mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2500360 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AARPI FRECHE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2025, l'association des Propriétaires, Habitants, Usagers et Riverains du quartier et du massif de Talagard (dite PHUR Talagard) et M. C B, représentés par Me Boulisset, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a déclaré d'utilité publique, au profit de la société des Autoroutes du Sud de la France et du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, les travaux nécessaires au projet de réalisation du complément du demi-diffuseur de Salon-Nord de l'autoroute A7, sur le territoire de la commune de Salon-de-Provence, ainsi que celle de la décision rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
Sur la condition d'urgence :
- l'urgence est établie dès lors que les travaux ont débuté et qu'ils présentent un caractère irréversible compte tenu du défrichement et du nivellement du terrain ;
Sur la condition relative au doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté :
- l'agence régionale de santé a été consultée tardivement sur le projet ;
- la procédure de concertation organisée n'était pas suffisante ; le maître d'ouvrage ne pouvait présenter certains aménagements comme " préférentiels " ; aucune réunion publique n'a été organisée ; aucun registre n'a été mis à disposition du public ; il n'a pas été tenu compte de la pétition signée par les riverains au projet ;
- l'arrêté méconnaît l'article R. 112-4 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique et l'article R. 122-1 du code de l'environnement dès lors que l'appréciation sommaire des dépenses et l'étude d'impact préalable à la réalisation du projet sont imprécises ;
- il méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'expropriation dès lors que les travaux prévus ne sont pas compatibles avec les prescriptions du plan local d'urbanisme et du projet d'aménagement et développement durable ;
- la dérogation à l'interdiction de porter atteinte aux espèces protégées méconnaît l'article L. 411-1-1 du code de l'environnement ;
- l'utilité publique du projet n'est pas établie ; en premier lieu, l'opération projetée n'est pas nécessaire ; en second lieu, le projet présente des inconvénients excessifs ; il porte une atteinte excessive à la propriété ; il présente également des inconvénients d'ordre environnemental ; le coût financier de l'opération est excessif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2025, la société des Autoroutes du Sud de la France, représentée par Me Garancher, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'association PHUR Talagard et de M. B le versement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les conditions exigées pour obtenir la suspension de l'arrêté du 21 juillet 2023 ne sont pas réunies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2025, le département des Bouches-du-Rhône, représenté par Me Cezilly, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'association PHUR Talagard et de M. B le versement de la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les conditions exigées pour obtenir la suspension de l'arrêté du 21 juillet 2023 ne sont pas réunies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, le président de l'association PHUR Talagard ne justifiant pas de sa qualité pour ester en justice ;
- les conditions exigées pour obtenir la suspension de l'arrêté du 21 juillet 2023 ne sont pas réunies.
Vu :
- la requête au fond n° 2311629 enregistrée le 8 décembre 2023 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 31 janvier 2025 à 9h30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique en présence de Mme Marquet, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Pilidjian, juge des référés,
- les observations de Me Boulisset pour les requérants, qui persistent dans les fins et moyens de leur requête,
- les observations de M. B,
- les observations de M. A pour la préfecture des Bouches-du-Rhône,
- les observations de Me Cezilly pour le département des Bouches-du-Rhône,
- et les observations de Me Garancher et Me Malgras pour ASF.
A l'issue des débats de l'audience, la clôture de l'instruction a été différée au 4 février 2025 à 9 heures.
Les requérants, représentés par Me Boulisset, ont produit un mémoire enregistré le 3 février 2025 à 11h56. Ce mémoire a été communiqué.
Le département des Bouches-du-Rhône, représenté par Me Cezilly, a produit un mémoire enregistré le 4 février 2025 à 08h11. Ce mémoire n'a pas été communiqué.
La Société des Autoroutes du Sud de la France, représentée par Me Garancher, a produit un mémoire enregistré le 4 février 2025 à 08h42. Ce mémoire n'a pas été communiqué.
Considérant ce qui suit :
1. Afin de décongestionner son centre-ville, traversé par de nombreux automobilistes venant du nord de la commune de Salon-de-Provence et souhaitant emprunter l'A7 en direction d'Aix-en-Provence ou de Marseille et inversement, la commune de Salon-de-Provence a souhaité la réalisation d'un complément du diffuseur autoroutier de Salon-Nord de l'autoroute A7, permettant d'assurer la desserte entre le nord de la ville et les communes avoisinantes et le sud de l'autoroute. Un diagnostic socio-économique, réalisé en 2012, a mis en évidence l'opportunité du projet, et a présenté trois variantes d'aménagement pour la bretelle d'entrée et deux variantes pour la bretelle de sortie. Par un arrêté du 5 janvier 2017, le préfet des Bouches-du-Rhône a ouvert une concertation publique qui s'est déroulée du 30 janvier 2017 au 18 février 2017. Puis, par un arrêté du 29 septembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a ouvert une enquête publique unique portant sur l'utilité publique, la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme, le parcellaire et l'autorisation environnementale prévue à l'article L. 181-1 du code de l'environnement. Cette enquête s'est déroulée du 15 novembre 2022 au 15 décembre 2022. Le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable le 25 janvier 2023. Par un arrêté du 21 juillet 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône a déclaré d'utilité publique, au profit de la société des Autoroutes du Sud de la France et du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, les travaux nécessaires au projet de réalisation du complément du demi-diffuseur de Salon-Nord de l'autoroute A7, sur le territoire de la commune de Salon-de-Provence. L'association des Propriétaires, Habitants, Usagers et Riverains du quartier et du massif de Talagard (dite PHUR Talagard) et M. B demandent au juge des référés la suspension de cet arrêté et de la décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins de suspension de l'arrêté du 21 juillet 2023 :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, notamment des écritures et des observations présentées lors de l'audience, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 21 juillet 2023. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté en cause et de la décision rejetant le recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, le versement de la somme demandée par l'association PHUR Talagard et M. B sur le fondement de ces dispositions. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'association PHUR Talagard et de M. B le versement de la somme de 1 000 euros au département des Bouches-du-Rhône ainsi que la somme de 1 000 euros à la société des Autoroutes du Sud de la France sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association PHUR Talagard et de M. B est rejetée.
Article 2 : L'association PHUR Talagard et M. B verseront au département des Bouches-du-Rhône la somme totale de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : L'association PHUR Talagard et M. B verseront à la société des Autoroutes du Sud de la France la somme totale de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association des Propriétaires, Habitants, Usagers et Riverains du quartier et du massif de Talagard, à M. C B, au département des Bouches-du-Rhône, au préfet des Bouches-du-Rhône et à la société des Autoroutes du Sud de la France.
Fait à Marseille, le 5 février 2025.
La juge des référés
signé
H. Pilidjian
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026