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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2508501

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2508501

vendredi 29 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2508501
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantZAVARRO

Résumé IA

Saisi par M. A, agent communal de Lambesc, le Tribunal Administratif de Marseille a examiné une requête en excès de pouvoir visant à « réformer » un arrêté du maire lui infligeant une exclusion temporaire de fonctions de quinze jours. Le juge a rejeté la requête comme manifestement irrecevable sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il a rappelé qu’il n’appartient pas au juge de l’excès de pouvoir de se substituer à l’administration en modifiant une sanction disciplinaire, mais uniquement d’en contrôler la légalité. En demandant au tribunal de confirmer une sanction différente (avec sursis partiel), le requérant sollicitait une décision que le juge ne peut prendre, ce qui rendait ses conclusions irrecevables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2025, M. B A, représenté par Me Zavarro, demande au tribunal :

1°) de réformer l'arrêté n° RH/2025-0149 du 16 mai 2025 par lequel le maire de Lambesc lui a infligé la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions de quinze jours pour la période du 2 juin 2025 au 16 juin 2025 inclus ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lambesc la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge () ". Aux termes de l'article R. 421-1 de ce code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d'annulation d'une décision administrative ou à fin de condamnation de l'administration au paiement d'une indemnité. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n'appartient au juge administratif ni d'adresser des injonctions à l'administration ni de faire lui-même œuvre d'administrateur en se substituant à celle-ci.

4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. En revanche, en la matière, il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de réformer la sanction disciplinaire prononcée par l'administration en prenant lui-même une décision qui se substituerait à celle-ci.

5. Si, par la présente requête, M. A, agent de maîtrise, demande au tribunal de " réformer " l'arrêté n° RH/2025-0149 du 16 mai 2025 par lequel le maire de Lambesc lui a infligé la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions de quinze jours pour la période du 2 juin 2025 au 16 juin 2025 inclus en sollicitant " de confirmer la sanction disciplinaire préconisée par le conseil de discipline dans sa séance du 5 mars 2025 ", à savoir l'exclusion temporaire de fonctions de quinze jours assortie d'un sursis partiel de dix jours, il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'il n'appartient pas au juge administratif de connaître de telles conclusions qui constituent des conclusions tendant à ce qu'il fasse œuvre d'administrateur. Dès lors, la requête de M. A est manifestement irrecevable et doit, par suite, être rejetée comme telle en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée à la commune de Lambesc.

Fait à Marseille, le 29 août 2025.

La présidente de la 8ème chambre,

Signé

K. Jorda-Lecroq

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

3

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