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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2411669

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2411669

mardi 6 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2411669
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantMAADJEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. F, ressortissant tunisien, contestant l'arrêté préfectoral du 29 juillet 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et l'interdisant de retour pour trois ans. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence du signataire et d'insuffisance de motivation, jugeant l'arrêté régulier sur ces points. Il a estimé que la décision de refus de séjour ne méconnaissait pas les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'absence de liens personnels et familiaux suffisamment intenses et anciens en France. En conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour, fondées sur ce refus légal, ont été jugées valides.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 novembre 2024, M. A F, représenté par Me Maadjel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de l'enjoindre, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- le signataire de l'arrêté n'était pas compétent pour ce faire ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;

- il est entaché de contradiction de ses motifs et de défaut d'examen ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de l'intensité et ancienneté de ses liens personnels et familiaux et de son insertion socio-professionnelle sur le territoire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant à l'existence de motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour au regard des dispositions de L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation en tant qu'il considère qu'il constitue une menace pour l'ordre public ;

- l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les dispositions des articles 3-1, 2-2, 8-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour pour une durée de trois ans :

- elles sont illégales par exception d'illégalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 3 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 mars 2025 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

M. F a produit un mémoire le 2 avril 2025, après la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué en vertu de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.

M. A F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lopa Dufrénot, présidente rapporteure ;

- et les observations de Me Maadjel, pour M. A F, présent.

Considérant ce qui suit :

1. M. F, ressortissant tunisien né le 25 novembre 1993, déclare être entré en France le 15 août 2019 et s'y être continuellement maintenu depuis lors. Le 13 juin 2023, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 29 juillet 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de trois ans. M. F demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. E C, qui bénéficiait, en sa qualité de directeur des migrations, de l'intégration et de nationalité de la préfecture des Bouches-du-Rhône, par un arrêté n°13-2024-03-22-00005 du préfet de ce département du 22 mars 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n°13-2024-075 de la préfecture des Bouches-du-Rhône, accessible tant au juge qu'aux parties, d'une délégation à cet effet. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. L'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions qu'il comporte, en particulier celles relatives aux éléments de la situation personnelle de M. F, permettant à son destinataire d'en comprendre le sens et la portée à sa seule lecture et, par suite, de les contester utilement. Il est, dès lors, suffisamment motivé au sens et pour l'application des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée doit dès lors être écarté.

5. En troisième lieu, M. F soutient que l'arrêté attaqué est entaché de contradiction dans ses motifs en tant que le préfet estime qu'il n'établit pas la continuité et la durée de son séjour depuis 2020, ni ne justifie des liens personnels et familiaux dont il pourrait se prévaloir. Toutefois, d'une part, les pièces versées au dossier, constituées pour l'essentiel de courriers de la caisse d'allocation familiale, de pièces médicales, de certificats d'hébergement au Centre d'hébergement et de réinsertion sociale Forbin, de factures EDF et de courriers de la Banque Postale, n'attestent que d'une présence ponctuelle de l'intéressé sur toute la période alléguée alors, notamment, que ne sont versés pour l'année 2020 qu'une ordonnance du 14 novembre 2020, une fiche de liaison et un scanner cérébral du même jour. D'autre part, les motifs sur lesquels se fonde le préfet, tirés du défaut d'ancienneté et de stabilité des liens personnels et familiaux dont il se prévaut n'entrent pas en contradiction avec la présence alléguée sur le territoire de son enfant et de son épouse, tous deux ressortissants français, dès lors que ni la réalité de la communauté de vie des époux, ni de la contribution effective de l'intéressé à l'entretien et à l'éducation de son fils ne sont établies par les pièces du dossier. Par suite, les moyens respectivement tirés de l'insuffisance des motifs de la décision, de leur contradiction, et du défaut d'examen seront écartés.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

7. Pour refuser la demande d'admission au séjour présentée par M. F, le préfet des Bouches-du-Rhône s'est fondé sur les motifs tirés, d'une part, de ce que, ainsi qu'il a été dit, l'intéressé ne justifiait pas de l'ancienneté et la stabilité des liens personnels et familiaux dont il pourrait se prévaloir au sens des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, de ce que sa présence en France constituait une menace à l'ordre public, au sens des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfin, de ce que l'intéressé n'a pas exécuté la mesure portant obligation de quitter le territoire, sans délai, prononcée à son encontre le 10 avril 2021.

8. D'une part, M. F se prévaut de l'intensité et de l'ancienneté de ses attaches privées et familiales sur le territoire français, en la personne de son enfant et de son épouse, tous deux de nationalité française. Toutefois, tout d'abord, l'intéressé en instance de divorce, ne conteste pas l'absence de communauté de vie avec Mme B, son épouse depuis qu'il a été placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire de Marseille le 5 septembre 2023, dans le cadre la procédure judiciaire ouverte à son encontre pour des faits de violences volontaires. Ensuite, il n'établit pas contribuer de manière effective à l'entretien et l'éducation de son fils F D, né le 9 novembre 2022 alors qu'il fait l'objet d'une interdiction judiciaire d'entrer en contact avec son épouse et d'une interdiction de domicile pour une durée de trois ans, pour avoir été condamné le 19 mars 2024 par le tribunal correctionnel de Marseille pour des faits de violences volontaires sur la personne de sa conjointe et du fils de celle-ci. M. F relève que l'absence de contribution effective à l'entretien et l'éducation de son fils ne peut lui être imputée totalement alors qu'il justifie avoir entrepris des démarches auprès du juge aux affaires familiales à cette fin. Or, il ressort des pièces du dossier que par une ordonnance du 2 janvier 2024, le juge aux affaires familiales a fixé la contribution de l'intéressé à l'entretien et à l'éducation de son fils à la somme de 70 euros par mois, sans que ce dernier ne justifie dans la présente instance de ces versements avant le mois de janvier 2025. En outre, il est constant que par cette même décision, le juge aux affaires familiales a confié à Mme B l'exercice exclusif de l'autorité parentale sur le jeune D, fixé sa résidence au domicile de sa mère et réservé le droit de visite et d'hébergement de son père. La circonstance que l'intéressé ait interjeté appel, le 17 février 2025, de l'ordonnance d'orientation et sur mesures provisoires du juge de la mise en état du 18 décembre 2024, l'ayant débouté de sa demande d'octroi de droit de visite médiatisé, étant sans incidence à ce titre. De plus, alors que la durée de présence en France de l'intéressé n'est due qu'à la non-exécution d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 10 avril 2021, il ne conteste pas avoir conservé des liens privés et familiaux en Tunisie, où il a vécu à tout le moins jusqu'à l'âge de 25 ans, et où résident ses parents et des membres de sa fratrie. Du reste, l'exercice, depuis respectivement 2023, de missions d'intérim et juin 2024 d'un emploi de technicien de production sous couvert d'un contrat à durée indéterminée, ne saurait caractériser une insertion socioprofessionnelle durable et pérenne de l'intéressé sur le territoire. Dans ces conditions, en se fondant sur le motif tiré de l'insuffisance d'ancienneté et de stabilité des liens personnels et familiaux de M. F, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, il n'a pas porté une erreur manifeste d'appréciation.

9. D'autre part, le préfet des Bouches-du-Rhône s'est fondé sur le motif tiré de l'existence d'une menace pour l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier que M. F a été condamné le 19 mars 2024 par le tribunal correctionnel de Marseille à une peine de 12 mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'une interdiction d'entrer en contact avec son épouse, et d'une interdiction de domicile pour une durée de trois ans, pour des faits de violences suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant, ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, et violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime. De plus, le tribunal a condamné le requérant au paiement de dommages-intérêts au profit de l'enfant et de son épouse en réparation de son préjudice moral, ordonné une expertise médicale de celle-ci, lui accordant une provision de 800 euros et renvoyé à une audience ultérieure l'examen des intérêts civils. Dès lors, eu égard à la gravité de ces faits commis à l'encontre de l'enfant de son épouse et de son épouse elle-même, et alors même que l'intéressé ait, depuis sa condamnation, entrepris des démarches de réinsertion, son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, en se fondant sur ce motif, le préfet n'a pas violé les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.

10. Enfin, il n'est pas contesté que M. F n'a pas exécuté la mesure prononcée à son encontre le 10 avril 2021, portant obligation de quitter le territoire, sans délai, dernier motif sur lequel s'est fondé le préfet des Bouches-du-Rhône de nature à justifier le refus opposé de délivrance de titre de séjour, en application de l'article L. 432-1-1 du code précité.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. F, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sera écarté.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

14. Si M. F fait valoir l'existence de motifs exceptionnels, liés notamment à sa situation personnelle et familiale telle qu'exposée précédemment, il n'établit pas, notamment au regard des éléments exposés au point 8, que ces circonstances constitueraient un motif exceptionnel ou des considérations humanitaires au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet au regard de ces dispositions doit dès lors être écarté.

15. En septième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Aux termes de l'article 2-2 de la même convention i: " Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour que l'enfant soit effectivement protégé contre toutes les formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux ou membres de sa famille ". Aux termes de son article 8-1 : " Les États parties s'engagent à respecter le droit de l'enfant de préserver son identité, y compris sa nationalité, son nom et ses relations familiales, tels qu'ils sont reconnus par la loi, sans ingérence illégale ". Aux termes de son article 9 " Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans intérêt supérieur de l'enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant () ".

16. D'une part, dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 8, M. F n'établit pas contribuer de manière effective à l'entretien et l'éducation de son fils, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant sera écarté. D'autre part, et en tout état de cause, les moyens respectivement tirés de la méconnaissance des articles 2-2, 8-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui créent seulement des obligations entre États, ne produisent pas d'effet direct à l'égard des particuliers et ne peuvent être utilement invoquées par le requérant à l'appui de son recours.

En ce qui concerne les autres décisions :

17. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de celle l'interdisant de retour sur le territoire pour une durée de trois ans par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. F tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 29 juillet 2024 et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction ainsi qu'au titre des frais d'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Maadjel.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 8 avril 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Hétier-Noël, première conseillère,

Mme Diwo, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2025.

L'assesseure la plus ancienne,

signé

C. Hétier-Noël

La présidente rapporteure,

signé

M. Lopa DufrénotLa greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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