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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2410482

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2410482

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2410482
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantADDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2024, l'association " en toute franchise- département des Bouches-du-Rhône ", représentée par Me Andréani, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet du 10 octobre 2024 du maire de la commune de Marseille de sa demande d'établir un procès-verbal de constat des infractions au code de l'urbanisme commises par la SNC LIDL, et de prendre un arrêté interruptif de travaux et d'en transmettre copie au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Marseille de dresser un procès-verbal de constat dans un délai de 48 H à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au maire de la commune de Marseille de prendre un arrêté interruptif de travaux dans un délai de 48 H à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône à défaut d'intervention du maire à la suite du prononcé de l'ordonnance de se substituer à celui-ci pour prendre les mesures demandées dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- elle bénéficie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir au vu de ses statuts ;

- sa présidente dispose de la capacité pour agir au nom de l'association ;

- la condition d'urgence est satisfaite, les travaux étant en cours ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :

* les travaux en cours nécessitent une déclaration préalable par application des dispositions du a) et du g) de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme ;

* ils auraient dû faire l'objet d'une demande de permis d'aménager au titre du j) de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme ;

* le projet aurait dû faire l'objet d'une étude d'impact ou contenir la décision de dispense d'une telle étude en ce qu'il relève de la rubrique 41 de la nomenclature annexée à l'article R. 122-2 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, la Ville de Marseille conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les conclusions à fin d'annulation du refus implicite de la ville d'établir un procès-verbal d'infraction sont irrecevables, celui-ci ayant été dressé le 11 septembre 2024 ;

- l'urgence n'est pas établie ;

- la requête est infondée, le procès-verbal d'infraction étant en cours de transmission au procureur de la République, et la société pétitionnaire ayant régularisé sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'urgence n'est pas établie ;

- il n'y a pas lieu à statuer le procès-verbal d'infraction étant en cours de transmission au procureur de la République, et la société pétitionnaire ayant régularisé sa situation.

Vu :

- la requête enregistrée sous le n°2410415;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Salvage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus lors de l'audience publique :

- le rapport de M. Salvage ;

- les observations de Me Tosi pour l'association requérante qui maintient ses demandes en ce que l'infraction constituée par la réalisation de places de stationnement n'a donné lieu ni à procès-verbal d'infraction ni à arrêté interruptif de travaux ;

- les observations de Mme A pour la Ville de Marseille qui persiste dans ses écritures et confirme que le procès-verbal d'infraction allait être transmis au Procureur de la République sous peu ;

- les observations de M. B pour le préfet des Bouches-du-Rhône qui persiste dans ses écritures ;

- les observations de Me Gaudon pour la société LIDL qui soulève l'absence d'intérêt pour agir de l'association requérante eu égard à la faible portée des travaux qui restent en litige ; en toutes hypothèses, les places de stationnement ont été autorisées et les dispositions du code de l'urbanisme, seules applicables au litige, n'imposaient pas de permis d'aménager en l'espèce.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. L'association " en toute franchise- département des Bouches-du-Rhône " demande de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet du 10 octobre 2024 du maire de la commune de Marseille de sa demande en date du 7 août 2024 d'établir un procès-verbal de constat des infractions au code de l'urbanisme commises par la SNC LIDL, de prendre un arrêté interruptif de travaux et d'en transmettre copie au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. D'abord, il résulte de l'instruction que la Ville de Marseille a dressé un procès-verbal le 11 septembre 2024 qui constate des travaux de modification de l'aspect extérieur du bâtiment en litige, non autorisés. Si l'association requérante soutient à la barre que ce procès-verbal aurait dû également constater l'infraction commise du fait de la réalisation de places de stationnement qui aurait, selon elle, dû faire l'objet d'un permis d'aménager, il est constant que la société LIDL a obtenu, d'une part, le 1er août 2023 une autorisation de travaux sur un établissement recevant du public et d'autre part a déposé une déclaration préalable de travaux le 9 août 2024 qui a donné lieu à une décision tacite de non opposition. Eu égard à son office et à l'objet de la saisine, il n'appartient pas au juge du référé, saisi de la légalité du seul refus opposé à une demande de constat d'infractions, de vérifier la légalité des décisions ainsi accordées quant aux places de stationnement, qui sont, en l'absence de suspension par ailleurs, exécutoires. Il s'ensuit que les conclusions tendant à la suspension de la décision en litige sont, sur ce point, irrecevables, le procès-verbal sollicité ayant été dressé avant la présente saisine.

4. Ensuite, il résulte de ce qui précède que, à la date de la présente audience, la société LIDL étant titulaire d'une autorisation d'urbanisme exécutoire en l'état, aucun arrêté interruptif de travaux ne devait être pris par les autorités compétentes. Les conclusions tendant à la suspension de la décision refusant de prendre cet arrêté ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

5. Enfin, la Ville de Marseille s'est engagée à transmettre le procès-verbal d'infraction dressé le 11 septembre au Procureur de la République. Les conclusions tendant à une telle transmission sont donc sans objet.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'intérêt pour agir de l'association requérant ou sur l'urgence, que la requête doit être rejetée.

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme demandée par l'association requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société " En toute franchise-Bouches-du-Rhône ", à la Ville de Marseille, au préfet des Bouches-du-Rhône et à la société LIDL.

Fait à Marseille, le 22 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. SALVAGE

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

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