Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2601113

vendredi 6 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2601113
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B... qui demandait une injonction de délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l’administration avait implicitement rejeté la demande de titre de séjour de l’intéressée, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et que la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution de cette décision implicite. En conséquence, la requête a été jugée manifestement mal fondée et rejetée sans audience, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 et 28 janvier 2026, Mme A... B... épouse C... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :


1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;


2°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer dans le délai de 8 jours une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour ou tout document provisoire équivalent ;


3°) de mettre à la charge de l’Etat les frais exposés en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
l’absence d’attestation lui cause un préjudice grave dès lors qu’elle ne peut suivre une formation d’aide-soignante et s’inscrire à France travail ;
la situation présente un caractère d’urgence manifeste ;
la mesure sollicitée est utile, nécessaire et ne fait obstacle à aucune décision administrative.



Vu :
le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ». Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». L’article L. 522-3 de ce code prévoit cependant que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». L’article R. 432-2 du même code dispose que : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois... ».

La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai mentionné au point 2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme ce délai.

Il ressort des propres écritures de Mme B..., ressortissante tunisienne titulaire d’un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français valable jusqu’au 28 février 2025, qu’elle a sollicité avant cette date au moyen du téléservice Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) un titre de séjour en qualité de conjoint de Français. Elle a reçu deux attestations de prolongation d’instruction de sa demande, la dernière ayant expirée le 7 novembre 2025. En application des dispositions précitées, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté implicitement la demande de l’intéressée quatre mois après la date à laquelle il a été saisi, soit au plus tard le 28 juin 2025. Par suite, la mesure sollicitée fait obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet.

Dans ces conditions, la requête ne peut qu’être rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il y ait lieu d’accorder à Mme B... l’aide juridictionnelle provisoire. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont également rejetées.















O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... épouse C....
Fait à Marseille, le 6 février 2026.



Le juge des référés,

Signé

T. Trottier


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière