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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2600310

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2600310

lundi 12 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2600310
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPONCELET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la demande de la SAS Le Cimet et de la SAS Villes Nouvelles visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 31 décembre 2025 ordonnant la fermeture administrative de l'établissement pour quinze jours. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière, nécessaire à ce type de référé-liberté, n'était pas caractérisée, les éléments fournis (perte de chiffre d'affaires, risque de cessation de paiements) ne démontrant pas une menace directe et immédiate pour la pérennité financière des sociétés à très court terme. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2026, la société par actions simplifiée (SAS) Le Cimet et la société par actions simplifiée (SAS) Villes Nouvelles, représentées par Me Poncelet, demandent au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, à titre principal, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 31 décembre 2025, notifié le 7 janvier 2026, par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé la fermeture administrative de l’établissement SAS Le Cimet, sis 44 cours Julien à Marseille (13006), pour une durée de quinze jours à compter du 9 janvier 2026, avec effet immédiat et à titre subsidiaire, de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône durant les horaires diurnes au sens de l’article R. 1336-7 du code de la santé publique durant sa période d’exécution, à compter de la notification de l’ordonnance jusqu’au 24 janvier 2026 ;


2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gilles Fédi, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ». Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières et propres à chaque espèce caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l’article L. 521-2 soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures et au regard de critères d’évidence.

2. La société par actions simplifiée (SAS) Le Cimet et la société par actions simplifiée (SAS) Villes Nouvelles demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 31 décembre 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé la fermeture administrative de l’établissement SAS Le Cimet, sis 44 cours Julien à Marseille (13006), pour une durée de quinze jours à compter du 9 janvier 2026.

3. Pour justifier d’une situation d’urgence particulière, la société par actions simplifiée (SAS) Le Cimet et la société par actions simplifiée (SAS) Villes Nouvelles soutiennent que l’exécution de la mesure de fermeture administrative en litige d’une part, menace l’équilibre financier de l’établissement et sa pérennité et d’autre part, entraine la fermeture de l’ensemble de l’établissement, y compris les activités de coworking, de cours de danse et yoga et le restaurant en journée, dès lors que son activité, qui utilise l’entrée de l’établissement par le café/restaurant/bar, passe par le lieu dénommé « La Mûrisserie », lequel ne dispose que d’une seule entrée. Les requérantes précisent que la mesure sanctionne également pendant deux semaines le travail de 26 personnes travaillant dans l’espace de coworking et 7 artistes qui dispensent des cours à des élèves. S’agissant de l’équilibre financier des sociétés requérantes, s’il est soutenu que la mesure a déjà causé des répercussions économiques importantes sur l’activité du CIMET en raison de l’annulation de trois évènements, ce qui nuit gravement à l’image de la société Le Cimet et que les 15, 16, 17, 18, 21 et 22 janvier des évènements sont déjà programmés, il ne résulte pas de l’instruction que ces évènements ne pourraient pas faire l’objet d’une programmation ultérieure. De même, il ne résulte pas de la première attestation de l’expert-comptable, lequel estime que la perte de chiffre d’affaires cumulé des deux entreprises s’élèverait à 27 500 euros pour la période de fermeture de quinze jours, ni de la seconde attestation du même expert-comptable du 9 janvier 2026, qui fait état d’un simple « risque » de cessation de paiements, ni des relevés bancaires des deux sociétés constatant l’absence de trésorerie, que l’arrêté litigieux, aurait par lui-même pour conséquence directe, durant une période limitée de quinze jours, de menacer à très court terme la pérennité financière des sociétés requérantes. S’agissant de la réputation de l’établissement et de l’activité de coworking, les requérantes faisant valoir qu’une levée de fonds nécessite la confiance des investisseurs et que la mesure litigieuse porte atteinte, de manière suffisamment grave à leurs intérêts, mais aussi à l’intérêt de leurs clients, intérêts qu’ils défendent pour la pérennité de leurs activités, toutefois ces circonstances ne permettent pas de caractériser l’existence d’une situation d’urgence particulière, au sens des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, nécessitant que le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. Par suite, la condition d’urgence particulière requise par les dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative n’est, en l’espèce, pas satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence d’une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction présentées par la société par actions simplifiée (SAS) Le Cimet et la société par actions simplifiée (SAS) Villes Nouvelles ainsi que celles tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête des société par actions simplifiée (SAS) Le Cimet et la société par actions simplifiée (SAS) Villes Nouvelles est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée (SAS) Le Cimet et la société par actions simplifiée (SAS) Villes Nouvelles.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 12 janvier 2026.
Le juge des référés,
Signé
G. FEDI


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,

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