LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2408084

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2408084

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2408084
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP AMIEL - SUSINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 août 2024, Mme G A, Mme B C épouse E et M. F C, représentés par Me Pontier, demandent au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution des effets de l'arrêté n° 2024-19 du 12 juin 2024 instituant une servitude de passage de conduite d'irrigation sur les communes de Chateauneuf-les-Martigues et Martigues au bénéfice de la société du canal de Provence dans le cadre du doublement de l'adduction d'eau brute - Tronçon Valtrède-Lavéra ;

2°) de suspendre l'exécution des effets de l'arrêté n° 2024-20 du 12 juin 2024 autorisant l'occupation temporaire de parcelles privées au bénéfice de la société du canal de Provence, dans ce même cadre ;

3°) de mettre à la charge in solidum de l'Etat et de la société du canal de Provence la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est caractérisée car les travaux doivent débuter au mois de septembre 2024, alors que la situation est comparable à une expropriation ;

- les conséquences des travaux seront difficilement réversibles, les arbres et clôtures auront été endommagés ;

Sur l'existence d'un doute sérieux :

- le tracé de la canalisation n'a pas été établi de la façon la plus rationnelle afin de générer la moindre atteinte possible aux conditions présentes et futures de l'exploitation de leurs terrains, en méconnaissance de l'article L.152-3 du code rural et de la pêche maritime, alors que l'indemnité proposée demeure ridiculement basse compte tenu de l'ampleur de la dépossession ;

- la canalisation pouvait en effet être techniquement implantée le long ou en tréfond de la route départementale R5 ;

- les atteintes à la propriété privée sont importantes et engendreront une perte de récolte familiale importante d'huile d'olive ;

- la présence de la servitude va générer une moins-value pour les deux maisons situées sur les deux parcelles concernées ;

- l'arrêté n° 2024-19 est donc entaché d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 27 août 2024, la société du cana de Provence, représentée par Me Susini, demande au juge des référés :

- d'admettre son intervention volontaire ;

- de rejeter la requête ;

- de mettre à la charge solidaire des requérants la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite : la création d'une servitude n'est en effet pas assimilable à une expropriation ; les travaux ne commenceront pas avant fin octobre 2024 ; il n'en ressortira aucun risque susceptible de caractériser une atteinte grave et immédiate aux intérêts de requérants, le propriétaire conservant la libre disposition de la bande de terrain concernée sur laquelle la culture d'oliviers pourra être normalement effectuée et aucun ouvrage n'y étant implanté ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision en cause.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 août 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- l'urgence n'est pas démontrée ; en tout état de cause, les travaux projetés présentent un caractère d'intérêt général qui s'oppose à la reconnaissance de l'urgence ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision en cause.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée sous le n° 2408018.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Hogedez, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

- Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 août 2024 à 14 heures 30 , en présence de M. Giraud, greffier d'audience :

- le rapport de Mme Hogedez, juge des référés ;

- les observations de Me Laroque, représentant les requérants, qui a renouvelé, en les développant ou les précisant, les moyens de la requête ;

- celles de Me STuart, représentant la société du Canal de Provence et substituant Me Durand;

- et celles de M. D, représentant le préfet.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction que la société du Canal de Provence, qui assure l'alimentation en eau brute, notamment, du pourtour de l'étang de Berre, projette d'effectuer des travaux de rénovation du réseau d'adduction d'eau qui dessert la commune de Martigues, au-delà de la desserte Sud de l'étang jusqu' à la réserve d'eau de Lavéra, l'actuelle conduite en béton posée en 1964, désormais vétuste, étant l'objet de fuites et de casses récurrentes, alors que la zone rencontre des problématiques diverses, agricoles et de lutte contre l'incendie en particulier, et qu'elle connaît par ailleurs une urbanisation croissante impliquant l'accès à l'eau brute domestique. La société du Canal de Provence a ainsi inscrit à son programme d'investissement le doublage de l'adduction existante depuis la sortie de la galerie de Valtrède, située sur la commune de Chateauneuf-les-Martigues, jusqu' à la réserve de Lavéra, située sur la commune de Martigues, et la création d'une nouvelle canalisation enterrée de 9 km environ. Après avis favorable du commissaire enquêteur, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris deux arrêtés, le 12 juin 2024 afin, d'une part, de constituer une servitude de passage de conduite d'irrigation sur les parcelles de propriétaires privés, et d'autre part, autorisant la société du Canal de Provence à occuper temporairement les terrains nécessaires à la réalisation des travaux. Par la présente requête, Mme A et Mme C épouse E et M. C ses enfants, propriétaires indivis de deux parcelles situées 1 chemin des Audiberts à Martigues, concernées par ces travaux, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de ces deux arrêtés.

Sur l'intervention de la société du Canal de Provence :

2. En sa qualité de bénéficiaire et des travaux projetés et de la servitude d'emprise, la société du Canal de Provence justifie d'un intérêt à intervenir dans la présente instance. Son intervention est par suite recevable et peut être admise.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une ordonnance de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion cumulative de l'existence d'une situation d'urgence et d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. En l'état de l'instruction, complétées par les observations et explications fournies lors de l'audience publique, aucun des moyens soulevés par Mme A et autres, exposés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des deux décisions contestées. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par les requérants.

Sur les frais liés au litige :

5. L'Etat et la société du Canal de Provence n'étant pas parties perdantes à la présente instance, les conclusions présentées par Mme A et autres sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société du Canal de Provence sur le fondement de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A et autres est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société du Canal de Provence sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme G A, Mme B C épouse E et M. F C, à la société du Canal de Provence et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 10 octobre 2024

La vice-présidente désignée,

juge des référés,

signé

I. Hogedez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

P/le greffier en chef,

Le greffier.

5

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions