Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2024, M. A... B... placé en centre de rétention administrative de Marseille, représenté par Me Laurens, demande au juge des référés :
1°) de l’admettre à l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, toutes mesures utiles afin de faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales portées à ses libertés fondamentales ;
3°) d’ordonner, sur le même fondement, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 21 janvier 2024 par lequel la préfète de Vaucluse l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d’un an ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil qui renonce dans cette hypothèse au bénéfice de l’aide juridictionnelle en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1.Par arrêté du 21 janvier 2024, la préfète de Vaucluse a obligé M. B..., ressortissant marocain, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d’un an. Placé au centre de rétention administrative de Marseille depuis le 21 octobre 2024, l’intéressé s’étant déjà opposé à la mise à exécution de la mesure d’éloignement précitée, le 18 novembre dernier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner toutes mesures utiles afin de faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales portées à ses libertés fondamentales et la suspension de l’exécution de l’arrêté du 21 janvier 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » et qu'aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».
3. Il résulte de l’instruction que, par jugement n° 2400278 du 30 janvier 2024, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté le recours de M. B... tendant à l’annulation de l’arrêté de la préfète de Vaucluse du 21 janvier 2024. Appel a été interjeté auprès de la cour administrative d’appel de Toulouse. A l’appui du présent recours, l’intéressé invoque l’atteinte grave et manifestement illégale portée par la mesure en cause à son droit au respect de sa vie privée et familiale au motif qu’entré en France à l’âge de 12 ans le 24 mai 2020 et titulaire d’un titre de séjour jusqu’au 24 juin 2020, il est en droit de se prévaloir des dispositions de l’article L. 611-3 dans ses alinéas 2 et 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de bénéficier, en conséquence, d’un titre de séjour. Or, d’une part, en se bornant à renvoyer à son mémoire présenté devant la cour administrative d’appel sans apporter à l’instance d’autre élément quesa carte de résident valable jusqu’au 6 janvier 2015, M. B... n’établit pas qu’au regard de la résidence alléguée depuis plus de 20 ans, de la présence de sa mère malade en France, de son insertion socio-professionnelle et de l’absence d’attaches dans son pays d’origine dont il fait état, la mise à exécution de la mesure d’éloignement serait de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Au demeurant, il résulte de l’instruction qu’il a fait l’objet de multiples condamnations pénales prononcées du 12 mai 2006 au 14 janvier 2022. Il a ainsi été condamné en raison notamment de faits de détention et usage illicites de stupéfiants, de recel de bien provenant d’un vol, de violence aggravée, d’usurpation d'identité, de délit de fuite et de violence commise en réunion et d’évasion d’un détenu. Par suite, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, la requête de M. B... doit être rejetée, ensemble ses conclusions formulées au titre de l’aide juridictionnelle provisoire, l’urgence requise par l’article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique n’étant pas caractérisée et celles formulées au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de 1991 précitée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à Me Maëva Laurens et au ministre de l’intérieur.
Copie sera adressée à la préfète de Vaucluse.
Fait à Marseille, le 16 décembre 2024.
La juge des référés,
Signé
M. LOPA DUFRENOT
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière,