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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2410496

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2410496

vendredi 21 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2410496
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP TGA - AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B par une ordonnance. La lettre de relance du comptable public, qui ne constitue pas un acte faisant grief, a été jugée irrecevable. Concernant la demande de remise de dette liée à un indu de revenu de solidarité active, le tribunal a constaté que le requérant n'avait fourni aucun élément sur sa situation financière ou sa bonne foi, comme l'exige l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable et infondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2024 et un mémoire enregistré le 15 janvier 2025, M. A B, représenté par Me Dessinges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la lettre de relance relative au titre exécutoire du 30 mai 2023 par laquelle la paierie départementale des Hautes-Alpes l'a invité à régulariser la somme de 16 154,64 euros dont il est redevable au titre d'un indu de revenu de solidarité active ;

2°) d'annuler la décision du 3 octobre 2024 rejetant sa demande de remise de dette ;

3°) de prononcer la décharge de cette somme ;

4°) de lui accorder la remise de dette ;

5°) de mettre à la charge du département des Hautes-Alpes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la lettre de relance ne comporte que la qualité de l'ordonnateur, mais ne comporte ni son nom ni son prénom ;

- cette lettre est insuffisamment motivée ;

- l'indu n'est pas fondé, il n'a perçu aucun revenu sur la période l'indu en litige ;

- la décision du 3 octobre 2024 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il a toujours rempli les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

Sur la lettre de relance :

2. La lettre de relance par laquelle le comptable public invite une personne visée par un titre exécutoire à s'acquitter de la somme concernée, en application des dispositions de l'article L. 1615-7 du code général des collectivités territoriales, ne constitue pas un acte faisant grief. Dès lors, ces conclusions de la requête peuvent être rejetées comme entachées d'une irrecevabilité manifeste en application des dispositions, précitées au point 1, du 4° de l'article R 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions tendant à la remise :

3. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ". Et aux termes de l'article R. 772-7 du même code : " Les dispositions de l'article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête a été introduite par un avocat ou a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article ".

4. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé de son service. (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active ou de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.

6. M. B, qui a obtenu un délai supplémentaire pour produire le 15 janvier 2025 un mémoire complémentaire, conteste également la décision du 3 octobre 2024 rejetant sa demande de remise de dette, n'établit ni même n'allègue que sa situation financière ferait obstacle au remboursement de la somme qui lui est réclamée et ne fournit aucun élément de nature à établir cette allégation et ne met ainsi pas le tribunal en mesure d'apprécier si sa situation justifie qu'une remise de dette lui soit accordée. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point 5, que M. B ne peut, à l'appui de ses conclusions tendant à ce que lui soit accordée une remise de dette utilement remettre en cause le bien-fondé de l'indu mis à sa charge.

7. Le délai de recours contentieux étant expiré, il y a lieu, par application des dispositions précitées du 7° et du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. B y compris les conclusions afin de décharge et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au département des Hautes-Alpes.

Fait à Marseille, le 21 février 2025.

Le président de la 9ème chambre,

signé

Gilles Fédi

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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