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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2410862

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2410862

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2410862
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLLINARES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Llinares, demande au juge des référés, d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 5 juin 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, sa radiation au bénéfice du revenu de solidarité active à compter du 1er novembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de la rétablir dans ses droits au bénéfice du revenu de solidarité active et lui verser les sommes dues en conséquence, dans le délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône la somme de

1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la situation d'urgence :

- elle est regardée comme remplie dès lors qu'elle ne perçoit aucun revenu, sa radiation du revenu de solidarité active la plonge dans une situation de précarité financière, les exposant à un risque d'expulsion ;

En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité :

- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en méconnaissance de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'il n'est pas justifié de la saisine de la commission locale d'insertion ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'elle a respecté le contrat conclu et n'a pas refusé d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale.

Vu

- la requête, enregistrée sous le n° 24010861,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gilles Fédi, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

2. Pour justifier l'urgence de la suspension de l'exécution de la décision du 5 juin 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, sa radiation au bénéfice du revenu de solidarité active à compter du 1er novembre 2021, Mme B soutient que la radiation au bénéfice du revenu de solidarité active la place dans une situation de précarité financière, compte tenu de ses ressources, du fait qu'elle a quatre enfants à charge et l'expose à un risque d'expulsion. Toutefois, Mme B produit un jugement du 1er mars 2024 précisant que son ex conjoint doit lui verser une pension alimentaire de 100 euros par enfant, soit la somme de 400 euros et dont il n'est pas justifié qu'elle ne serait pas versée. En outre, le courrier du 16 juillet 2024 du bailleur Logis Méditerranée se borne à préciser que le juge judiciaire a été saisi en vue de la résiliation du bail et du paiement des échéances impayées et à terme à l'expulsion du logement. Enfin, la seule production de courriers juillet 2024 de la banque de la requérante indiquant d'une part, " le fonctionnement de votre compte semble indiquer une situation de fragilité financière " et d'autre part, un solde débiteur sur 15 jours, en l'absence de production des derniers relevés bancaires, ne permet pas d'apprécier la réalité des ressources et des charges supportées par le ménage. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'apprécier le doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué, l'intéressée ne peut être regardée comme établissant, comme il lui incombe, la situation d'urgence justifiant qu'il puisse être fait droit à sa demande.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B, ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à Me Llinares.

Copie en sera adressée au département des Bouches du Rhône.

Fait à Marseille, le 25 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

G. FEDI

La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P. La greffière en chef,

La greffière,

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