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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2515116

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2515116

lundi 2 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2515116
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9è ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantSELARL CARLINI & ASSOCIES

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'annulation d'un refus implicite de délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) avec la mention « stationnement pour personnes handicapées ». **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (juge statuant seul). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requérante, bien que souffrant de pathologies (diabète, asthme, maladie de Verneuil), n'apporte pas la preuve que son handicap réduit de manière importante et durable sa capacité de déplacement à pied selon les critères légaux, notamment un périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou le recours systématique à une aide pour ses déplacements extérieurs. **Textes appliqués** : Articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, et l'arrêté du 3 janvier 2017 définissant les critères d'attribution.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 décembre 2025, Mme A... B..., représentée par la SELARL Carlini et Associés (Me Laillet) demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite, par laquelle le conseil départemental des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » ;

2°) d’enjoindre à la maison départementale des personnes handicapées de lui accorder la carte mobilité inclusion portant mention « stationnement pour personnes handicapées, dans le délai d’un mois, à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la maison départementale des personnes handicapées la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
la décision est entachée d’une erreur de fait ;
elle souffre de diabète insulinodépendant, d’asthme et de la maladie de Verneuil, ce qui entraîne des difficultés pour se déplacer.

La requête a été communiquée au département des Bouches-du-Rhône qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et à la perte d’autonomie dans le déplacement individuel ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Marseille a désigné Mme Charbit, première conseillère, pour statuer en tant que juge statuant seul sur les requêtes relevant de l’article
R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique, le rapport de Mme Charbit, magistrate désignée.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... a présenté auprès du département des Bouches-du-Rhône une demande de carte mobilité inclusion « stationnement ». Par sa requête, elle demande au tribunal d’annuler la décision implicite, née du silence gardé par l’administration pendant deux mois, à la suite de l’exercice d’un recours administratif préalable obligatoire en date du 4 août 2025, par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à cette demande.

Sur les conclusions à fin d’annulation

2. La carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » permet à son titulaire ou à la tierce personne l’accompagnant d’utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. Ses conditions d’attribution sont régies par les articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles et par l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et à la perte d’autonomie dans le déplacement individuel. Aux termes de l’annexe audit arrêté : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou / - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ».

3. Selon ces dispositions, la carte est délivrée par le président du conseil départemental après avis de la commission des droits et de l’autonomie. Elle est attribuée, sur demande, à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. Pour l’appréciation de cette condition, il convient notamment de rechercher, d’une part, si la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou, d’autre part, si elle a systématiquement recours pour ses déplacements extérieurs à une aide humaine, à un appareillage ou à une oxygénothérapie. La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention « stationnement pour personnes handicapées » de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé.

4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte de stationnement pour personnes handicapées ou d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

5. En l’espèce, Mme B... soutient qu’elle présente un diabète insulinodépendant, de l’asthme et la maladie de Verneuil. Elle indique qu’elle suit un traitement intensif par insulinothérapie, comprenant des injections multiples d’insuline rapide et basale ainsi qu’un suivi glycémique rapproché, avec capteurs renouvelés chaque mois. Elle précise que ce mode de traitement est reconnu pour provoquer une fatigue importante, des épisodes d’asthénie et nécessite des pauses fréquentes dans ses déplacements, ce qui limite fortement son autonomie dans les trajets à pied. A l’appui de ses déclarations, la requérante produit des pièces médicales, notamment un certificat de son médecin en date du 17 novembre 2025 qui atteste qu’elle présente un diabète insulinodépendant déséquilibré associé à un asthme et à la maladie de Verneuil, qu’elle est en surpoids malgré les efforts diététiques, ce qui rend la marche pénible et qu’elle a besoin de pause sur une distance courte. Il résulte toutefois de l’instruction que les éléments médicaux versés au dossier ne démontrent pas que Mme B... remplit un des critères de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 précité, et notamment n’établissent pas une perte suffisamment importante et durable inférieure à 200 mètres de sa capacité et de son autonomie de déplacement à pied susceptible de lui ouvrir droit à la délivrance d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ». Il s’en suit que Mme B... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision implicite attaquée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée.
7. Mme B... n’en conserve pas moins la possibilité de saisir l’administration d’une nouvelle demande de carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », sur la base d’un dossier médical mieux étayé.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département des Bouches-du-Rhône, qui n’est pas partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par Mme B... au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à Me Laillet et au département des Bouches-du-Rhône ;

Copie sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2026.


La magistrate désignée,

signé

C. CHARBIT
La greffière,

signé

M.F. BONCET


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,



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