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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2500522

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2500522

mercredi 12 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2500522
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantTRIFI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a examiné le recours pour excès de pouvoir de M. D C, ressortissant tunisien, contre un arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 18 décembre 2024 refusant le renouvellement de sa carte de séjour "salarié", l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, prononçant une interdiction de retour de cinq ans et l'assignant à résidence. Le requérant contestait notamment la compétence du signataire, la motivation, la procédure devant la commission du titre de séjour, et l'appréciation de la menace à l'ordre public. Le tribunal a rejeté l'ensemble des conclusions de M. C, jugeant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, notamment en ce qui concerne la régularité de la notification, la consultation du fichier de traitement des antécédents judiciaires et l'absence d'erreur manifeste d'appréciation. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi la légalité des décisions préfectorales fondées sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et l'accord franco-tunisien

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 janvier et 10 février 2025, M. D C, représenté par Me Trifi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2024 par lequel le préfet des Hautes-Alpes a refusé le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle mention " salarié ", l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2024 par lequel le préfet des Hautes-Alpes l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Alpes de renouveler son titre de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisation à travailler ;

4°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Alpes de mettre à jour le fichier SIS et de lui restituer son passeport ;

5°) de mettre à la charge du préfet des Hautes-Alpes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que l'administration n'établit pas la notification régulière des décisions attaquées comportant la mention des voies et délais de recours ;

En ce qui concerne l'arrêté préfectoral dans son ensemble :

- l'arrêté du 18 décembre 2024 par lequel le préfet des Hautes-Alpes a refusé le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans a été signé par une autorité incompétente ;

- il a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de sa carte de séjour :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de convocation régulière devant la commission du titre de séjour dès lors que celle-ci a été envoyée à une mauvaise adresse et en tout état de cause moins de quinze jours avant la date de la réunion de la commission, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'avis motivé de la commission du titre de séjour ne lui a pas été communiqué, le privant par suite de la possibilité de formuler ses observations ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de saisine de la commission des expulsions ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 10 de l'accord franco-tunisien dès lors qu'il remplit les conditions pour obtenir de plein droit une carte de résident d'une durée de 10 ans ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet s'est fondé, pour considérer qu'il constitue une menace à l'ordre public, sur des informations ne figurant pas sur son casier judiciaire et donc nécessairement issues de la consultation du fichier traitement des antécédents judiciaires ; il lui appartient dès lors de démontrer que cette consultation a été réalisée conformément aux prescriptions des dispositions des articles 40-29 et 230-8 du code de procédure pénale ;

- le préfet a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il constitue une menace à l'ordre public ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission des expulsions aurait dû être saisie ;

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de convocation régulière devant la commission du titre de séjour dès lors que celle-ci a été envoyée à une mauvaise adresse et en tout état de cause moins de quinze jours avant la date de la réunion de la commission, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale dès lors que le requérant est en situation de se voir attribuer de plein droit un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur le fondement des stipulations du f. de l'article 10 de l'accord franco-tunisien ;

- dès lors qu'il réside en France régulièrement depuis plus de dix ans, il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire dans des conditions moins protectrices que celles s'appliquant, en vertu de l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour une même situation en cas de décision d'expulsion ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de délai de départ volontaire ;

- elle est disproportionnée ;

En ce qui concerne la décision l'assignant à résidence :

- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de délai de départ volontaire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2025, le préfet des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête, à titre principal comme irrecevable, à titre subsidiaire comme non-fondée.

Il fait valoir que :

- la requête a été introduite plus de 7 jours après sa notification par voie postale ;

- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- l'accord franco-tunisien ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Charpy pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Charpy, magistrate désignée ;

- les observations de Me Trifi, avocat de M. A C, requérant, concluant aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

Le préfet le préfet des Hautes-Alpes n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A C, ressortissant tunisien né le 14 août 1996 et entré en France en 2014, a fait l'objet d'un placement auprès du service de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité. Il a bénéficié, du 18 août 2015 au 26 novembre 2020, de plusieurs cartes de séjour d'un an portant la mention " travailleur temporaire ", puis s'est vu délivrer une carte pluriannuelle mention " salarié " d'une durée de quatre ans valable jusqu'au 26 novembre 2024, dont il a demandé le renouvellement le 22 octobre 2024. Par un arrêté en date du 18 décembre 2024, le préfet des Hautes-Alpes a cependant refusé la demande de renouvellement de M. A C, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de son renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. Par un arrêté du même jour, le préfet des Hautes-Alpes a assigné l'intéressé à résidence pour une durée de 45 jours. M. A C demande l'annulation pour excès de pouvoir de ces deux arrêtés.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article L.732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ". Aux termes de l'article L. 614-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 614-1, lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ". Aux termes de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours ".

3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste.

