LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2500345

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2500345

mardi 1 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2500345
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10eme Chambre
Avocat requérantGILBERT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en formation collégiale, a rejeté les requêtes de M. et Mme A, ressortissants congolais, qui contestaient les arrêtés préfectoraux du 5 décembre 2024 leur refusant un titre de séjour et les obligeant à quitter le territoire français. Les requérants invoquaient notamment une insuffisance de motivation, une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, ainsi qu'une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, confirmant ainsi la légalité des décisions du préfet des Bouches-du-Rhône.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I.Par une requête n° 2500345 enregistrée le 3 janvier 2025, M. D A, représenté par Me Gilbert, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre audit préfet, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui délivrant, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé en ce que le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas précisé qu'il est francophone, père de trois enfants scolarisés en France et qu'il craint pour sa vie en cas de retour en République démocratique du Congo ;

- il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en ce qu'ils n'ont plus de lien avec leur pays d'origine, dans lequel ils y sont en danger ;

- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il contrevient à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation tenant à l'absence d'un examen complet de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er avril 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 15 janvier 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mai 2025.

M. D A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2025.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 3 janvier 2025 et le 17 janvier 2025, sous le n° 2500416, Mme C E B épouse A, représentée par Me Gilbert, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre audit préfet, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui délivrant, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle fait valoir que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé en ce que le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas précisé qu'elle est francophone, mère de trois enfants scolarisés en France et qu'elle craint pour sa vie en cas de retour en République démocratique du Congo ;

- il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en ce qu'ils n'ont plus de lien avec leur pays d'origine, dans lequel ils y sont en danger ;

- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il contrevient à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation tenant à l'absence d'un examen complet de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er avril 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 15 janvier 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mai 2025.

Mme C E B épouse A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2025.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant en date du 20 novembre 1989 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Pecchioli, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A, ressortissants congolais, nés respectivement le 24 mai 1982 et le 23 septembre 1986, ont déposé le 5 septembre 2023 une demande d'asile sur le fondement des articles L. 521-1 et suivants et L. 531-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle a été rejetée par une décision du 20 décembre 2023 par l'office française de protection des réfugiés et des apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile le 26 juin 2024. Par deux arrêtés respectifs du 5 décembre 2024, dont les intéressés demandent l'annulation, le préfet des Bouches-du-Rhône leur a rappelé le rejet de leur demande d'asile, les a obligés de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours, et a fixé le pays de destination.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°2500345 et 2500416, qui concernent deux conjoints, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () constituent une mesure de police ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. Les arrêtés attaqués visent les textes dont il est fait application et mentionnent les considérations de fait sur lesquelles ils se fondent. Ils sont ainsi suffisamment motivés. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a entaché ses décisions d'aucune erreur de nature à révéler un défaut d'examen sérieux de la situation des requérants.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale du 20 novembre 1989 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

6. Il ressort des pièces du dossier que les requérants n'établissent pas qu'en cas de retour en République du Congo leurs enfants seraient directement exposés à un risque réel, direct, et sérieux pour leur vie ou leur liberté. Ils n'établissent pas non plus d'obstacles à ce que leur vie familiale se poursuivent dans le pays d'origine.

7. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés publiques : " 1°° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A, déclarent être entrés en France le 2 septembre 2023 dans de circonstances indéterminées, et déclarent s'y être continuellement maintenus depuis. Toutefois M. et Mme A, tous deux en situation irrégulière, justifient résider sur le territoire national de manière habituelle seulement depuis l'année 2024 avec leurs trois enfants mineurs scolarisés, soit très récemment, n'établissant ainsi pas avoir transféré le centre de leurs intérêts en France. Ils n'établissent pas non plus être dépourvue d'attaches personnes et familiales dans le pays d'origine où ils auraient vécu la majorité de leur vie et où ils peuvent mener une vie familiale normale. Enfin, ils ne justifient pas d'une insertion socio-professionnelle notable sur le territoire français. Dès lors, eu égard notamment aux conditions du séjour en France de M. et Mme A, les arrêtés litigieux n'ont pas contrevenu à leur droit au respect de leur vie privée et familiale et n'ont donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation des arrêtés contestés, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par les requérants doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. et Mme A au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, Mme C E B épouse A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2025 à laquelle siégeaient :

M. Pecchioli, président,

M. Juste, premier conseiller,

Mme Houvet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2025.

L'assesseur le plus ancien,

Signé

C. JUSTE

Le président-rapporteur,

Signé

J-L. PECCHIOLI

Le greffier,

Signé

F. BENMOUSSA

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier

N°2500345 et 2500416

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions