LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2513857

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2513857

jeudi 13 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2513857
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHEAM

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du maire d'Auriol ordonnant l'exécution d'office de travaux de mise en sécurité sur un immeuble. La requérante, la SCI JML, n'a pas démontré l'urgence nécessaire à la suspension, car la situation d'insécurité et d'insalubrité résultait de sa propre carence à exécuter les prescriptions antérieures. Le juge a considéré que l'urgence invoquée par la société, liée à sa volonté de réaliser elle-même les travaux, ne pouvait être retenue face à l'urgence impérieuse de protéger la sécurité publique. La décision est fondée sur les articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2025, la société civile immobilière (SCI) JML, représentée par Me Heam, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 28 août 2025 du maire de la commune d’Auriol, portant exécution de travaux d’office relatifs à l’immeuble situé 5 rue Grande à Auriol, notifié le 1er septembre 2025 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d’Auriol une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
l’urgence est caractérisée dès lors qu’elle a produit par mail du 2 octobre 2025, les plans et notes de calculs pour le plancher haut en R+2 (plancher bas R+3), puis par complément de mail du 21 octobre 2025, un plan d’étayage pour le plancher haut R+3, et dans la mesure où le propriétaire de l’immeuble est en mesure de faire réaliser les travaux préconisés par l’expert judiciaire, il n’y a pas de justification à ce que la commune d’Auriol se substitue à lui dans l’exercice de son droit de propriété ; l’entreprise sélectionnée par la commune d’Auriol ne présente pas les garanties de compétence et de sérieux nécessaires pour cette opération ;
il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision prononçant l’exécution d’office des travaux dès lors qu’elle est entachée d’incompétence de l’auteur de l’acte, d’un vice de forme et d’un défaut de motivation, et d’erreurs manifestes d’appréciation.


Vu :
la requête enregistrée sous le n° 2513770 ;
les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le code de la santé publique ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Felmy, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :


Par un arrêté du 28 août 2025, notifié le 5 septembre 2025 à la société civile immobilière (SCI) JML, le maire de la commune d’Auriol a décidé de faire exécuter d’office les travaux prescrits au propriétaire de l’immeuble sis 5 rue Grande à Auriol par un arrêté de mise en sécurité – procédure urgente n°2024-69 du 18 octobre 2024. Par la présente requête, la SCI JML, propriétaire de cet immeuble, demande la suspension de l’exécution de cette décision.

Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Il résulte des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit s’apprécier objectivement et globalement et tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d’invoquer utilement ni sérieusement la notion d’urgence. Il en est plus particulièrement ainsi lorsque la situation d’urgence découle directement de la négligence ou de la carence du requérant, ou de tout autre acte positif qui lui est directement imputable. Enfin, la condition d’urgence s’apprécie à la date de la présente ordonnance.

Aux termes de l’article L. 511-11 du code de la construction et de l’habitation dans sa version issue de la loi du 9 avril 2024 visant à l'accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagement, en vigueur à la date de l’arrêté attaqué : « L'autorité compétente prescrit, par l'adoption d'un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité, la réalisation, dans le délai qu'elle fixe, de celles des mesures suivantes nécessitées par les circonstances : 1° La réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation y compris, le cas échéant, pour préserver la solidité ou la salubrité des bâtiments contigus ; 2° La démolition de tout ou partie de l'immeuble ou de l'installation ; 3° La cessation de la mise à disposition du local ou de l'installation à des fins d'habitation ; 4° L'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif. L'arrêté mentionne d'une part que, à l'expiration du délai fixé, en cas de non-exécution des mesures et travaux prescrits, la personne tenue de les exécuter est redevable du paiement d'une astreinte par jour de retard dans les conditions prévues à l'article L. 511-15, et d'autre part que les travaux pourront être exécutés d'office à ses frais. (…) ». Aux termes de l’article L. 511-16 du même code : « Lorsque les prescriptions de l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité n'ont pas été mises en œuvre dans le délai fixé, l'autorité compétente peut, par décision motivée, faire procéder d'office à leur exécution, aux frais du propriétaire. (…) »

