lundi 7 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2413534 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BAZIN-CLAUZADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 décembre 2024 et le 8 février 2025, M. B A, représenté par Me Bazin-Clauzade, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure et lui a interdit de revenir sur le territoire pendant trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à Me Bazin-Clauzade sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
4°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- sa présence ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a également méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :
- son droit à être entendu avant la décision attaquée a été méconnu ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire :
- il justifie de circonstances humanitaires faisant obstacle à l'édiction d'une telle mesure conformément aux dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la mesure est disproportionnée et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une ordonnance du 23 avril 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 mai 2025 à 12 heures.
Un mémoire en défense produit par le préfet du Var a été enregistré le 5 juin 2025 postérieurement à la clôture de l'instruction.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour d
e l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique, après présentation du rapport, les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 27 décembre 2024, le préfet du Var a obligé M. A, ressortissant surinamais, à quitter le territoire français sans délai sur le fondement du 2° et du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays de destination de cette mesure et lui a interdit de revenir sur le territoire pour une durée de trois ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande de production du dossier administratif :
2. Bien que le préfet n'ait pas produit les pièces relatives à la situation administrative de M. A dont il est en possession, l'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Par suite, il n'apparaît pas nécessaire, dans ces circonstances, d'ordonner la communication de l'entier dossier du requérant détenu par l'administration.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
3. M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 21 février 2025. Il n'y a donc pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la légalité de l'arrêté :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, né en 1983, est entré en France à l'âge de six ans après le décès de sa mère le 1er août 1989 et a été élevé en Guyane par sa tante, entouré de ses cousins et cousines et de sa plus jeune sœur, tous de nationalité française. Il y a effectué toute sa scolarité avant d'entrer sur le territoire métropolitain en 2008 pour y trouver du travail et justifie avoir occupé divers emplois, notamment dans le domaine de la carrosserie, de 2009 à 2019 sous couvert d'une carte de résident valable du 5 novembre 2011 au 4 novembre 2021. Il démontre également avoir travaillé comme micro-entrepreneur en Guyane du mois d'août 2019 au mois de décembre 2022 et a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 2 septembre 2022 au 1er septembre 2023. Si le requérant ne nie pas la gravité des faits de violences habituelles ayant entrainé une incapacité supérieure à huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité en récidive dont il s'est rendu coupable, il apporte des éléments relatifs à une réinsertion dans la société en produisant quatre permissions de sortie dont il a bénéficié pour des raisons familiales, une promesse d'embauche, qui est certes postérieure à la date de l'arrêté, et plusieurs photographies et attestations de sa sœur, de sa cousine et de leurs familles et des photographies avec l'une de ses filles, de nationalité française. Il n'est pas contesté par le préfet du Var, qui n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction, que M. A ne dispose d'aucune attache au Suriname. Dans ces conditions, la décision contestée refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. A porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 décembre 2024 par lequel le préfet du Var lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure et lui a interdit de revenir sur le territoire pendant trois ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique que le préfet territorialement compétent délivre une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à M. A. Il y a lieu de l'y enjoindre, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bazin-Clauzade, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de cette dernière le versement de la somme de 1 200 euros à Me Bazin-Clauzade au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 27 décembre 2024 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve que Me Bazin-Clauzade renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera une somme de 1 200 euros à Me Bazin-Clauzade, avocate de M. A, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me Emmanuelle Bazin-Clauzade, au préfet du Var et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président-rapporteur,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2025.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
É. Devictor
Le président-rapporteur,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet du Var et au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026