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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2513346

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2513346

jeudi 27 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2513346
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVINCENSINI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête en référé de Mme A... C..., ressortissante comorienne, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail. Le juge a estimé que la mesure sollicitée faisait obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur sa demande de renouvellement, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la requête a été rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2025, Mme B... A... C..., représentée par Me Vincensini, demande au juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :


1°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 15 jours à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;


2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
l’urgence est caractérisée du fait de sa précarisation administrative et socio-professionnelle et du risque de circuler sur le territoire français ;
sa demande de délivrance d’un récépissé de renouvellement de titre de séjour, qui constitue un droit, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et présente un caractère d’utilité.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Mme A... C..., ressortissante comorienne titulaire d’une carte de résident valable du 18 septembre 2015 au 17 septembre 2025, en a sollicité le renouvellement par l’intermédiaire de la plateforme « Administration numérique pour les étrangers en France » (ANEF) ». Estimant que son dossier était bloqué du fait d’une anomalie de cette plateforme, elle a tenté, seule et par l’intermédiaire de son conseil, de déposer son dossier à la préfecture des Bouches-du-Rhône, sans succès. Mme A... C... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ».

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». L’article R. 432-2 du même code dispose que : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois... ».

Il résulte de l’instruction que Mme A... C... a demandé au plus tard le 20 mai 2025 le renouvellement de sa carte de résidente par le biais de la plateforme ANEF. En application des dispositions précitées, l’administration a rejeté implicitement la demande de l’intéressé le 20 septembre 2025. Par suite, la mesure sollicitée fait obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Par suite, la requête de Mme A... C... doit être rejetée y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 27 novembre 2025.


Le juge des référés,

Signé


T. Trottier

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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