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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2408007

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2408007

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2408007
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGILBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 août 2024, M. B A, représenté par Me Gilbert, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 juin 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 1 500 euros à Me Gilbert au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que la décision attaquée est irrégulière dès lors qu'elle ne respecte pas l'ordonnance du juge des référés qui avait ordonné de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil même en l'absence d'une attestation de demandeur d'asile valide.

Un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2024 pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), n'a pas été communiqué.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 20 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 novembre 2024 :

- le rapport de Mme Simeray ;

- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan, a été placé en procédure Dublin le 24 avril 2023 et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile à compter du même jour. Il a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités suédoises le 27 juin 2023. Son départ était prévu le 16 novembre 2023, mais M. A ne l'a pas honoré. Par une décision du 18 décembre 2023, la directrice territoriale de l'Office a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. Par une ordonnance du 19 mars 2024, le juge des référés a suspendu l'exécution de cette décision et ordonné à l'OFII de rétablir les conditions d'accueil de M. A dans un délai de cinq jours, ce que l'OFII a fait à compter du mois de mai 2024. Par une décision du 19 juin 2024, l'OFII a de nouveau mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont M. A bénéficiait au motif qu'il n'avait pas fourni les informations utiles à l'instruction de sa demande. M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-1 de ce code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ". Il s'ensuit qu'une décision intervenue pour assurer l'exécution d'une mesure de suspension prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative revêt, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation présenté parallèlement à la demande en référé.

3. Par un jugement du 24 octobre 2024, le tribunal a rejeté la requête par laquelle M. A a demandé l'annulation de la décision du 18 décembre 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision du 19 juin 2024 ne respecterait pas le caractère exécutoire de l'ordonnance du 19 mars 2024 est inopérant et doit dès lors être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que la demande présentée sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Devictor, première conseillère

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. SimerayLe président,

Signé

P-Y. Gonneau

La greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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