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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2513603

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2513603

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2513603
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAARPI THEMIS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B..., détenu à la maison centrale d'Arles, qui demandait la suspension de la décision du 6 octobre 2025 lui refusant la restitution de biens personnels (couette et oreiller hypoallergéniques). Le juge a estimé que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas établie, faute pour le requérant de démontrer un préjudice grave et immédiat lié à son état de santé. La solution retenue est le rejet de la requête, sans examen des moyens de légalité, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2025, M. A... B..., représentés par Me Hebmann et Me Ciaudo, demande au juge des référés :

1°) de l’admettre à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision en date du 6 octobre 2025 par laquelle le directeur de la maison centrale d’Arles refuse de lui remettre les biens qui lui ont été confisqués ;

3°) d’enjoindre au directeur de la maison centrale d’Arles de lui remettre ses biens dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 sur l’aide juridique.

Il soutient que :

- le recours est recevable ;

- la condition d’urgence est remplie dès lors que son état de santé nécessite de disposer d’une couette et d’un oreiller hypoallergénique ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en violation de l’article R. 332-44 du code pénitentiaire ;

- elle a été prise en violation du droit à la santé au titre de l’article L. 320-1 du code pénitentiaire.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 251360 tendant à l’annulation de la décision dont la suspension de l’exécution est demandée.

Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pecchioli, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B... est incarcéré à la maison centrale d’Arles. A son arrivée au sein de l’établissement, l’administration pénitentiaire lui a confisqué ses biens dont notamment sa couette et son oreiller hypoallergénique. Par un courrier électronique du 4 septembre 2025, il a sollicité la mise à disposition de ses biens. Par une décision du 6 octobre 2025, dont il demande la suspension et l’annulation, le directeur de l’établissement a refusé la mise à disposition en cellule des biens confisqués.

Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Et aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

4. M. B... ne fait état d’aucune circonstance de nature à établir l’existence d’une situation d’urgence au sens des dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Par suite, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué, il y a lieu de faire application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. B... pour défaut d’urgence en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Fait à Marseille, le 6 novembre 2025.

Le juge des référés,


signé

J.-L.PECCHIOLI

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,





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