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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2513730

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2513730

mardi 23 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2513730
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMOUNDOUBOU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. E..., ressortissant comorien, contestant un arrêté préfectoral du 29 septembre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour d’un an. La requête, transmise par le tribunal de Grenoble, ne soulevait que des moyens de légalité externe (incompétence de la signataire et insuffisance de motivation) qui ont été jugés manifestement infondés. Le tribunal a appliqué l’article R. 222-1 7° du code de justice administrative pour rejeter la requête sans instruction complémentaire. Les textes appliqués sont le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et le code des relations entre le public et l’administration.

Texte intégral

La présidente de la 8ème chambreVu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2511432 du 4 novembre 2025, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Marseille le même jour, le président de la 1ère chambre du tribunal administratif de Grenoble a transmis au tribunal, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 29 octobre 2025, présentée pour M. F... E....

Par cette requête, enregistrée sous le n° 2513730, M. F... E..., représenté par Me Moundoubou, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 29 septembre 2025 par lequel la préfète de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :

Sur la légalité externe de l’arrêté attaqué :
- il n’est pas justifié de la compétence de sa signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;

Sur la légalité interne de l’arrêté attaqué :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur de droit ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire :
- son comportement ne constitue pas une menace pour l’ordre public, de même qu’il ne présente pas de risque de fuite, vivant en couple à Marseille avec sa compagne de nationalité française ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à la libre circulation ;
- elle présente une erreur d’appréciation quant aux circonstances humanitaires.



Vu les autres pièces du dossier.



Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l’interdiction de retour sur le territoire français qui l’accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l’article L. 911-1 ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu’une disposition du présent code prévoit qu’une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision (…) ».

3. Par la présente requête, M. E..., ressortissant comorien né le 17 janvier 1996, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 29 septembre 2025, notifié le même jour, par lequel la préfète de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.

Sur la légalité externe de l’arrêté attaqué :

4. En premier lieu, par un arrêté de la préfète de la Haute-Savoie du 5 mai 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 74-2025-125 du même jour, et accessible sur le site internet de celle-ci, Mme B... D..., signataire de l’arrêté en litige, bénéficiait, en sa qualité de cheffe du bureau de l’asile et de l’éloignement de la préfecture de la Haute-Savoie, d’une délégation à l’effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, les décisions fixant le pays de destination de ces mesures et les interdictions de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen de légalité externe tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté attaqué est manifestement infondé.

5. En second lieu, d’une part, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d’être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : (…) constituent une mesure de police (…) ». Aux termes de l’article L. 211-5 du même code : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ». Aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l’étranger sur le territoire français, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l’article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’a pas à faire l’objet d’une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l’interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ».

6. D’autre part, aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu’aucun délai de départ volontaire n’a été accordé à l’étranger, l’autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d’une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l’autorité administrative n’édicte pas d’interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l’expiration d’une durée, fixée par l’autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l’ordre public ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l’autorité administrative tient compte de la durée de présence de l’étranger sur le territoire français, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu’il a déjà fait l’objet ou non d’une mesure d’éloignement et de la menace pour l’ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l’édiction et la durée de l’interdiction de retour mentionnée à l’article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l’interdiction de retour prévue à l’article L. 612-11 ». Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l’autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l’encontre de l’étranger soumis à l’obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu’elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l’un ou plusieurs d’entre eux. La décision d’interdiction de retour doit comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l’autorité compétente, au vu de la situation de l’intéressé, de l’ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n’impose que le principe et la durée de l’interdiction de retour fassent l’objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l’importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l’autorité compétente qui prend une décision d’interdiction de retour d’indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l’étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l’intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l’étranger sur le territoire français, à la nature et à l’ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d’éloignement dont il a fait l’objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l’ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l’intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n’est pas tenue, à peine d’irrégularité, de le préciser expressément.

7. L’arrêté attaqué, qui vise notamment les articles L. 611-1, L. 612-2, L. 612-3, L. 612-6, L. 612-10, L. 612-12 et L. 721-3 à L. 721-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, expose avec suffisamment de précision les éléments déterminants de la situation de M. E... ayant conduit la préfète de la Haute-Savoie à l’édicter, en précisant en particulier que l’intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n’a pas sollicité la délivrance d’un titre de séjour, qu’il est célibataire, sans charge de famille, bien qu’il déclare vivre en couple avec Mme C... A... et avoir un frère en France sans justifier de leurs présences régulières sur le territoire national, qu’il n’établit pas être dénué d’attaches familiales dans son pays d’origine, où il a vécu jusqu’à l’âge de 28 ans et où réside sa famille, notamment ses deux sœurs, qu’il n’établit pas qu’il y serait exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et qu’alors qu’il déclare être entré en France un an auparavant, il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n’ayant pas sollicité la délivrance d’un titre de séjour, ayant explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, ne produisant pas de documents d’identité ou de voyage en cours de validité et ne justifiant pas d’une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Par ailleurs, la motivation de l’arrêté attaqué, lequel mentionne également l’absence de circonstances humanitaires au sens de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, atteste de la prise en compte par la préfète de la Haute-Savoie, au vu de la situation du requérant, de l’ensemble des critères prévus par l’article L. 612-10 du même code. A cet égard, la préfète de la Haute-Savoie, qui, après prise en compte du critère tenant à une menace pour l’ordre public, n’a pas retenu cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, n’était pas tenue, à peine d’irrégularité, de le préciser expressément. L’arrêté litigieux comporte ainsi de façon circonstanciée l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait, dès lors, aux exigences de motivation prévues par les dispositions précitées de l’article L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration et les dispositions pertinentes du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, le moyen de légalité externe tiré de l’insuffisance de motivation de l’arrêté attaqué est manifestement infondé.

