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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2603435

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2603435

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2603435
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé-suspension, rejette la demande de Mme A... visant à suspendre l'exécution d'une contrainte émise par la caisse d'allocations familiales. Le juge estime que l'urgence, condition requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'est pas caractérisée, l'acte contesté datant de près d'un an sans démonstration d'une atteinte grave et immédiate. La requête est donc rejetée par application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er mars 2026, Mme B... A... demande au juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la contrainte émise à son encontre par la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône en date du 29 avril 2025, jusqu’à la date du jugement au fond.


Elle soutient que l’urgence est établie, dès lors que l’exécution de la décision contestée, par le biais notamment de saisies, la place dans une situation financière précaire.

Vu la requête enregistrée sous le n°2506810 tendant à l’annulation de la décision contestée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l'état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes du second alinéa de l’article R.522-1 du même code : « A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. » Enfin, en vertu de l'’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle est irrecevable.

2. Il résulte des dispositions précitées que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte-tenu des circonstances de l’espèce.

3. Si Mme A... soutient que l’exécution de la contrainte en litige la place dans une situation financière précaire, ladite contrainte a été émise le 25 avril 2025, soit près d’un an avant l’enregistrement de la présente requête. Elle n’établit dès lors pas l’existence d’une atteinte grave et immédiate à sa situation.

4. Il s’ensuit que la requête de Mme A..., à la supposer recevable en l’absence de communication de la décision attaquée dans la présente procédure, doit être rejetée par application des dispositions de l’article L 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E:


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Marseille, le 5 mars 2026.

Le juge des référés,


signé


C. TUKOV

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière

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