Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2502430

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2502430
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9è ch Magistrat statuant seul

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille rejette la requête en excès de pouvoir visant à annuler le rejet d'une demande de remise de dette d'un indu de RSA. Le juge, statuant sur le fond de la demande gracieuse, estime que la situation financière de la requérante, qui dispose notamment d'épargne, ne présente pas une précarité justifiant la remise, malgré sa bonne foi. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 et le 14 mars 2025, Mme A... B..., demande au tribunal d’annuler la décision du 24 février 2025 par laquelle le directeur de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de remise de dette d’un indu de revenu de solidarité active d’un montant de 4 712,94 euros, constitué sur la période de mai 2022 à avril 2023.

Elle soutient que sa situation financière est précaire et elle est de bonne foi.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tukov, magistrat désigné,
- les observations de Mme C..., représentant le département des Bouches-du-Rhône.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales à l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B... est bénéficiaire du revenu de solidarité dans le département des Bouches-du-Rhône. Elle demande l’annulation de la décision du 24 février 2025 par laquelle le directeur de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de remise de dette d’un indu de revenu de solidarité active d’un montant de 4 712,94 euros, constitué sur la période de mai 2022 à avril 2023.

Sur la demande de remise de dette :

2. Aux termes de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles : « Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l’organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / (…) La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. (…) ».

3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. Il résulte de l’instruction que les ressources mensuelles de Mme B..., dont il est constant qu’elle est de bonne foi, s’élèvent, au regard des pièces produites, à un montant d’environ 1 049 euros, comprenant le revenu de solidarité active d’un montant de 560 euros, 238 euros provenant d’aide personnelle au logement et de la prime d’activité de 346 euros. Il résulte également de l’instruction que la requérante détient environ 12 000 euros d’argent placé. Il résulte également de l’instruction que l’intéressée, vivant avec sa fille, laquelle perçoit un salaire, au demeurant non indiqué, doit assumer des charges mensuelles s’élevant à un montant total d’environ 400 euros, comprenant préciser un loyer, des factures d’électricité. Ainsi, il ne résulte pas de l’instruction, et particulièrement de ces différents éléments, que le niveau de ses ressources et celui de ses charges serait tel que le remboursement de l’indu restant ainsi à sa charge excèderait sa capacité contributive. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l’instruction que la situation de la requérante justifie une remise totale ou partielle de l’indu restant à sa charge.

5. Il résulte de ce qui précède que la requérante n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du 24 février 2025 par laquelle le directeur de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de remise de dette d’un indu de revenu de solidarité active d’un montant de 4 712,94 euros, constitué sur la période de mai 2022 à avril 2023.



D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au département des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2026.


Le magistrat désigné,


signé


C. Tukov La greffière,


signé


S.Ibram

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Pour la greffière en chef,
La greffière,