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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2515495

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2515495

mardi 6 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2515495
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantD'ALLIVY KELLY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contestant un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français. La requête a été jugée manifestement irrecevable car introduite après l'expiration du délai de recours d'un mois prévu à l'article L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La notification de l'arrêté, qui mentionnait les voies et délais de recours, datait du 25 juillet 2025, tandis que la requête n'a été enregistrée que le 10 décembre 2025. La demande d'aide juridictionnelle, déposée après l'expiration de ce délai, n'a pas eu pour effet de le proroger.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me d’Allivy Kelly, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 16 juillet 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans le délai d’un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, son conseil renonçant alors à percevoir le bénéfice des indemnités dues au titre de l’aide juridictionnelle, cette somme étant à verser à M. A... s’il n’obtenait pas le bénéfice de l’aide juridictionnelle.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.




Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision. (…) ». Enfin, aux termes de l’article R. 421-5 du code de justice administrative : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

3. Il ressort des pièces du dossier que l’arrêté contesté du 16 juillet 2025, qui comportait la mention des voies et délais de recours, a été notifié à M. A... le 25 juillet suivant. La requête de M. A... n’a été enregistrée au greffe du tribunal que le 10 décembre 2025, soit postérieurement à l’expiration du délai de recours. La demande d’aide juridictionnelle enregistrée le 28 octobre 2025 près le tribunal judiciaire de Bobigny en vue d’engager une procédure devant le « Tribunal administratif de Montreuil » « centre Bureau Des Populations et Des Territoires Préfecture de la Seine Saint Denis » l’a été, en tout état de cause, après l’expiration du délai de recours contentieux de trente jours, et n’a pas eu pour effet de proroger ce délai. Ainsi, la requête de M. A..., tardive, est manifestement irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, sans qu’il y ait lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.







O R D O N N E :








Article 1er : M. A... n’est pas admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. A... est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à Me d’Allivy Kelly.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 6 janvier 2026.


La présidente de la 7ème chambre,


signé


S. CAROTENUTO


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
Pour la greffière en chef,
La greffière,

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