, deuxième session, à 00/20 et n'ayant pas évalué l'unité : histoire de la ville XXe, 2ème session, la délibération du 4 juillet 2024 en tant que le jury de fin d'année du 1er cycle pour l'année universitaire 2023-2024 l'a exclu pour une durée de trois ans ainsi que la décision de la directrice du 8 juillet 2024 l'excluant pour une durée identique.
Sur les conclusions à fin de production de pièces :
2. Il résulte de l'instruction que les pièces dont la communication a été sollicitée ont été produites aux débats et régulièrement communiquées. Il n'y pas lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
4. En l'état de l'instruction telle qu'elle résulte des écritures des parties et des observations à l'audience, aucun des moyens invoqués par M. B n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la délibération du jury évaluant les unités d'enseignement : histoire de la ville XXe,1ère session à 08/20, l'analyse urbaine, deuxième session, à 00/20 et n'a pas évalué l'unité : histoire de la ville XXe, 2ème session, de la délibération du 4 juillet 2024 en tant que le jury de fin d'année du 1er cycle pour l'année universitaire 2023-2024 l'a exclu pour une durée de trois ans et de la décision de la directrice de l'ENSAM du 8 juillet 2024. Par suite, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de celles-ci doivent être rejetées et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de M. B dirigées contre l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B, la somme demandée par l'école défenderesse, en application des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à la communication de pièces.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille.
Fait à Marseille, le 12 septembre 2024.
La juge des référés,
signé
M. Lopa Dufrénot
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026