Pour prendre, sur le fondement de l’article L. 511-16 du code de la construction et de l’habitation, la décision du 29 août 2025 en litige, d’exécution d’office des travaux prescrits à la SCI JML par l’arrêté de mise en sécurité – procédure urgente n°2024-69 du 18 octobre 2024 de son immeuble, le maire de la commune d’Auriol a retenu la carence de la SCI et la circonstance que la non-exécution des travaux devait la conduire à se substituer à elle pour garantir la sécurité des personnes et des biens impactés par le péril.

Pour caractériser la situation d’urgence qu’elle dénonce, la société JML soutient qu’elle a fait établir, le 10 septembre 2025, par son bureau d’études, une attestation au terme de laquelle ce bureau a listé les diligences déjà accomplies et selon laquelle le bâtiment peut sortir du péril imminent. Ce constat a été partiellement partagé le 26 septembre 2025 par le bureau d’études mandaté par la commune, en ce qui concerne certains postes des travaux à effectuer d’office, compte tenu de la réalisation partielle des travaux préconisés par l’arrêté de mise en sécurité. Ce même bureau d’études a, dans son rapport, recommandé à la commune de retirer certains postes de l’arrêté de travaux d’office. La commune a accordé à la société JML un délai supplémentaire par mail du 29 septembre 2025, courant jusqu’au 3 octobre suivant, pour fournir les éléments concernant la justification des travaux concernant l’étaiement du plancher bas du R+3. En se bornant à soutenir qu’elle a produit par mail du 2 octobre 2025, les plans et notes de calculs pour le plancher haut en R+2 (plancher bas R+3), puis par complément de mail du 21 octobre 2025, un plan d’étayage pour le plancher haut R+3, la société JML ne justifie pas avoir exécuté les travaux pour lesquels la commune lui avait accordé un délai supplémentaire, circonstance qui serait de nature à établir l’urgence à ne pas les entreprendre de nouveau. Le devis du 17 septembre 2025 de l’entreprise AVGS commise par la commune d’Auriol pour faire effectuer les travaux d’office, qui liste les postes d’intervention requis pour parer au défaut d’exécution des travaux d’étaiement et de reprise structurelle des zones pathologiques et ne dépasse pas le cadre des travaux restant à exécuter au regard de l’arrêté du 18 octobre 2024, ne révèle pas le risque allégué par la société JML à la date de la présente ordonnance, d’un double paiement de prestations déjà réalisées, ce devis ne comportant pas, conformément aux préconisations de l’expert de la commune dans le rapport du 26 septembre 2025 précité, de postes relatifs à la désignation d’un bureau d’études, à des sondages destructifs, à l’inspection vidéo et à l’étude de sol. Enfin, si la requérante soutient qu’elle est sur le point d’obtenir un prêt pour financer les travaux, elle ne produit qu’un courriel du 23 septembre 2025 émanant de la Caisse d’épargne qui ne permet pas d’établir ses allégations selon lesquelles elle serait en mesure de faire réaliser les travaux préconisés par l’expert judiciaire.

Par suite, au regard de la persistance du péril grave et imminent que l’immeuble en cause présente et alors que la SCI JML ne justifie ni de sa situation économique et financière ni de l’impossibilité d’entreprendre les travaux encore nécessaires permettant de mettre fin au péril, aucune des circonstances précédemment invoquées ne suffit à établir que la mesure en litige préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de la SCI JML.

Il en résulte que la condition d’urgence posée à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas remplie.

Il y a lieu, par suite, et sans qu’il soit besoin d’examiner si les moyens soulevés créent un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté en litige, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions présentées par la SCI JML sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SCI JML est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI JML.


Fait à Marseille, le 13 novembre 2025.


La juge des référés,


Signé


E. Felmy


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,



Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions