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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2409690

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2409690

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2409690
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCOULET-ROCCHIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Coulet-Rocchia, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 20 septembre 2024 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le montant des frais irrépétibles en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit, et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Coulet-Rocchia, représentant M. B, qui fait valoir à l'audience que la sœur de M. B est de nationalité italienne, qu'elle vit en France, et a demandé la nationalité française, et que ses parents ont des titres de séjours français ;

- il est hémophile ;

- le préfet n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de nationalité italienne, demande l'annulation de la décision du 20 septembre 2024 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président.

3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / 3° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. ". Constitue un abus de droit le fait de renouveler des séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire alors que les conditions requises pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois ne sont pas remplies, ainsi que le séjour en France dans le but essentiel de bénéficier du système d'assistance sociale. L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine.

5. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cet énoncé suffit à mettre utilement en mesure le requérant de discuter et le juge de contrôler les motifs de cet arrêté. La circonstance que la décision portant obligation de quitter le territoire ne mentionne pas que M. B est hémophile est, en tout état de cause, sans influence sur sa motivation dès lors qu'il ne saurait utilement, s'agissant de la régularité formelle de la décision contestée, critiquer le bien-fondé des motifs sur lesquels elle repose. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué du 1er juin 2023 manque en fait et doit être écarté.

6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'une condamnation le 1er juillet 2013 par le Tribunal Correctionnel de Grasse à une peine d'un an de prison dont six mois avec sursis (totalement révoqué le 04 juillet 2014) pour des faits de vol avec violence en récidive, et vol aggravé par deux circonstances en récidive, le 03 mars 2017 par le Tribunal correctionnel de Grasse à une peine de six mois de prison pour infraction à la législation sur les stupéfiants, le 20 octobre 2017 par le Tribunal correctionnel de Grasse à huit mois de prison pour des faits privation de soins ou d'aliments compromettant la santé d'un mineur de 15 ans, par ascendant ou personne ayant autorité, le 19 mars 2021 par le Tribunal judiciaire de Nice à 70h de travaux d'intérêt général pour conduite d'un véhicule sans permis et sans assurance, le 30 juin 2022 par le TJ de Nice à 600 euros d'amende pour usage illicite de stupéfiants, le 08 novembre 2022 par le TC de Grasse à un an de prison pour infraction à la législation sur les stupéfiants, le 11 avril 2023 par le Tribunal judiciaire de Nice à huit mois de prison pour infraction à la législation sur les stupéfiants, port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, et rébellion. Au vu de ces éléments, le comportement de M. B constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société pour justifier la décision en litige, à supposer même que des membres de la famille du requérant se trouve sur le territoire français ainsi qu'il le soutient, sans le démontrer au demeurant. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté préfectoral du 20 septembre 2024, est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

Sur les conclusions accessoires :

8. Les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B étant rejetées, il doit en être de même, par voie de conséquence, de ses conclusions celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi 10 juillet 1991.

DECIDE :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.

La magistrate désignée

Signé

S. C La greffière,

Signé

S. Boislard

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

N°2409690

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