LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2516590

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2516590

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2516590
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantHAIK

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a examiné les recours de M. B..., ressortissant turc, contre un arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 19 novembre 2025 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire, ainsi que contre un arrêté du 8 mai 2026 l'assignant à résidence. Le tribunal a annulé ces décisions, jugeant que le préfet avait commis une erreur de fait en se fondant sur l'absence de transmission de pièces complémentaires par le requérant, alors qu'aucune demande en ce sens n'avait été formulée lors du réexamen de sa situation. Cette solution a été retenue en application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2516590 les 24 décembre 2025 et 27 mai 2026, M. A... B..., représenté par le cabinet MHK avocats, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler l’arrêté du 19 novembre 2025 par lequel le préfet des Hautes-Alpes a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d’annuler l’arrêté du 8 mai 2026 par lequel le préfet des Hautes-Alpes l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d’enjoindre au préfet des Hautes-Alpes, dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « auto-entrepreneur/profession libérale » ou « vie privée et familiale » et de procéder au réexamen de sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour et de travail dans l’attente ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’un défaut de réexamen complet de sa situation administrative ;
- il est entaché d’un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour aurait dû être préalablement saisie ;
- il est entaché d’erreur de fait et d’erreurs manifestes d’appréciation ;
- il méconnait les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation quant aux conséquences des décisions sur sa situation personnelle.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mars et 27 mai 2026, le préfet des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.

II – Par une requête, enregistrée le 15 mai 2026 sous le numéro 2608477, M. B..., représenté par Me Galnedome, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 8 mai 2026 par lequel le préfet des Hautes-Alpes l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’arrêté en litige est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- il n’est pas démontré qu’il existe une perspective raisonnable d’éloignement ;
- les mesures imposées sont manifestement disproportionnées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2026, le préfet des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Hétier-Noël pour statuer sur les litiges relatifs aux conditions matérielles d’accueil en application des articles L. 555-1, L. 921-1 et L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Hétier-Noël, magistrate désignée, a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant turc né le 9 janvier 1985, demande au tribunal par sa requête n° 2516590 l’annulation d’une part de l’arrêté du 19 novembre 2025 par lequel le préfet des Hautes-Alpes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination et d’autre part de l’arrêté du 8 mai 2026 l’assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa seconde requête n° 2608477, M. B... demande au tribunal l’annulation de l’arrêté du 8 mai 2026 l’assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

2. Ces requêtes, présentées par M. B..., présentent à juger des questions connexes et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

3. Pour refuser d’accorder le titre de séjour sollicité par le requérant le 26 septembre 2024, le préfet des Hautes-Alpes s’est fondé sur le motif tiré de ce que M. B... n’a transmis aucun élément complémentaire ni pris attache avec ses services en dépit de sa demande de pièces complémentaires. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la demande à laquelle le préfet fait référence dans son arrêté du 19 novembre 2025 est une demande effectuée le 1er mars 2025, antérieurement à l’annulation par le tribunal administratif de Marseille de ses précédents arrêtés du 8 août 2025 et qu’aucune demande complémentaire n’a été adressée ensuite lors du réexamen de la situation de M. B.... Si le préfet produit un échange de courriers électroniques avec le conseil de M. B... du 13 novembre 2025 dans lequel il indique ne pas parvenir à joindre le requérant, le préfet a précisé dans cet échange qu’il souhaitait l’informer que son autorisation provisoire de séjour pouvait être retirée à l’un de ses guichets, sans que ne soit mentionnée par ailleurs l’incomplétude de son dossier. Ainsi, l’arrêté du 19 novembre 2025 repose sur des faits matériellement inexacts.

4. L’administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l’excès de pouvoir que la décision dont l’annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l’auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d’apprécier s’il résulte de l’instruction que l’administration aurait pris la même décision si elle s’était fondée initialement sur ce motif. Dans l’affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu’elle ne prive pas le requérant d’une garantie procédurale liée au motif substitué.

5. Pour établir que l’arrêté attaqué était légal, le préfet des Hautes-Alpes invoque, dans son mémoire en défense communiqué au requérant, un autre motif, tiré de la menace à l’ordre public que représente le requérant. Toutefois, la seule circonstance que M. B... transmette plusieurs adresses, « ne souhaite pas se conformer au cadre légal » et ai fait l’objet de six amendes majorées pour excès de vitesse, non-respect de l’arrêt à un feu rouge, et conduite sans porte de la ceinture de sécurité en 2020,2021 et 2023 n’est pas suffisante pour établir une telle menace, son interpellation le 8 mai 2026 lors d’un contrôle routier, les faits qui lui sont reprochés (outrage à personnes dépositaires de l’autorité publique, et défaut d’assurance) et le non-respect des conditions de l’assignation à résidence ne pouvant être pris en compte s’agissant de faits postérieurs à la date de l’arrêté en litige. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l’instruction que le préfet des Hautes-Alpes aurait pris la même décision s’il avait entendu se fonder initialement sur ce motif. Il n’y a dès lors pas lieu de procéder à la substitution demandée. Il suit de là que M. B... est fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 19 novembre 2025.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, l’arrêté du 19 novembre 2025 par lequel le préfet des Hautes-Alpes a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination doit être annulé dans toutes ses dispositions. Par voie de conséquence, l’arrêté du 8 mai 2026 par lequel le préfet des Hautes-Alpes l’a assigné à résidence, qui est privé de base légale, doit également être annulé.


Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

7. Eu égard au motif qui en constitue le fondement, l’annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement que la situation de M. B... soit réexaminée et, dans l’attente, que lui soit délivrée une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu d’enjoindre au préfet des Hautes-Alpes ou à tout autre préfet territorialement compétent de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois et, dans l’attente, de délivrer au requérant une autorisation provisoire de séjour sans délai. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. B... de la somme de 1 200 euros.



D É C I D E :

Article 1er : Les arrêtés du préfet des Hautes-Alpes des 19 novembre 2025 et 8 mai 2026 sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hautes-Alpes ou à tout préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B... dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision en lui remettant, jusqu’à ce qu’il soit statué sur son cas, une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L’Etat versera à M. B... la somme de 1 200 euros en application de dispositions de l’article L. 731-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2516590 et 2608477 est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet des Hautes-Alpes.


Rendu public par mise à disposition au greffe 1er juin 2026.




La magistrate désignée,

Signé

C. Hétier-Noël
Le greffier,

Signé
R. Machado



La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier







Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions