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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2512533

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2512533

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2512533
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET ACG AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B..., fonctionnaire, qui demandait au juge d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de préciser sa position administrative. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car l'administration maintenait provisoirement la rémunération de l'intéressée au niveau de son précédent congé de longue maladie en attendant l'avis du conseil médical. La solution retenue est le rejet de la demande d'injonction et des conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 octobre 2025, Mme C... B..., représentée par la Selarl ACG, demande au juge des référés, statuant en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au recteur de l’académie d’Aix-Marseille, de prendre un arrêté précisant la position administrative dans laquelle elle se trouve, dans un délai de 3 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous peine d’astreinte de 500 € par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge du l’Etat (recteur de l’académie d’Aix-Marseille) le versement de la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’urgence de la situation est établie.
- la mesure demandée est utile.


Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2025, le recteur de l’académie d’Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la mesure n’est pas utile.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné M. A... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Aux termes de l’article L. 511-1 du même code : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. » ; aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.». Le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d’urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu’elles ne fassent pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

En ce qui concerne l’utilité de la mesure :

2. Aux termes de l’article L. 511-1 du code général de la fonction publique : « Tout fonctionnaire est placé, dans les conditions fixées aux chapitres II à V, dans l'une des positions suivantes : / 1° Activité ; / 2° Détachement ; / 3° Disponibilité ; / 4° Congé parental. ». Aux termes de l’article L. 512-1 : « L'activité est la position du fonctionnaire qui, titulaire d'un grade, exerce effectivement les fonctions de l'un des emplois correspondant à ce grade ». Aux termes de l’article L. 822-2 du code général de la fonction publique : « La durée totale des congés de maladie peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs. » ; aux termes de l’article L. 822-7: « La durée maximale des congés de longue maladie dont peut bénéficier le fonctionnaire est de trois ans. ».

3. Il résulte de l’instruction que la requérante a été placée en congé de maladie ordinaire du 1er septembre 2023 au 12 mars 2024, puis en congé de longue maladie du 13 mars 2024 au 12 mars 2025. Par une demande dont l’administration a accusé réception le 25 septembre 2025, Mme B... a demandé la prolongation du congé de longue maladie ayant expiré le 12 mars 2025. Le silence gardé par l’administration a fait naître une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, en l’absence de décision plaçant Mme B... dans une position administrative autre que la position d’activité et compte tenu de l’expiration des droits à congé de maladie ordinaire de l’intéressée, il appartient à l’administration de se prononcer expressément sur la situation administrative de Mme B.... Le recteur fait valoir qu’il a saisi le conseil médical départemental devant se réunir le 4 novembre 2025, d’une demande d’avis concernant le placement en congé de logue maladie de Mme B..., et qu’il envisage, en fonction du sens de cet avis de retirer, le cas échéant, la décision implicite de rejet et de faire droit à la demande de prolongation du congé de longue maladie. Toutefois, il résulte également de l’instruction que, dans l’attente de la décision devant être prise sur le fondement de l’avis du comité médical départemental, le recteur a décidé de maintenir la rémunération de l’intéressée au niveau du traitement perçu en situation de congé de longue maladie. Dans ces conditions, la requérante, qui n’établit ni même ne soutient que la mesure demandée serait susceptible de lui procurer un revenu supérieur à celui qu’elle perçoit actuellement, n’établit pas que serait remplie la condition d’urgence, nécessaire pour que le juge fasse usage des pouvoirs prévus à l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d’injonction de la requête doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions présentées par sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à la mise à la charge du recteur de l’académie d’Aix-Marseille qui n’a pas la qualité de partie perdante à la présente instance, la somme demandée par la requérante sur ce fondement.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame C... B... et au Recteur de l’Académie Aix-Marseille.


Fait à Marseille, le 6 novembre 2025

Le juge des référés,


Signé


Jean-Marie A...


La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale, en ce qui le concerne et à tous les commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


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