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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2500435

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2500435

mardi 24 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2500435
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9è ch Magistrat statuant seul

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a examiné la demande de Mme B... visant à contester la radiation de ses droits au revenu de solidarité active (RSA) à compter de février 2023. Statuant en tant que juge de plein contentieux, le tribunal a constaté que la radiation était fondée sur l’absence de réponse de l’intéressée à une demande de contrôle de sa situation émise en décembre 2022, conformément aux articles L. 262-37 et R. 262-40 du code de l’action sociale et des familles. Mme B... n’ayant fourni les justificatifs requis qu’en août 2024, soit après le délai de trois mois, le moyen tiré de l’illégalité de la décision a été rejeté. La solution retenue confirme ainsi la légalité de la radiation pour obstacle au contrôle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 janvier et le 17 février 2025, Mme A... B..., demande au tribunal d’annuler la décision implicite prise sur recours préalable obligatoire par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a confirmé la radiation de ses droits à compter de février 2023.

Elle soutient qu’elle remplissait les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active.

L’entier dossier de l’allocataire a été produit le 4 février 2026 par le département des Bouches-du-Rhône en vertu des dispositions de l’article R. 772-8 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Tukov, magistrat désigné.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales à l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... a été bénéficiaire de l’aide personnelle au logement dans le département des Bouches-du-Rhône. Elle doit être regardée comme demandant l’annulation de la décision implicite prise sur recours préalable obligatoire par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a confirmé la radiation de ses droits à compter de février 2023 jusqu’à janvier 2025.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l’administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d’une personne à l’allocation de revenu de solidarité active ou à l’aide exceptionnelle de fin d’année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner les droits de l’intéressé sur lesquels l’administration s’est prononcée, en tenant compte de l’ensemble des circonstances de fait qui résultent de l’instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l’article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d’annuler ou de réformer, s’il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l’intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s’il ne peut y procéder, de renvoyer l’intéressé devant l’administration afin qu’elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

3. Aux termes de l’article R. 262-37 du code de l’action sociale et des familles : « Le bénéficiaire de l’allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l’organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l’un ou l’autre de ces éléments. ». L’article L. 262-37 du même code dispose que : « Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : / (…) / 4° (…) lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre… ». Aux termes de l’article R. 262-35 du même code : « Le revenu de solidarité active cesse d’être dû à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d’ouverture du droit cessent d’être réunies… ». Aux termes de l’article R. 262-40 de ce code : « Le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : / 1° Dans les délais fixés à l’article R. 262-35 lorsque les conditions d’ouverture du droit cessent d’être réunies… ». En outre, il résulte de l’article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l’article R. 262-83 du code de l’action sociale et des familles, que la non-présentation à l’organisme chargé du service de la prestation des pièces justificatives nécessaires au contrôle des conditions d’ouverture de droit entraîne la suspension « du versement de la prestation jusqu’à la production des pièces demandées ».

4. Il résulte de l’instruction que pour radier Mme B... au bénéfice du revenu de solidarité active, à compter de février 2023, le département des Bouches-du-Rhône s’est fondé sur la circonstance que l’intéressée, qui n’avait pas déféré à une demande relative au contrôle de sa situation, émise en décembre 2022, était dans une situation d’obstacle à contrôle. Il résulte de l’instruction et notamment de l’entier dossier que cette demande émise le 9 décembre 2022, dont Mme B... ne soutient ni même n’allègue n’en avoir eu réception, n’a pas été suivie d’effet et le formulaire « contrôle de situation » n’a pas été renvoyé à l’organisme payeur dans le délai de trois mois laissé à l’intéressée. Il résulte également de l’instruction que l’intéressée n’a déféré à cette demande qu’en août 2024, postérieurement au délai de trois mois. Par suite, le moyen tiré de ce qu’elle remplissait les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active sur la période courant de février 2023 à janvier 2025, doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au département Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2026.


Le magistrat désigné,


signé


C. Tukov La greffière,


signé


S.Ibram


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Pour la greffière en chef,
La greffière,

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