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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2504707

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2504707

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2504707
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantJULES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à un ressortissant tunisien, père d'enfants français. La juridiction a jugé que le préfet des Bouches-du-Rhône avait méconnu l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger justifiant contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une carte de séjour temporaire "vie privée et familiale" sous astreinte et a condamné l'État à payer des frais d'instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 avril 2025, M. B... A..., représenté par Me Jules, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- la procédure est irrégulière dès lors que la commission du titre de séjour n’a pas été saisie ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l’article L. 423-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention internationale
des droits de l’enfant.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique du 19 février 2026 :
- le rapport de Mme Devictor ;
- les observations de Me Jules, représentant M. A....


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant tunisien, a sollicité son admission au séjour en qualité de parent d’enfant français le 6 décembre 2023. Il demande l’annulation de la décision implicite du 6 avril 2024 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

Aux termes de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ».

Il ressort des pièces du dossier que M. A... est le père de deux enfants français nés le 5 juillet 2023 dont il assume seul la charge en application du jugement du 26 février 2025 instituant une mesure d’action éducative en milieu ouvert. M. A... justifie ainsi contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants depuis leur naissance et ainsi remplir les conditions exigées prévues par les dispositions précitées pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire en qualité de parent d’enfant français. Par suite, en rejetant implicitement la demande de titre de séjour de M. A..., le préfet des Bouches-du-Rhône a méconnu les dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que la décision implicite de rejet du 6 avril 2024 doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d’injonction :

La présente décision implique, en application de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » à M. A.... Il y a dès lors lieu de l’y enjoindre dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et d’enjoindre au préfet de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour. Pour la liquidation de cette astreinte le préfet des Bouches-du-Rhône communiquera au tribunal les pièces justifiant de l’exécution du présent jugement dans le délai de deux jours au plus tard à compter du terme du délai d’un mois ci-dessus.


Sur les frais d’instance :

Il y a lieu de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens.









D É C I D E :


Article 1er : La décision implicite du 6 avril 2024 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de titre de séjour de M. A... est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » à M. A... dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L’injonction de délivrance de titre de séjour ordonnée à l’article 2 est assortie d’une astreinte d’un montant de 100 euros par jour de retard. Pour la liquidation de cette astreinte, le préfet des Bouches-du-Rhône communiquera au tribunal les pièces justifiant de l’exécution du présent jugement dans le délai de deux jours au plus tard à compter du terme du délai fixé à l’article 2.

Article 4 : L’État versera la somme de 1 500 euros à M. A... sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.


Délibéré après l’audience du 19 février 2026, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2026.


La rapporteure,
Signé
É. Devictor
Le président,
Signé
P-Y. Gonneau


La greffière,


Signé


N. Faure




La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,

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