lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2410454 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2024, M. D B, représenté par Me Telle, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 7 octobre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de sept jours.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée, a été prise sans examen de sa situation personnelle et de sa vulnérabilité, et n'indique pas le nom et la qualité de l'agent de l'Office, dont il n'est pas précisé s'il a été formé spécifiquement conformément aux dispositions de l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité qui affecte l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux conditions matérielles d'accueil en application des articles L. 555-1, L. 921-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le magistrat désigné a présenté son rapport et entendu les observations de Me Telle pour M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant guinéen né le 20 avril 2003, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 7 octobre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision contestée a été signée par Mme C E, directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dont le prénom et le nom figurent sur la décision attaquée, à laquelle le directeur général de cet office a délégué sa signature par une décision du 1er janvier 2020, régulièrement publiée sur le site internet de l'Office, à l'effet de signer toutes décisions relatives aux missions dévolues à cette direction territoriale par la décision du 31 décembre 2013, au nombre desquelles figurent les décisions relatives aux conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Et aux termes de l'article L. 531-27 de ce code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : / () 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France () ".
5. D'une part, la décision attaquée fait référence à l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que la demande tendant au bénéfice des conditions matérielles d'accueil est rejetée dès lors que M. B n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai de 90 jours suivant son entrée en France. Cette décision comporte ainsi les considérations de faits et de droit sur lesquelles elle se fonde avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé d'en comprendre les motifs et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié d'un entretien d'évaluation de vulnérabilité le 7 octobre 2024, réalisé en langue peule qu'il comprend, avec l'assistance d'un interprète. D'une part, le requérant n'apporte aucun élément de nature à faire regarder l'auditeur de l'OFII qui a conduit cet entretien comme n'étant pas un agent spécialement formé au sens des dispositions de l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, M. B n'assortit pas de précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé son argumentation relative au caractère suffisant de l'évaluation de vulnérabilité envisagée. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas bénéficié d'une évaluation suffisante et conforme aux dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B a déclaré être entré en France le 1er janvier 2021. L'intéressé, qui ne conteste pas cet état de fait, n'apporte aucun élément de nature à considérer qu'il ne serait pas entré sur le territoire à cette date ou qu'il aurait été empêché de déposer sa demande d'asile dans le délai prescrit, à compter de cette date ou à tout le moins de sa majorité acquise au 20 avril 2021, du fait de son état de santé ou d'une situation de vulnérabilité. A cet égard, le requérant précise d'ailleurs avoir été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance jusqu'à l'âge de 21 ans. Dans ces conditions, alors qu'au 7 octobre 2024, date d'enregistrement de sa première demande d'asile en France, le délai de quatre-vingt-dix jours prévu par les articles précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était expiré, M. B n'est fondé à soutenir, ni que sa situation n'aurait pas été examinée conformément aux dispositions de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que la décision en litige serait entachée d'une erreur de fait ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. En dernier lieu, M. B excipe de l'illégalité de l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile. Mais en se bornant à soutenir que cet arrêté ne permet pas d'évaluer la vulnérabilité d'un demandeur d'asile en raison de son état de santé, alors que le questionnaire fixé par cet arrêté envisage notamment les besoins d'adaptation en raison d'un état de grossesse ou d'un handicap, et questionne le signalement par le demandeur d'un problème de santé ou le dépôt de documents à caractère médical, M. B n'établit en tout état de cause pas le bien-fondé du moyen qu'il invoqué.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Telle et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.
Le magistrat désigné
Signé
M. A
Le greffier
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026