lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2410411 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL ROUANET AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 10 et 25 octobre 2024, M. C I, Mme G E épouse I Mme H F, M. A B et Mme D J épouse B, représentés par Me Bernard Duguet, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 4 juillet 2024 par lequel le maire de Puy Saint André a délivré un permis de construire à la SCIA Les Silènes, ensemble la décision du 4 septembre 2024 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de condamner la commune du Puy Saint André au versement d'une somme de 2000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- ils ont intérêt pour agir en qualité de voisin immédiats ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que les travaux, qui ont débuté, préjudicie gravement et immédiatement à leurs intérêts ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité de l'arrêté en litige :
- l'avis de l'architecte des Bâtiments de France (ABF) aurait dû être sollicité, dès lors que le projet, et plus précisément la parcelle 1864, s'inscrit dans le périmètre de protection des abords de la chapelle sainte- Lucie qui se situe dans le hameau du Puy Chalvin ;
- l'avis de l'ABF aurait dû encore être sollicité, dès lors que le projet a été pris en violation de l'article 151-19 du code de l'urbanisme, ne respectant pas les éléments patrimoniaux protégés ;
- le projet a été pris en violation de la qualité de l'insertion architecturale, urbaine et paysagère, dès lors que les constructions à implanter dans le périmètre de l'OAP doivent reprendre le volume, les implantations et les caractéristiques architecturales du hameau historique et respecter le gabarit de l'ancienne école, soit un étage en plus du rez-de-chaussée et des combles aménageables ;
- la forme des bâtiments présente des éléments architecturaux sans lien avec les façades traditionnelles des maisons du hameau de Puy Chalvin : il en va ainsi des panneaux photovoltaïques, des galeries bois à tous les étages, des grandes baies vitrées et des volets roulants ;
- les constructions représentent une hauteur de R + 2 + combles alors que l'OAP fixe la hauteur maximale à R + 1 + combles ;
- les pentes de toit du projet ne sont pas conformes ;
- le projet a été également pris en violation de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme méconnaissant la sécurité des accès, eu égard à la largeur de la voie à certains endroits qui est une impasse sans possibilité de retournement ;
- le projet a été également pris en violation de la sécurité incendie, dès lors que les points d'eau ne permettent pas de délivrer le débit attendu et que l'impasse en cause n'est pas une voie d'engins ;
- en outre, l'exception d'illégalité de l'OAP.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 23 et 25 octobre 2024, la commune de Puy Saint André, représentée par Me Rouanet, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de chacun des requérants à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir et qu'aucun des moyens n'est sérieux :
- dès lors que le projet de construction se situe donc en dehors de la zone de protection de la chapelle Sainte-Lucie et qu'aucune construction, ne sera implantée sur la parcelle 1809, cette dernière ne subissant aucune modification, l'architecte des bâtiments de France n'avait pas à être consulté.
- la zone en cause, 3AU, est régie exclusivement par le règlement de l'OAP, lequel n'imposait pas la consultation de l'ABF ;
- le projet respecte la qualité de l'insertion architecturale, urbaine et paysagère, dès lors que les constructions respectent la cohérence générale du volume, des implantations et des caractéristiques architecturales du hameau historique ;
- les constructions respectent parfaitement le volume de l'ancienne école ainsi que les traits les plus caractéristiques des constructions présentes sur la commune de Puy Chalvin. Elles s'insèrent sur un plan présentant une altimétrie qui s'aligne sur celle de l'ancienne école, même si l'école, disposant de haut plafond, a une structure R + 1+ combles ;
- les constructions en cause ne portent pas atteinte à l'identité visuelle du hameau de Puy Chalvin et s'insère parfaitement dans son environnement immédiat ;
- les pentes de toits du hameau sont variables, allant de 55% à 100% ;
- les panneaux photovoltaïques, les galeries bois à tous les étages, les grandes baies vitrées et les volets roulants s'inscrivent dans une logique de recherche d'autonomie énergétique, l'ABF ayant d'ailleurs autorisé la pose de tels panneaux sur l'ancienne école ;
- des accès piétons sont prévus ;
- la largeur de la bande de roulement hors trottoirs est de plus de 5 mètres sur environ 30 mètres, la largeur minimale est de 3,20 mètres sur 5 mètres et de 3, 30 mètres sur 26 mètres ;
- le nombre de places de parking prévus est suffisant ;
- en ce qui concerne les points d'eau, sur lesquels un avis émis a été positif, la prise en compte de l'ensemble du réseau DFCI présent sur Puy Chalvin présentant une capacité de 200 m3/h, largement supérieure au 60m3/h préconisés dans un rayon de 200 mètres autour du projet ;
- l'aire de retournement est prévue, la commune ayant pris soin de conserver l'assise foncière nécessaire à sa réalisation ;
