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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2510500

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2510500

mardi 2 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2510500
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTOSI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du maire des Pennes-Mirabeau du 7 août 2025 ordonnant la fermeture d'un établissement recevant du public pour des risques d'incendie. La société requérante n'a pas justifié de l'urgence, condition nécessaire à la suspension, faute de produire des pièces établissant ses difficultés financières, et compte tenu de l'intérêt public à la fermeture pour des motifs de sécurité. La requête a donc été rejetée par ordonnance en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 août 2025, la société groupe Noja, représentée par Me Tosi, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 7 août 2025 par lequel le maire des Pennes-Mirabeau a fermé son établissement au public ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Pennes-Mirabeau la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2510499 tendant à l'annulation de la décision en litige.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gonneau, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

2. Pour justifier l'urgence d'une suspension de la décision en litige la société requérante fait valoir que son établissement n'est exploité que depuis deux semaines, qu'elle est tenue par 15 000 euros de charges fixes par mois et qu'elle ne peut faire face à une fermeture de plusieurs semaines. Toutefois, comme l'indique d'ailleurs la société, ces allégations ne sont soutenues par aucune pièce justificative, à l'exception du bail, alors qu'en application des dispositions de l'article R. 522-1 du code de justice administrative la requête doit justifier de l'urgence de l'affaire. Il existe également un intérêt public à la fermeture de l'établissement recevant du public dès lors qu'elle a été décidée sur le fondement de l'existence de risques en matière d'incendie. Dans ces conditions, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la demande de suspension présentée par la société groupe Noja ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société groupe Noja.

Le juge des référés,

Signé

P-Y. GONNEAU

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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