4. En l'espèce le préfet des Hautes-Alpes produit, outre le bordereau d'envoi du pli contenant les arrêtés attaqués en date du 18 décembre 2024, la copie d'une capture d'écran du suivi du courrier, consultable le site de la poste, permettant d'établir que le pli en question a été envoyé en recommandé avec accusé de réception le 23 décembre 2024, qu'il a été vainement présenté au domicile du requérant le 26 décembre 2024, et qu'il a été retourné à l'expéditeur après l'expiration du délai de mise en instance de quinze jours prévu par la réglementation en vigueur. Toutefois, ces éléments ne permettent pas d'établir la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant M. A C de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste pendant un délai de quinze jours. Dans ces conditions, les arrêtés en litige ne sauraient être regardés comme ayant été régulièrement notifiés à M. A C, et les délais de recours ne lui sont pas opposables. Par suite, la requête n'est pas tardive et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

5. Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".

6. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour de M. A C, le préfet des Hautes-Alpes s'est fondé sur le motif tiré de ce que la présence de l'intéressé était constitutive d'une menace pour l'ordre public dans la mesure où, d'une part, il a été condamné, à deux reprises, d'abord le 18 juillet 2018 à une amende de 250 euros pour port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D assortie d'une interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation pendant 3 ans, puis le 6 mars 2023 à 9 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant 1 an et 6 mois pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par une pacte civil de solidarité aggravée par une autre circonstance et, d'autre part, qu'il serait défavorablement connu des services de police pour des faits, le 26 août 2021, d'enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivie d'une libération avant le 7ème jour et violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours, et le 25 mars 2023 de conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants. Toutefois, outre que les faits pour lesquels l'intéressé serait défavorablement connu des services de police ne sont pas établis par des pièces justificatives versées au dossier, ne permettant pas au juge d'en apprécier la matérialité, les deux condamnations dont M. A C a fait l'objet ne permettent pas, à elles seules, à faire regarder la présence en France de l'intéressé comme constituant une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, en estimant qu'à la date de l'arrêté attaqué, la présence du requérant en France constituait une menace pour l'ordre public, le préfet des Hautes-Alpes a entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et interdisant au requérant le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans, doivent être annulées. L'arrêté du même jour portant assignation de M. A C à résidence pour une durée de 45 jours doit également être annulé par voie de conséquence.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

8. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" ". Aux termes de l'article 11 de cet accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ".

9. Aux termes de l'article L421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée déterminée () se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " d'une durée maximale d'un an./La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. /Elle est délivrée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement, dans la limite d'un an. /Elle est renouvelée pour une durée identique à celle du contrat de travail (). ". Aux termes de l'article L433-1 du même code, " () le renouvellement de la carte de séjour () pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte./() Le renouvellement d'une carte de séjour pluriannuelle est soumis à la preuve par l'étranger de sa résidence habituelle en France dans les conditions prévues à l'article L. 433-3-1. ". Aux termes de l'article L.433-3-1 du même code : " Est considéré comme résidant en France de manière habituelle l'étranger : 1° Qui y a transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux ; 2° Et qui y séjourne pendant au moins six mois au cours de l'année civile, durant les trois dernières années précédant le dépôt de la demande ou, si la période du titre en cours de validité est inférieure à trois ans, pendant la durée totale de validité du titre ".

10. Eu égard au motif qui le fonde, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet des Hautes-Alpes de renouveler la carte de séjour pluriannuelle de M. A C portant la mention " salarié ", sous réserve que les conditions prévues par les stipulations et dispositions citées aux points 8et 9 soient satisfaites. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hautes-Alpes d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

11. En deuxième lieu le présent jugement, qui annule la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. A C implique nécessairement l'effacement du signalement de l'intéressé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen qui en résultait. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet des Hautes-Alpes de faire procéder, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement, à la suppression, par les services compétents, du signalement du requérant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

12. En troisième lieu, le présent jugement qui annule les décisions préfectorales refusant le renouvellement de la carte pluriannuelle mention " salarié " de M. A C, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant une durée de cinq ans et l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, implique nécessairement que soit restitué à l'intéressé son passeport tunisien, remis aux autorités françaises. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hautes-Alpes d'y procéder dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à M. A C d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés attaqués du 18 décembre 2024 sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hautes-Alpes, sous réserve que les conditions prévues à cet égard par les stipulations de l'accord franco-tunisien et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile soient satisfaites, de renouveler la carte pluriannuelle de M. A C portant la mention " salarié " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Il est enjoint au préfet des Hautes-Alpes de faire procéder, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement, à la suppression, par les services compétents, du signalement du requérant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Article 4 : Il est enjoint au préfet des Hautes-Alpes de restituer à M. A C son passeport tunisien dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 5 : L'État versera à M. A C la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Les surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet des Hautes-Alpes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.

La magistrate désignée,

Signé

C. Charpy

La greffière,

Signé

H. Ben Hammouda

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

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