- l'OAP de Puy Chalvin respecte les orientations du DOO et celles du PADD.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n°241037- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pecchioli, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 24 octobre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de M. Pecchioli, juge des référés ;
- les observations de Me Bernard Duguet pour les requérants, en présence de
M. I, qui a repris et développé moyen par moyen ses écritures ;
- les observations de Me Rouanet, pour la commune de Puy Saint André, qui a repris et développé ses conclusions également moyen par moyen ;
La clôture de l'audience a été différée au vendredi 25 octobre 2024 à 16 heures.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un appel à projet, le Conseil municipal de la commune du Puy Saint André a décidé de retenir, suivant délibération n° 96-2021 du 9 décembre 2021, la candidature du groupe " habitat co-perche " en phase pré-opérationnel du projet et de se faire assister du cabinet spécialisé " Regain ". Le permis de construire, instruit par les services instructeurs de la communauté de communes du Briançonnais, a été accordé par le Maire de Puy Saint André le 4 juillet 2024. La vente du terrain a été signé entre la commune et la SCIA Les Silènes le 13 septembre 2024. Les requérants ont tout d'abord déposé un recours gracieux le 28 aout 2024, notifié le 30 août 2024, demandant au Maire de la commune de procéder au retrait du permis de construire du 4 juillet 2024. La commune de Puy Saint André a procédé au rejet de la demande gracieuse par un courrier RAR du 4 septembre 2024. Les travaux sur le terrain ont débuté le 16 septembre 2024. Par un recours au fond, assorti d'un référé, les requérants demandent au juge des référés de suspendre l'arrêté de PC 005 107 23 H0007 / AT 005 107 24 H 0001, en date du 4 juillet 2024.
Sur l'intérêt à agir des requérants :
2. M. C I, Mme G E épouse I, Mme H F, M. A B et Mme D J épouse B, sont voisins immédiats du projet de la société SCIA les Silènes, situé à environ 10 mètres et sur lequel ils disposent d'une vue directe, même si ledit projet se trouve situé à l'arrière de leur habitation. Le projet en cause comprend la construction de cinq bâtiments dont quatre immeubles collectifs en lieu et place d'un terrain non-bâti. Les atteintes de desserte et d'accès à la propriété des requérants, l'aggravation des nuisances sonores et de circulation alléguées par les requérants n'apparaissent pas, au vu des pièces du dossier, dépourvues de réalité. Dans ces conditions, eu égard à leur qualité de voisins immédiats du projet, ainsi qu'à la nature et à l'importance de celui-ci, le projet litigieux est de nature à porter atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien. Les requérants justifient ainsi d'un intérêt à agir contre la décision du 4 juillet 2024 par lequel le maire de Puy Saint André a délivré un permis de construire à la SCIA Les Silènes et contre la décision du 4 septembre 2024 portant rejet de leur recours gracieux. La fin de non-recevoir doit par suite être écartée.
Sur les conclusions de suspension d'exécution de la décision du 4 juillet 2024 :
3. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par une autorisation d'urbanisme présente un caractère difficilement réversible. Par suite, lorsque la suspension de l'exécution d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article
L. 600-3 précité. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré l'autorisation justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés, pour apprécier si la condition d'urgence est remplie, de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
5. En l'espèce, la commune du Puy Saint André ne conteste pas que la condition d'urgence soit remplie et les requérants soutiennent, sans être contredits sur ce point, que les travaux ont commencé. Par suite, les requérants doivent être regardés comme justifiant de l'urgence qui s'attache à la suspension de l'exécution de la décision octroyant le permis de construire.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
6. Aucun des moyens invoqués par les requérants, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance et développés oralement au cours de l'audience publique, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 4 juillet 2024 pris par le maire de la commune de Puy Saint André et de la décision rejetant le recours gracieux présenté à son encontre.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de la partie demanderesse en toutes leurs conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
8. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas non plus lieu de mettre à la charge des requérants le versement d'une quelconque somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au bénéfice de la commune de Puy Saint André.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. C I, Mme G E épouse I Mme H F, M. A B et Mme D J épouse B est rejetée.
Article 2 : Toutes les conclusions formulées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C I, Mme G E épouse I, Mme H F, M. A B et Mme D J épouse B, à la commune de Puy Saint André et à la SCIA Les Silènes.
Fait à Marseille, le 28 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
J.-L. Pecchioli
La République mande et ordonne au préfet des Hautes Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en chef,
P/O Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026