Sur la légalité interne de l’arrêté attaqué :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Pour l’application de ces stipulations, l’étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d’apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu’il a conservés dans son pays d’origine.

9. Si, devant le tribunal, M. E... déclare être entré en France deux ans avant l’introduction de la requête, alors qu’il a déclaré, lors de son audition par les services de police le 29 septembre 2025, s’y maintenir depuis un an, il ne justifie, en tout état de cause, pas de l’ancienneté de sa présence sur le territoire national, laquelle est au demeurant très récente. Par ailleurs, alors qu’il s’est déclaré célibataire et sans charge de famille devant les services de police, le requérant ne justifie ni de l’ancienneté de sa relation avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 11 juin 2025, soit seulement moins de quatre mois avant l’édiction de l’arrêté attaqué, ni de la réalité de la vie commune alléguée avec celle-ci en se bornant à produire trois documents mentionnant une adresse commune à Marseille, en l’espèce, un courrier de la caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône du 7 mars 2025 l’informant de son admission au bénéfice de l’aide médicale de l’Etat, une attestation de paiement de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône et une facture d’électricité établies le 6 octobre 2025, au demeurant postérieurement à l’arrêté litigieux. En outre, M. E... n’établit ni même n’allègue être dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où il aurait vécu jusqu’à l’âge de 28 ans et où résident ses deux sœurs, selon ses propres déclarations devant les services de police. Enfin, il ne justifie d’aucune insertion socioprofessionnelle en France. Dans ces conditions, les moyens tirés de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de l’erreur de droit et de l’erreur manifeste d’appréciation de la situation du requérant ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire :

10. Aux termes de l’article L. 612-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger faisant l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d’un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision (…) ». Aux termes de l’article L. 612-2 du même code : « Par dérogation à l’article L. 612-1, l’autorité administrative peut refuser d’accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l’étranger constitue une menace pour l’ordre public ; / 2° L’étranger s’est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l’occasion d’une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l’étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l’objet ». Aux termes de l’article L. 612-3 de ce code : « Le risque mentionné au 3° de l’article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L’étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n’a pas sollicité la délivrance d’un titre de séjour (…) / 4° L’étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / (…) / 8° L’étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu’il ne peut présenter des documents d’identité ou de voyage en cours de validité, (…), qu’il ne justifie pas d’une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (…) ».

11. D’une part, le moyen tiré de ce que le comportement de M. E... ne constitue pas une menace pour l’ordre public, soulevé à l’encontre de la décision litigieuse portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire, est inopérant, dès lors que la préfète de la Haute-Savoie n’a pas retenu cette circonstance au nombre des motifs de sa décision. D’autre part, si le requérant allègue qu’il ne présente pas de risque de fuite, vivant en couple à Marseille avec sa compagne de nationalité française, ce moyen n’est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien, dès lors qu’il est constant qu’il n’en a pas justifié lors de son audition par les services de police et qu’en tout état de cause, il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n’a pas sollicité la délivrance d’un titre de séjour, outre qu’il ne conteste pas avoir déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».

13. Le moyen tiré de la violation de ces stipulations, soulevé à l’encontre de l’encontre de la décision litigieuse fixant le pays de destination, n’est assorti d’aucune précision permettant d’en apprécier le bien-fondé, et ce alors qu’il n’est ni établi ni même allégué que le requérant aurait sollicité l’asile.

14. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de la violation des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales n’est manifestement pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. Les moyens tirés de ce que la décision litigieuse portant interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte disproportionnée au droit du requérant à la libre circulation et présente une erreur d’appréciation quant aux circonstances humanitaires ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E... ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés et des moyens de légalité interne inopérants, qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. Par suite, alors que le délai de recours contentieux est expiré, la requête de M. E... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. E... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F... E....

Copie en sera adressée à la préfète de la Haute-Savoie et au ministre de l’intérieur.


Fait à Marseille, le 23 décembre 2025.



La présidente de la 8ème chambre,


Signé


E. Felmy



La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Savoie en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière

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