lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2410916 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LECCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, M. B A, ressortissant tunisien retenu au centre de rétention administrative de Marseille et représenté par Me Leccia, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 octobre 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français initialement fixée pour une durée de deux ans par un arrêté du 19 juillet 2022, pour une durée supplémentaire de deux ans ;
3°) d'annuler son inscription au fichier SIS ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros hors taxes en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il méconnait les dispositions des article L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et est disproportionné ;
- la décision fixant la Tunisie comme pays de renvoi méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet des Alpes-Maritimes a communiqué des pièces le 28 octobre 2024.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Hétier-Noël pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, magistrate désignée,
- les observations de Me Leccia, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que ceux exposés dans la requête,
- et celles de M. A assisté de M. C, interprète en langue arabe, qui indique notamment demander la clémence et de bénéficier d'une seconde chance. Il indique ne pas se souvenir des dates précises auxquelles il est entré en maison d'arrêt en 2023 puis en est sorti.
Le préfet des Alpes-Maritimes n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien, né le 21 juin 1993, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Marseille, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 22 octobre 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prolongé de deux années l'interdiction de retour sur le territoire français fixée par l'arrêté du 19 juillet 2022.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision, est dès lors suffisamment motivée et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision aurait été prise sans que soit réalisé au préalable un examen sérieux de la situation personnelle du requérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
6. M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire par arrêté du 19 juillet 2022 qui entre ainsi dans le champ des dispositions précitées l'article L. 612-6 impliquant que le préfet prenne à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Le requérant ne fait pas état de circonstances humanitaires justifiant que l'autorité administrative ne prolonge pas d'interdiction de retour sur le territoire français. Il résulte des pièces du dossier qui ne sont pas sérieusement contestées que M. A était à la date d'édiction de l'arrêté en litige, toujours célibataire et sans enfant à charge, que sa famille réside en Tunisie, qu'il a déclaré être entré en France en 2017, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement prise les 1er mars 2021 et 19 juillet 2022 par la préfecture des Alpes-Maritimes qui n'ont pas été exécutées. Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Grasse le 13 juillet 2023 à deux ans d'emprisonnement avec maintien en détention pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivies d'une incapacité n'excédant pas huit jours ainsi qu'à cinq ans d'interdiction de détenir ou porter une arme. Sa présence en France eu égard à la nature des faits reprochés et à l'importance de la condamnation et quand bien même il s'agit d'un fait isolé, constitue une menace pour l'ordre public. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elle est disproportionnée.
7. En quatrième lieu, le requérant ne saurait utilement soutenir que la décision en litige est illégale en raison de l'illégalité de la décision fixant la Tunisie comme pays de renvoi dès lors que la décision attaquée porte exclusivement sur la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par de M. A aux fins d'annulation de l'arrêté du 22 octobre 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'annulation de son inscription au fichier SIS et au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Hétier-Noël
La greffière,
Signé
H. Ben Hammouda
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026