vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2409981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KUHN-MASSOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, M. C A, représenté par Me Kuhn-Massot, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, a fixé le pays de la mesure d'éloignement, et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement dans le système d'information Schengen, et l'arrêté du même jour l'assignant à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet d'examiner sa situation en application des dispositions de l'article 6 alinéa 1-7 des accords franco-algériens ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a des liens personnels et familiaux en France ;
- il travaille sur le territoire national, et son salaire brut s'élève à plus de 1 500 euros sur les derniers mois travaillés ;
- il a déposé une demande pour obtenir un titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour par le travail, dès lors la décision attaquée révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- l'accord franco algérien ne peut faire obstacle à l'examen d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Kuhn-Massot, représentant M. A, qui insiste à l'audience sur la circonstance qu'avant l'édiction de la décision en litige, son client a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail qui n'a toujours pas été traitée et pour laquelle aucun accusé de réception ne lui a été adressé ;
- le préfet n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, demande l'annulation de l'arrêté du 24 septembre 2024 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, a fixé le pays de la mesure d'éloignement, et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement dans le système d'information Schengen, ainsi que l'arrêté du même jour l'assignant à résidence.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président.
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il ressort de la décision portant obligation de quitter le territoire français notifiée à M. A, que pour prendre l'arrêté en litige, le préfet des Bouches-du-Rhône s'est notamment fondé sur la circonstance que M. A n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Or il ressort des pièces du dossier que la société MEB 13, spécialisée dans le conseil et le consulting atteste avoir déposé à la demande de l'intéressé une admission exceptionnelle au séjour par le travail le 30 avril 2024, par voie postale, en produisant l'accusé de réception et le formulaire correspondant. Un relevé des services postaux établit que la demande a été reçue en préfecture le 2 mai 2024. Par ailleurs, M. A soutient que sa demande n'a toujours pas été traitée, qu'il n'a d'ailleurs reçu aucun récépissé formalisant la prise en charge de sa demande. En se bornant à soutenir que " rien ne permet de supposer qu'un dossier complet a été envoyé en préfecture ", le préfet des Bouches-du-Rhône ne conteste pas sérieusement les affirmations du requérant, étayées par les pièces citées plus haut, en l'absence notamment de tout document émis par la préfecture de nature à informer le requérant des lacunes, ou du rejet de sa demande, déposée depuis cinq mois à la date de la décision attaquée. Par suite, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français notifié à M. A est entachée d'une erreur de fait, et M. A est fondé à soutenir qu'il révèle, de plus, un défaut d'examen de sa situation particulière.
5. Il résulte de ce qui vient d'être dit que les conclusions à fin d'annulation des deux arrêtés en litige présentées par M. A doivent être accueillies, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'ensemble des moyens soulevés dans la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'obligation de quitter le territoire français est annulée () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
7. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit procédé au réexamen de la situation de M. A au regard de son droit au séjour, et, dans l'attente, que lui soit délivrer une autorisation provisoire de séjour en application des dispositions précitées.
Sur les conclusions accessoires :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros au bénéfice Me Kuhn-Massot, conseil de M. A en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce dernier confirme renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
DECIDE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 24 septembre 2024 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a fait obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, a fixé le pays de la mesure d'éloignement, et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement dans le système d'information Schengen, et l'arrêté du même jour l'assignant à résidence, sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. A et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : l'Etat versera une somme de 1 200 euros au bénéfice de Me Kuhn-Massot, conseil de M. A, en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce dernier confirme renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Kuhn-Massot et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La magistrate désignée
Signé
S. B La greffière,
Signé
S. Boislard
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2409981
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026