mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2411121 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DRIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2024, M. A D, représenté par Me Dridi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder à un nouvel examen de sa situation administrative et de lui délivrer une autorisation de séjour temporaire à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;
- il est entaché d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance du principe du contradictoire et a été pris en violation de son droit d'être entendu ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il entaché d'un défaut d'examen particulier ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est illégale dès lors qu'elle a pour effet de l'empêcher de rejoindre sa famille de façon régulière.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 février 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête de M. D.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 février 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".
2. M. A D, ressortissant tunisien né le 8 juin 1986, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 29 septembre 2024 a été signé par M. B C, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile à la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui bénéficiait d'une délégation accordée par un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône n°13-2024-03-22-00005 du 22 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, et accessible tant au juge qu'aux parties, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, les décisions fixant le pays de destination et les interdictions de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit dès lors être écarté comme manifestement infondé.
4. En deuxième lieu, l'arrêté contesté mentionne les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles de l'accord franco-tunisien, ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 611-1 et L. 612-2. Par ailleurs, il précise les éléments déterminants de la situation de M. D, relève l'absence de garanties de représentation et le risque de soustraction de l'intéressé à la mesure d'éloignement, et analyse les raisons pour lesquelles il édicte une interdiction de retour sur le territoire français au regard des articles L. 612-6 et L. 12-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'autorité préfectorale n'étant pas tenue de préciser de manière exhaustive le détail de l'ensemble des éléments considérés, cet arrêté est ainsi suffisamment motivé y compris en tant qu'il prononce une mesure d'éloignement sans délai de départ volontaire et une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être regardé comme étant manifestement infondé.
5. En troisième lieu, si M. D soutient que l'arrêté attaqué méconnaîtrait le principe du contradictoire et son droit d'être entendu, principes généraux de l'Union européenne, ce moyen n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors qu'il ressort au demeurant des pièces du dossier qu'il a été assisté d'un interprète pendant son audition du 29 septembre 2024 et a été informé de la possibilité d'être assisté par un avocat.
6. En quatrième lieu, le requérant n'assortit pas davantage de précisions permettant d'en apprécier le bien fondé le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation par l'administration.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. Si M. D fait valoir qu'il réside en France depuis novembre 2022 et qu'il y aurait transféré l'ensemble de ses intérêts personnels et familiaux, il n'apporte aucune précision quant à sa vie privée et familiale, et ne produit à l'appui de sa requête aucun autre document que l'arrêté contesté alors même qu'il a été invité par le tribunal à compléter son mémoire introductif d'instance par la production de pièces. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et reposent sur des faits insusceptibles de venir à leur soutien. Il en va de même du moyen, à le supposer invoqué, tiré de ce que le requérant remplirait les conditions pour " prétendre à la régularisation de sa situation administrative " sur le fondement de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988.
9. En sixième et dernier lieu, si le requérant soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an édictée à son encontre serait illégale en l'empêchant de rejoindre sa famille, ce moyen n'est lui non plus assorti d'aucune précision ou pièce permettant d'en apprécier le bien-fondé.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, le délai de recours contentieux étant expiré et en l'absence de mémoire complémentaire annoncé, qu'il y a lieu, par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter les conclusions de M. D à fin d'annulation de l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 29 septembre 2024. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et de celles tendant à ce qu'il soit fait application au profit de son conseil des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D, à Me Sofien Dridi et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 4 mars 2025.
La présidente de la 1ère chambre,
Signé
M-L. Hameline
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026