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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2513143

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2513143

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2513143
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantRUDLOFF

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet des Bouches-du-Rhône. Le juge a estimé que ce classement, fondé sur l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 en raison d’un dossier incomplet (absence de l’original du casier judiciaire et de sa traduction), ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir. La requête a été rejetée sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, sans préjudice pour l’intéressée de présenter une nouvelle demande avec les pièces requises.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Rudloff, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 28 avril 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a classé sans suite sa demande de naturalisation ;

2°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer le récépissé prévu à l’article 21-25-1 du code civil, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- elle est entachée d’incompétence ;

- elle est entachée d’une erreur de droit et d’une erreur de fait ;

- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.


Vu les autres pièces du dossier.



Vu :

- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :



1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».


2. Aux termes de l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « L’autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l’instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d’accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l’examen de sa demande ; / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu’elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ».


3. Le classement sans suite d’une demande tendant, comme en l’espèce, à l’acquisition de la nationalité française, à l’appui de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir.


4. Il ressort des termes même de l’acte de classement sans suite contesté que l’intéressée n’a pas transmis l’original de son casier judiciaire des pays dans lesquels elle a résidé plus de six mois au cours des dix dernières années ainsi que la traduction du casier. Si la requérante soutient qu’elle éprouve des difficultés pour produire le document sollicité, notamment en raison de son handicap et des catastrophes naturelles qui ont impacté Haïti, il ne ressort pas des pièces du dossier qu’elle aurait contacté le service instructeur pour leur faire part de la difficulté de produire un tel document. Par conséquent, la décision litigieuse ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.


5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la requête présentée par Mme B... sont manifestement irrecevables et peuvent, en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetées.

6. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que Mme B... saisisse à nouveau le préfet des Bouches-du-Rhône d’une nouvelle demande de naturalisation en produisant devant cette autorité toutes les pièces conformes nécessaires à l’instruction de sa demande.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme B... est rejetée.










Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministère de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 6 novembre 2025
Le président de la 10ème chambre
signé

J-L. PECCHIOLI

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.




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