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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2502541

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2502541

jeudi 2 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2502541
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantORTA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté du préfet des Alpes-de-Haute-Provence refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a considéré que le requérant ne pouvait se prévaloir des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa situation étant régie de manière complète par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il a estimé que le préfet n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en rejetant la demande, malgré les efforts d'insertion de M. A..., au regard de son comportement et de la menace à l'ordre public. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, y compris les demandes d'injonction et celles fondées sur l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 février 2025, M. B... A..., représenté par Me Orta, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 17 janvier 2025 par lequel le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure ;

2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-de-Haute-Provence, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, dans les mêmes conditions d’astreinte et de lui délivrer, en tout état de cause, une autorisation provisoire de séjour à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros à Me Orta au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :

En ce qui concerne le rejet de sa demande de titre de séjour :
- il est entré régulièrement sur le territoire alors même que les dispositions du 2°bis de l’article L. 313-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile l’en dispensait ;
- il démontre résider habituellement en France, disposer d’un hébergement, d’un accompagnement social, exercer un emploi dans le cadre d’un contrat d’apprentissage, suivre des études dans le but d’obtenir un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) en carrosserie et maîtriser la langue française ;
- les faits inscrits au fichier traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ont fait l’objet d’une mesure éducative dont la mainlevée est demandée et il justifie d’efforts de réinsertion sur le territoire depuis lors ;

En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours :
- la décision est dépourvue de base légale en raison de l’illégalité du rejet de sa demande de titre de séjour ;
- sa situation n’a pas fait l’objet d’un examen particulier ;
- la décision est dépourvue de fondement dès lors qu’il démontre la stabilité de sa résidence en France ;
- le préfet a porté une atteinte disproportionnée « à son encontre » et « a méconnu sa situation personnelle ».


Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2025, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A... a produit un mémoire, enregistré le 12 août 2025, qui n’a pas été communiqué.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Gonneau a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. A..., de nationalité algérienne, a sollicité son admission au séjour à titre exceptionnel le 27 novembre 2023. Par un arrêté du 17 janvier 2025, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure. M. A... demande l’annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de l’arrêté :

En ce qui concerne le rejet de sa demande de titre de séjour :

Aux termes de l’article L. 423-22 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ».

Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 (…) ».

Les stipulations de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d’une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s’installer en France. Un ressortissant algérien ne saurait dès lors utilement invoquer les dispositions de l’article L. 435-1 ou celles de l’article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l’accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d’admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n’interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il lui appartient, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle et professionnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A..., le préfet des Bouches-du-Rhône s’est fondé sur le fait qu’il n’est pas dépourvu d’attaches dans son pays d’origine, où vit sa famille, qu’il s’est maintenu en situation irrégulière à l’expiration de son visa ainsi que sur son absence d’ancienneté de séjour et de preuve d’intégration professionnelle et sociale en France. L’intéressé, qui a été pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance dès son arrivée sur le territoire, le 23 septembre 2022, et après sa majorité jusqu’au 31 janvier 2024, en qualité de jeune majeur, justifie de la conclusion d’un contrat d’apprentissage du 20 novembre 2023 au 31 août 2025 dans le cadre d’études en vue d’obtenir un CAP carrossier, de bulletins de salaire afférents, et d’un niveau A2 en langue française en septembre 2023. Cependant, il ressort des pièces du dossier que, célibataire et sans enfant, il n’est présent en France que depuis deux ans et trois mois et qu’il a vécu jusqu’à l’âge de dix-sept ans en Algérie, où vivent sa mère et ses frères et sœurs. En outre, si une éducatrice de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse a demandé la mainlevée de la mesure éducative dont il fait l’objet depuis une décision du 19 juin 2023 pour des faits de « vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d’habitation aggravé par une autre circonstance, recel de bien provenant d’un vol, détention non autorisée de stupéfiants », il ne conteste pas valablement les quatre autres signalements au fichier TAJ pour des faits d’offre ou de cession non autorisée de stupéfiants et d’usages illicites de stupéfiants relevés entre le 16 février 2023 et le 27 novembre 2024. Ainsi, eu égard à la durée et aux conditions de séjour de M. A..., et en particulier en l’absence de liens personnels et familiaux en France, ce dernier ne démontre pas que l’autorité préfectorale aurait commis une erreur manifeste d’appréciation en rejetant sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen devant être regardé comme celui tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours :

Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l’illégalité de la décision rejetant la demande de titre de séjour de M. A... doit être écarté.

Il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. A... n’aurait pas fait l’objet d’un examen particulier de la part de l’administration au regard des éléments dont elle avait connaissance à la date de la décision. Par suite, le moyen tiré de l’absence de cet examen doit être écarté.

Si M. A... fait valoir que sa présence en France est stable et que les décisions sont, par suite, dépourvues de fondement, il ressort des termes de l’arrêté que le préfet n’a pas fondé ces décisions sur cette circonstance mais sur le rejet de la demande de titre de séjour de M. A..., en application du 3° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et sur l’irrégularité de la présence de M. A....

En se bornant seulement à soutenir que la décision porte « une atteinte disproportionnée à son encontre » et « [méconnait] sa situation personnelle », le requérant n’apporte aucune précision permettant d’apprécier le bien-fondé de ses moyens, lesquels doivent être écartés.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de M. A... doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction doivent être rejetées ainsi que la demande présentée au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.



D É C I D E :


Article 1er : La requête présentée par M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Emmanuelle Orta et au préfet des Alpes-de-Haute-Provence.


Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Délibéré après l'audience du 11 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président-rapporteur,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2025

L’assesseure la plus ancienne,


Signé


É. Devictor Le président rapporteur,


Signé


P-Y. Gonneau
La greffière,

Signé

J. David
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,






Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 février 2025, M. B... A..., représenté par Me Orta, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 17 janvier 2025 par lequel le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure ;

2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-de-Haute-Provence, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, dans les mêmes conditions d’astreinte et de lui délivrer, en tout état de cause, une autorisation provisoire de séjour à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros à Me Orta au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :

En ce qui concerne le rejet de sa demande de titre de séjour :
- il est entré régulièrement sur le territoire alors même que les dispositions du 2°bis de l’article L. 313-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile l’en dispensait ;
- il démontre résider habituellement en France, disposer d’un hébergement, d’un accompagnement social, exercer un emploi dans le cadre d’un contrat d’apprentissage, suivre des études dans le but d’obtenir un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) en carrosserie et maîtriser la langue française ;
- les faits inscrits au fichier traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ont fait l’objet d’une mesure éducative dont la mainlevée est demandée et il justifie d’efforts de réinsertion sur le territoire depuis lors ;

En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours :
- la décision est dépourvue de base légale en raison de l’illégalité du rejet de sa demande de titre de séjour ;
- sa situation n’a pas fait l’objet d’un examen particulier ;
- la décision est dépourvue de fondement dès lors qu’il démontre la stabilité de sa résidence en France ;
- le préfet a porté une atteinte disproportionnée « à son encontre » et « a méconnu sa situation personnelle ».


Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2025, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A... a produit un mémoire, enregistré le 12 août 2025, qui n’a pas été communiqué.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Gonneau a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. A..., de nationalité algérienne, a sollicité son admission au séjour à titre exceptionnel le 27 novembre 2023. Par un arrêté du 17 janvier 2025, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure. M. A... demande l’annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de l’arrêté :

En ce qui concerne le rejet de sa demande de titre de séjour :

Aux termes de l’article L. 423-22 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ».

Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 (…) ».

Les stipulations de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d’une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s’installer en France. Un ressortissant algérien ne saurait dès lors utilement invoquer les dispositions de l’article L. 435-1 ou celles de l’article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l’accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d’admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n’interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il lui appartient, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle et professionnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A..., le préfet des Bouches-du-Rhône s’est fondé sur le fait qu’il n’est pas dépourvu d’attaches dans son pays d’origine, où vit sa famille, qu’il s’est maintenu en situation irrégulière à l’expiration de son visa ainsi que sur son absence d’ancienneté de séjour et de preuve d’intégration professionnelle et sociale en France. L’intéressé, qui a été pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance dès son arrivée sur le territoire, le 23 septembre 2022, et après sa majorité jusqu’au 31 janvier 2024, en qualité de jeune majeur, justifie de la conclusion d’un contrat d’apprentissage du 20 novembre 2023 au 31 août 2025 dans le cadre d’études en vue d’obtenir un CAP carrossier, de bulletins de salaire afférents, et d’un niveau A2 en langue française en septembre 2023. Cependant, il ressort des pièces du dossier que, célibataire et sans enfant, il n’est présent en France que depuis deux ans et trois mois et qu’il a vécu jusqu’à l’âge de dix-sept ans en Algérie, où vivent sa mère et ses frères et sœurs. En outre, si une éducatrice de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse a demandé la mainlevée de la mesure éducative dont il fait l’objet depuis une décision du 19 juin 2023 pour des faits de « vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d’habitation aggravé par une autre circonstance, recel de bien provenant d’un vol, détention non autorisée de stupéfiants », il ne conteste pas valablement les quatre autres signalements au fichier TAJ pour des faits d’offre ou de cession non autorisée de stupéfiants et d’usages illicites de stupéfiants relevés entre le 16 février 2023 et le 27 novembre 2024. Ainsi, eu égard à la durée et aux conditions de séjour de M. A..., et en particulier en l’absence de liens personnels et familiaux en France, ce dernier ne démontre pas que l’autorité préfectorale aurait commis une erreur manifeste d’appréciation en rejetant sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen devant être regardé comme celui tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours :

Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l’illégalité de la décision rejetant la demande de titre de séjour de M. A... doit être écarté.

Il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. A... n’aurait pas fait l’objet d’un examen particulier de la part de l’administration au regard des éléments dont elle avait connaissance à la date de la décision. Par suite, le moyen tiré de l’absence de cet examen doit être écarté.

Si M. A... fait valoir que sa présence en France est stable et que les décisions sont, par suite, dépourvues de fondement, il ressort des termes de l’arrêté que le préfet n’a pas fondé ces décisions sur cette circonstance mais sur le rejet de la demande de titre de séjour de M. A..., en application du 3° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et sur l’irrégularité de la présence de M. A....

En se bornant seulement à soutenir que la décision porte « une atteinte disproportionnée à son encontre » et « [méconnait] sa situation personnelle », le requérant n’apporte aucune précision permettant d’apprécier le bien-fondé de ses moyens, lesquels doivent être écartés.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de M. A... doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction doivent être rejetées ainsi que la demande présentée au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.



D É C I D E :


Article 1er : La requête présentée par M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Emmanuelle Orta et au préfet des Alpes-de-Haute-Provence.


Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Délibéré après l'audience du 11 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président-rapporteur,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2025

L’assesseure la plus ancienne,


Signé


É. Devictor Le président rapporteur,


Signé


P-Y. Gonneau
La greffière,

Signé

J. David
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,






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